Aller au contenu principal

Session de la Chambre d'agriculture
Une conjoncture qui pèse

71 % de la valeur de la production agricole morbihannaise est issue des filières animales. Des filières très fortement impactées par la crise (lire également en page 6) et un revenu agricole qui a baissé de moitié pour les seuls producteurs de lait. C'est dans ce contexte que la session de la chambre d'agriculture du Morbihan a approuvé une très longue délibération de conjoncture.

30 % des exploitations professionnelles du département ont du débloquer des prêts de trésorerie.  4/5 concernent des éleveurs laitiers. Une conjoncture difficile sur fond de crise et d'interrogation sur la reprise d'Entremont qui joue les prolongations
30 % des exploitations professionnelles du département ont du débloquer des prêts de trésorerie. 4/5 concernent des éleveurs laitiers. Une conjoncture difficile sur fond de crise et d'interrogation sur la reprise d'Entremont qui joue les prolongations
© claire Le Clève

 

Baisse du tiers de la production avicole en 10 ans, sous réalisation laitière française de 2,2 % quand l'Allemagne progresse de 4 %, recul du cheptel porcin de 1,7 % dans l'hexagone quand il progresse de 5,6 % au Danemark. Quand les filières animales toussent en France, le Morbihan lui est au fond de son  lit, grippé. La comparaison s'arrêtera là,  reflet  d'un revenu agricole breton avant dernier du classement "juste avant la Corse" s'exclamera Gilles Thomazo. "La performance technique est très bonne, la performance financière l'est moins et interroge le modèle", relèvera François Philizot, préfet du Morbihan  introduisant la démarche de redéfinition du projet agricole breton, PAAR,  projet agricole et agro alimentaire régional, dans les mains du préfet de région.

 

30 % des exploitations en difficulté

 

"Dans le Morbihan, 71 % de la valeur de la production agricole provient des filières animales", situe Hugo Papaiconomou, économiste à la chambre d'agriculture, chargé de brosser le tableau départemental avant que Thierry Pouch (lire en page 6) prenne le relais sur la compétitivité des filières agro alimentaires à l'export. Une conjoncture agricole particulièrement difficile dont il sera fait état production par production ainsi que le désarroi des producteurs dont 1873 sur les 5862 professionnels ont du débloquer un prêt de trésorerie "dont les 4/5 sont des éleveurs laitiers", pointe le texte de délibération voté."Cette forte demande d'accompagnement concernant plus de 30 % des exploitations  professionnelles du département est le signe le plus pertinent  de la profonde crise que traversent les filières animales" relaie Frank Pellerin. Un contexte où Nicolas Chesnin des jeunes agriculteurs pointera "le manque de perspectives". Difficile dans ces conditions de rendre attractive l'installation des jeunes.

 

Abattoir de Lanvaux, ça bloque

En 2009, 18 % des installations ont eu lieu dans le département, sur des projets de diversification. "Nous avons une diversité dans les grandes filières, les filières courtes se développement également. Elles doivent pouvoir disposer d'outils industriels d'accompagnement", plaide Yves Le Gourriérec, président  de la chambre consulaire. En cause, la difficulté de faire advenir le projet d'abattoir sur Sérent, en remplacement de celui de Malestroit fermé par arrêté préfectoral en fin d'année dernière. "On voit beaucoup d'exploitants qui s'interrogent pour aller sur les circuits courts, il y a une volonté des consommateurs, du potentiel avec les collectivités et les touristes mais il faut des outils", insiste Alain Guihard. "Le projet d'abattoir peut répondre à cet enjeu mais il y a blocage pour un outil qui est une solution pour une agriculture de demain". "Il est dommage qu'on ne soit pas capable de prendre ce tournant", regrette à son tour le représentant de la Confédération paysanne sur un sujet qui, manifestement fait l'unanimité auprès des exploitants. Une unanimité qui s'oppose aux refus de quelques élus, ce qui prouve qu'il y a loin du discours aux actes.

Claire Le Clève

Légende

Légende : 30 % des exploitations professionnelles du département ont du débloquer des prêts de trésorerie.  4/5 concernent des éleveurs laitiers. Une conjoncture difficile sur fond de crise et d'interrogation sur la reprise d'Entremont qui joue les prolongations.

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

La bio à grande échelle : utopie ou réalité ?
Alors que s'est tenu cette semaine le Congrès mondial de la bio à Rennes, se pose la question de la faisabilité du changement d’…
Julien Denormandie, un ministre de l’Agriculture en immersion au Space
Loin des visites officielles qui se font parfois au pas de course, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, a inauguré…
À quelques jours de l'ouverture, l'effervescence gagne le Space
A l'heure ou l'élevage devient une question de société, le retour du Space en présentiel, du 14 au 16 septembre, est d'autant…
Au Space, les élèves du Nivot s’occupent des Normandes

Cette année, le Space servira de cadre au concours national de la race Normande, pour lequel 85 animaux ont été sélectionnés.…

Une nouvelle croissance est possible

Septembre 2021 aura permis de renouer avec le Space, salon des productions animales, carrefour européen. Un carrefour de…

Christiane Lambert
"Les citoyens passent des commandes et les consommateurs ne sont pas au rendez-vous"
La présidente de la FNSEA était la semaine passée au Space. Alors que cette semaine du 21 au 23 septembre avait lieu à Niort dans…
Publicité