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Un projet de méthanisation collective et de territoire

À Janzé (35), le projet de méthanisation regroupe des agriculteurs, la coopérative des Fermiers de Janzé, des entreprises (Triballat, Engie) et la communauté de communes. Cette unité, dont l'investissement est estimé à environ 10 millions d'euros devrait rentrer en service en 2021. Le biogaz sera injecté dans le réseau.

"Notre implication dans un projet de production de gaz vert à partir des effluents d’élevage apporte à la coopérative une sécurité pour pérenniser son modèle d’exploitation familiale sur le territoire. Notre coopérative doit anticiper et saisir les opportunités pour protéger ses éleveurs". C'est avec ces mots que Patrick Giboire, président des Fermiers de Janzé, avait présenté le projet d'unité de méthanisation lors de l'assemblée générale de la coopérative en novembre dernier. Les premières réflexions ont été engagées en 2015 à l'initiative d'un petit groupe d'agriculteurs de la coopérative, avant qu'un comité technique ne soit créé.

Aujourd'hui 55 exploitations agricoles sont impliquées dans le projet dont 38 de la coopérative. "À partir de la mi 2017, nous avons organisé des journées de formation pour ceux qui étaient intéressés afin de comprendre tout ce que cela impliquait comme changements sur l'exploitation en termes de logistique, d'agronomie, d'économie...", explique Stéphane Letué, directeur de la coopérative.

 

Un projet agricole

Sur ce projet, les agriculteurs et la coopérative des Fermiers de Janzé vont détenir 51 % des parts de la société, à travers Terres de fées, le reste se divise entre Engie (19 %), Triballat (10 %) , SAS Eilan (10 %), la communauté de communes du pays de la Roche aux fées (5 %) et le syndicat départemental de l'énergie (5 %). "On sait que pour qu'un projet fonctionne, il faut qu'il soit collectif, même si notre volonté de départ c'était d'avoir un projet agricole, dont on puisse conserver la maîtrise en étant actionnaire majoritaire", témoigne Roger Moriceau, ancien président de la commission Avenir au sein de la coopérative et depuis président de Terres de fées. Rapidement, les agriculteurs se sont donc rapprochés de la communauté de communes du Pays de la Roche aux féés. "Ici, on est sur un territoire à énergie positive et croissance verte, donc la population et les élus sont déjà sensibilisés à ces questions", précise Hubert Paris, maire de Janzé et vice-président de la communauté de communes en charge de l'économie et de l'emploi. Et d'ajouter : "Dès le départ, nous avons communiqué auprès des riverains, et avons organisé des visites sur des sites équivalents au projet". Odeur, transport, explosion...
Autant de freins ou du moins de questions qui accompagnent ce type de projet. "C'est légitime d'avoir des préoccupations et nous ne devons pas les ignorer, en répondant techniquement à toutes les questions qui peuvent se poser", répond encore Hubert Paris.

 

Intérêts économique et agronomique

Pour les agriculteurs, les avantages d'un tel type de projet sont nombreux. À commencer par la mutualisation des plans d'épandage, un gain économique sur l'achat d'engrais, et une optimisation de la fertilisation grâce à un meilleur équilibre azote et phosphore au niveau des digestats. "Ce qui est intéressant, c'est que les porteurs du projet ont un intérêt économique mais aussi agronomique", souligne Grégory Vrigneau, consultant méthanisation. Ainsi, la valorisation du digestat nécessite de changer les pratiques. "Le produit est minéralisé, donc l'azote est plus disponible, on a une homogénéité des produits liquide / solide. D'un point de vue pratique, avec du matériel adapté et le choix des dates d'apport, on valorise de 20 à 30 % mieux que ce qui se faisait avant", ajoute Grégory Vrigneau.

Cette unité valorisera 75 000 tonnes d’effluents, co-produits végétaux et matières agroalimentaires. Le biogaz produit sera injecté sur le réseau à hauteur de 300 m³/heure, soit l’équivalent de 8 000 litres de fuel par jour. À ce stade, le dossier ICPE a été déposé mi-décembre et les demandes de subventions ont été faites en fin d'année 2018. Le gaz sera donc injecté directement dans le réseau. GRDF a décidé de faire un maillage du territoire au niveau des réseaux, ce qui permettra l'été, quand il y aura plus de gaz produit que consommé sur la commune de Janzé, de faire remonter le gaz vers d'autres endroits. Une réflexion est aussi menée pour la production de GNV, dans l'objectif de faire ainsi rouler des véhicules avec ce biométhane. "C'est un projet collectif avec différents partenaires. Ce qui est important, c'est que la valeur ajoutée reste sur le territoire", se félicite Hubert Paris. "Ce projet permettra de donner une image moderne, innovante et responsable de notre agriculture et plus particulièrement celle des éleveurs de Janzé ! Elle facilitera la transmission de nos exploitations aux générations futures. Comme quelques-uns de mes collègues impliqués dans ce projet, j’arriverai à la retraite lorsque ce projet verra le jour, nous avons hérité des belles idées de nos pairs, ayons la même ambition pour nos enfants !", concluait le président de la coopérative, Patrick Giboire.

 

 

Un territoire à énergie positive, c'est quoi ?

Derrière ce slogan fédérateur, il s’agit de mettre en place une stratégie et des actions autour des économies d’énergie, de la qualité de l’air, des énergies renouvelables et du climat.

"Depuis plusieurs années, la communauté de communes s’engage dans la transition énergétique, notamment à travers les énergies renouvelables", explique Hubert Paris. Aujourd’hui sont présents sur le territoire deux parcs éolien, et un parc éolien participatif doit voir le jour prochainement. On compte aussi un réseau de chaleur bois à Janzé qui permet de chauffer la maison de retraite, l'hôpital, la piscine, un collège et les écoles publiques... Et trois réseaux de chaleur vont être mis en place grâce notamment à une filière de valorisation du bois de bocage à Retiers, Martigné Ferchaud et Coësmes.

 

 

Unité de méthanisation : les avantages pour les agriculteurs

Sécurisation des droits à produire

Récupération de matière fertilisante

Plus besoin de faire des kilomètres en tracteur pour l'épandage

Les avantages agronomiques et la possibilité d'intégrer les cultures intermédiaires dans les rotations

Les volets environnementaux et sanitaires (la plupart des pathogènes ne résiste pas à la méthanisation)

 

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