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Un panel de "solutions d’avenir"

Riches, vastes et panachées. Telles sont les "solutions d’avenir" que les agriculteurs étaient invités à découvrir à Illifaut (22), à l'initiative des coopératives Cecab et Coop de Broons. Car en activant tous les leviers, y compris ceux de l’agriculture de précision, il y a encore matière à optimiser et des gains à y trouver. Démonstration faite le 30 mai dernier.

Une plateforme de 10 ha d’essais et d’ateliers présentés par les coopératives Cecab et Coop de Broons le 30 mai dernier à Illifaut pour la 5e édition des "Solutions d’avenir".
Une plateforme de 10 ha d’essais et d’ateliers présentés par les coopératives Cecab et Coop de Broons le 30 mai dernier à Illifaut pour la 5e édition des "Solutions d’avenir".
© Terra

L'an dernier, Solutions d'avenir avait accueilli 1000 participants à Kérel, dans le Morbihan. Mardi, c'est à Illifaut dans les Côtes d'Armor qu'il fallait être pour découvrir cette cinquième édition de l'opération initiée par Coop de Broons et la Cecab, et suivie depuis les semis jusqu’à la récolte, par les élèves de BTS du lycée la Touche de Ploërmel. Les 10 ha dédiés à ce rendez-vous technique ont été organisés en trois parcours thématiques : agriculture connectée, optimisation de l’utilisation d’intrants et valorisations animales des productions. Et sur une plateforme d’essais et d’acquisition de références, les visiteurs se sont répartis suivant leurs centres d’intérêts entre les 14 ateliers proposant témoignages et résultats d’essais.

Tous les leviers

"Il ne faut rien négliger et actionner tous les leviers à disposition et il sont nombreux, ça va des progrès de la génétique en matière de variétés en passant par un changement de raisonnement, du mécanique pour palier la voie agrochimique ou encore de nouvelles manières de faire", évoque Jean-Luc Demars, responsable agronomie des coopératives Cecab et Coop de Broons. Et pour faire la promotion des pratiques qui offrent un intérêt technique et économique sur les fermes, les coopératives remettent chaque année leurs essais et démonstrations sur l’ouvrage, ce depuis cinq ans. À la base de cette démarche, un plan Ecophyto et la nécessité de diffuser "les bonnes pratiques" ; mais toutes ne se valent pas, sans compter les attentes sociétales... "Il y a des techniques pertinentes mais qui ne se développent pas à grande échelle", regrette l’agronome. D’où l’intérêt de la diffusion, "et de la répétition, c’est du développement agricole. On assiste également à l’émergence de techniques efficaces qui ont de l’avenir qu’on souhaite partager avec le plus grand nombre de nos adhérents".

Révolution génétique, voie majeure

Les producteurs de porcs ont pu  trouver en colza l’intérêt d’associations variétales précoces (type es alicia) pour aider au contrôle des méligèthes ou bien découvrir l’apport de la variété type architecte, naturellement résistante aux virus. "On évite ainsi de traiter contre les pucerons, or cette année il y en avait énormément sur le colza". Une quasi révolution pour Jean-Luc Demars, "la génétique permet de ne plus avoir recours au traitement pour cibler un ravageur, c’est une voie majeure". Et pour le démontrer, l’implantation de 10 variétés de blé dont la plus ancienne, Dattelle, datant de 1883, en passant par le Bonfermier de 1904 ou du Tom Pouce de 1922 jusqu’à celle plus récente de 1988 et 2014. "Avec les 45 mm de pluie tombée le 28 mai, les variétés anciennes de céréales à paille sont par terre. Tout a versé". Mise aussi en évidence, la résistance ou non aux maladies, "c’est le 2e rouleau compresseur", enchaîne-t-il, en proposant ce voyage dans le temps. "Avec le progrès génétique, c’est possible si vous voulez baisser vos doses de fongicides. Sans compter que le choix génétique conditionne également le potentiel de rendement". Une voie à ne pas négliger.

Techniques alternatives et fourrages

Autre voie, celle apportée par les techniques alternatives, "certaines fonctionnent, qu’elles soient préventives ou curatives comme l’heliosoufre sur céréales à paille, les trichogrammes sur maïs ou le phosphate de fer comme anti-limace", inventorie Jean-Luc Demars en évoquant des techniques empruntées à l’agriculture biologique. Il en va de même pour le désherbage mécanique ou labour, "à ne pas négliger".

En matière d’amélioration, il reste encore la voie fourragère, majeure et essentielle pour les éleveurs bovins. "Les cultures fourragères représentent 50 % de la SAU bretonne, mieux vaut ne pas se louper", insiste l’agronome. Et 25 à 35 euros d’économies par 1 000 l peuvent être réalisées en faisant pâturer les vaches de mi-mars à fin septembre. "L'herbe est une culture à part entière. Et elle n’est pas dépassée, au contraire. Nos ateliers le prouvent pour aller chercher de la productivité, de la valeur zootechnique et économique".

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