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PRIX DU LAIT À L'OUEST
Un prix, trois composantes

Après la sortie des indices du Cniel(1), les publications du CilOuest(2) indiquent au final des valeurs utilisables pour payer le lait livré par les producteurs de Bretagne et des Pays de la Loire. 295, 282,50 et 274,50 ?/1000 litres sont les valeurs proposées par le CilOuest pour le premier trimestre 2010 dans l’Ouest … Il y a en fait désormais trois composantes dans ce "prix de base" ou de "référence" qui permet à l’interprofession laitière régionale d’arriver aux valeurs figurant dans le tableau 1.

1 - Le prix de l'année dernière : la référence au passé
Dans la formation du prix du lait de chaque mois, on se réfère au prix du lait payé l'année précédente. Pour 2010, la nouveauté consiste à repartir pour tous les mois de l'année, du prix moyen de l'année 2009, soit 278,88 ?/1000 litres en Bretagne/Pays de la Loire (moyenne annuelle pondérée des livraisons de chaque mois).

2 - L'indice économique : l'évolution de la valorisation du lait
Cette composante permet de transposer sur le prix du lait payé aux producteurs, la valorisation qui est faite de son lait par les laiteries.
Cette valeur calculée tous les trimestres est issue de l'observation des marchés des produits laitiers réalisée par le Cniel.
En 2008, suite à la mise en demeure de la DGCCRF(3), le Cniel avait dû changer sa façon de faire, et ne plus publier ses fameuses "recommandations interprofessionnelles" qui orientaient l'évolution du prix du lait payé aux producteurs.
Désormais, depuis l'accord national interprofessionnel du 3 juin 2009, le Cniel observe les points de conjoncture suivants :
- l'évolution des marchés des produits industriels,
- l'évolution des marchés des fromages échangés sur le marché européen (gouda, edam, emmental),
- l'évolution des marchés des produits laitiers vendus en France,
- la différence de prix du lait payé aux producteurs entre la France et l'Allemagne,
- l'évolution des coûts de production en élevage laitier.
L'observation de ces marchés se fait sur la base de données de marché reconnues pour leur fiabilité, leur objectivité et leur constance. C'est notamment le cas des données publiées par FranceAgriMer (ex-Office de l'élevage ainsi que ex-Office national interprofessionnel du lait, l'Onilait).
Pour calculer les indices de tendance des marchés, les professionnels de la filière considèrent en moyenne ce qu'il advient du lait produit en France : ainsi on considère que le lait produit chez nous est transformé par n'importe quelle laiterie, en, au minimum, 20 % de produit industriel (beurre et poudre), 20 % de fromages destinés au marché européen, et, au maximum, en 60 % de produits de grande consommation vendus en France (yaourts, fromages français, etc.). Voir schéma 1.
En conséquence, un des indices de tendance publié pour début 2010 donnait
par exemple une valeur de + 3,1 % (voir tableau 2).
C'est cette valorisation moyenne qui permet au Cniel, après avoir observé indépendamment chacun de ces trois marchés, de publier tous les trimestres depuis fin 2009, ses "indices de tendances" qui font la moyenne de l'évolution des différents marchés.
Et la flexibilité additionnelle ? Son équivalent en 2010, s'applique pour toutes les laiteries fabricant plus de 20 % de produits industriels. Cette évolution complémentaire du prix du lait, différente pour chaque entreprise selon son niveau de fabrication de beurre et de poudre, est donc le reflet de la valorisation de ces produits dits industriels, ou encore basiques. C'est pour cela que suite à l'amélioration de ces marchés, fin 2009, cette flexibilité s'est réduite d'un maximum à - 18 ?/1000 litres en 2009 à - 4,41 ?/1000 litres au premier trimestre 2010.

3 - L'indice de saisonnalité : l'incitation à la régularité des livraisons
Naturellement, du fait des périodes favorables ou non à l'alimentation des animaux, la production laitière connaît des variations de volumes saisonnières. Or, le consommateur mange des produits laitiers de façon régulière tout au long de l'année et le stockage coûte cher, voire est impossible pour certains produits laitiers... L'intérêt des producteurs et des entreprises laitières est donc bien d'avoir une production et une transformation de lait la plus régulière dans l'année possible.
Pour arriver à cela, il est nécessaire de favoriser par le prix, la production de lait dans les périodes où il coûte normalement le plus cher à produire, c'est-à-dire en été, autrement dit, veiller à ce que le lait d'été et d'automne soit payé plus cher que le lait de printemps et d'hiver.
Depuis 2007, les variations du prix du lait sont relativement importantes et rapides du fait de la conjoncture économique. Cela a "cassé" la saisonnalité habituelle des paiements du lait telle que voulue par la filière laitière régionale. C'est pour cela qu'à partir de 2010, les membres du CilOuest ont tenu à afficher à part l'incitation saisonnalité.
Afin que ce message soit clair et constant auprès des éleveurs, sur l'incitation ou non a produire du lait sur tel ou tel mois, le CilOuest a élaboré pour utilisation à partir de 2010, cet "indice de saisonnalité" déterminé pour chaque mois de l'année (voir ci-dessous). Attention toutefois, s'agissant de la première année d'application du système, l'année 2010 est transitoire vers des indices définitifs arrêtés pour 2011 !

 

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