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Une Cuma pour partager bien plus que du matériel

Si la Cuma permet d'alléger les charges de mécanisation, ce peut être aussi une solution à envisager pour gagner du temps. Témoignages croisés à la Cuma du Frout, à Taulé (29).

"Nous avions lancé une première Cuma, pour réduire nos charges de mécanisation. Puis nous avons voulu aller plus loin", se souvient Ronan Kerrien, producteur de lait et de légumes à Taulé. Nous sommes en 1995 et une petite dizaine d'exploitations, autour de Taulé, décide de fonder une Cuma tracteur. "À l'époque, nous voulions diminuer notre charge de travail, en déléguant tous les travaux du sol".


Moins de travail

Leur objectif est ambitieux, "parvenir au même coût qu'avec du matériel en propre, mais que pour ce prix, le travail soit fait par quelqu'un d'autre". Un objectif qui changera complètement leur façon de travailler. "Aujourd'hui, je suis bien incapable de labourer", affirme le président fondateur de la Cuma du Frout. Et qui leur permettra de développer leurs exploitations. "L'argent qu'on n'a pas mis dans du matériel, on a pu l'investir ailleurs. Dans un robot de traite chez nous, puis un racleur, un pousse-fourrage, un système de détection des chaleurs..., autant d'équipements qui ont allégé notre charge de travail et enlevé de l'astreinte quotidienne sur l'atelier lait, nous laissant plus de temps pour les légumes".


Du matériel performant

C'est aussi parce qu'il est débordé que Benoît Le Rolland, producteur de bovins viande et de légumes de plein champ, rejoint la Cuma du Frout. "Au moment des semis de maïs, quand il faut aussi gérer les légumes, les nuits étaient courtes". Régulièrement renouvelé, le matériel est toujours performant. "Le travail est bien fait  : les chauffeurs connaissent leur métier et ont de l'expérience !" Et les économies sont au rendez-vous. "On vient d'acheter une nouvelle monocoque. Il en coûte 400 €/an pour pouvoir l'utiliser. À ce tarif-là, il faudrait plus de cinquante ans pour s'en payer une...".


Des échanges

Mais l'intérêt ne se limite pas au seul matériel... "Pour travailler en Cuma, il faut se faire confiance et échanger, indique Ronan Kerrien. Et se parler évite bien des problèmes". Et de citer, entre autres, le foncier. "On ne se bat plus quand un hectare se libère. Il y a un respect des uns et des autres".

Un avis que partage Jean-Hervé Caugant, producteur de lait bio à Dinéault. "Chez nous, elle a permis de fédérer les paysans au-delà des appartenances syndicales". La Cuma ne comptant pas de salarié, c'est un autre mode de fonctionnement qui a été trouvé. "Au moment des foins, un agriculteur va prendre la toupie pour faner chez lui. Et il en profitera pour passer chez les autres adhérents. Le lendemain, un autre andainera et un troisième va botteler pour tout le monde : l'esprit d'entraide est resté fort".

En pleine saison, les réunions se succèdent tous les quinze jours ou tous les mois pour gérer le matériel. "Et la Cuma joue alors un rôle social : quand l'un ou l'autre connaît des moments difficiles, l'entraide est aussi morale". Et les adhérents "historiques" de constater avec plaisir la demande d'adhésion de jeunes en cours d'installation. "La Cuma est aussi un outil solidaire".


Un complément de main d'œuvre

Vingt ans après sa création, la Cuma du Frout compte désormais 18 adhérents, totalisant plus de 1 000 hectares de SAU. Et elle embauche quatre permanents, deux chauffeurs de tracteur et deux personnes qui interviennent chez les uns et les autres, en complément de main d'œuvre, essentiellement lors de la plantation ou de la récolte des légumes. "Nous voulions avoir notre propre service de remplacement en légumes", une production où il n'est pas si simple de trouver de la main d'œuvre compétente.

 

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