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DÉVELOPPEMENT DE LA BIOMASSE
Une affaire de volonté...

A l'heure où l'on évoque la possibilité de produire du méthane avec les fameuses algues vertes, le "forum prospective biomasse et milieu rural" organisé jeudi à Rennes par Aile(1) ne pouvait mieux tomber.

Quelques chiffres
Quelques chiffres
© Terra

Tout comme pour l'électricité photovoltaïque, pour la production de chaleur à partir du bois, l'obtention de méthane, à partir de plantes énergétiques dédiées ou de résidus de cultures et des déjections animales, fonctionne techniquement. Le gaz produit sert tout autant à la production de chauffage que d'électricité. Les spécialistes d'Aile l'ont parfaitement démontré.
Mais déjà que de retard accumulé ! En Allemagne, après quelques expérimentations menées à partir de 1990, les politiques volontaristes d'aides aux énergies renouvelables ont réellement dopé le nombre d'installations de méthanisation. Le lancement de cette politique a abouti, en 2000, à comptabiliser plus de 1 000 installations. Avec la première révision de ce plan, l'Allemagne est parvenu à plus de 2 000 installations, en 2004. Et aujourd'hui, alors que les incitations financières de la seconde révision sont encore plus significatives, l'outre-Rhin affiche quelque 5 000 installations produisant plus de 1 600 kW électricité.

 

Dix ans de retard

Chez nous, en Bretagne et Pays de la Loire, Aile a recensé 27 réalisations ou projets qui valoriseraient 200 000 tonnes de déjections animales, 230 000 tonnes de cosubstrats d'origine industrielles et des collectivités, produiraient 32 millions de m3 de biogaz par an pour une puissance de 9,2 MWé. L'économie de CO2 par an serait de 40 000 tonnes. Pour le moins, nous avons une bonne dizaine d'années de retard par rapport à l'Allemagne.
Sur le terrain, les initiatives n'en sont que plus louables. Surtout qu'elles se heurtent souvent, comme l'a fait remarquer un élu dans la salle, à des tracasseries administratives sans nom, décourageant plus d'un candidat. Pourtant aussi, l'intérêt est là, qui ne se résume pas, pour Aile, qu'au seul ratio du rapport financier. C'est la globalité de l'opération qu'il convient de prendre en compte.
L'agriculture est ici en première ligne. "La Bavière, région qui compte le plus d'unités de méthanisation en Allemagne (45%), présente des caractéristiques similaires à la Bretagne et aux Pays de la Loire : la surface agricole utile est de l'ordre de 3,5 millions d'hectares, l'élevage y est fortement développé avec 1,5 million de porcs charcutiers et 1,2 million de vaches laitières", ont indiqué les spécialistes d'Aile.
Alors pourquoi chez nous ce "retard à l'allumage" ? Peut-être parce que, en Allemagne, depuis janvier 2009, le bonus accordé précédemment par le plan a été maintenu, mais qu'en plus il a ajouté des bonus pour les déjections animales et la biomasse issue de l'entretien des espaces verts.

 

Le potentiel est là

Il n'empêche qu'à l'Ouest, le gisement est bien là. Aile a même calculé qu'un scénario accru de production de biocombustibles et biomatériaux (le chanvre pour l'isolation des maisons, par exemple, l'huile de colza pour graisser les chaînes de tronçonneuses, etc.) ne mettrait pas en péril notre SAU. Pour que l'agriculture et la sylviculture produisent 30% de leurs propres besoins en carburants, 20% des matériaux isolants, 500 000 tonnes de biocombustibles issus de cultures telles que les TTCR de saules ou le miscanthus, et développent 150 unités de méthanisation en codigestion, la SAU nécessaire passerait de 1% actuellement à 3%. "C'est possible, ajoute Aile, et en plus le processus est réversible".
A l'échelle individuelle, Aile prône également l'étude de la mise en place d'installations plus simples : par exemple couvrir la fosse à lisier pour capter le méthane, sans passer par un système de chauffage du digesteur, et utiliser le gaz produit en autoconsommation pour le chauffage de l'exploitation, pourrait être envisagé, comme c'est le cas au Canada.
Bref, les pistes ne manquent pas, au contraire, peut-être de la volonté politique qui fait qu'aujourd'hui le prix de rachat de l'électricité ainsi produite est le plus bas des pays européens.

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