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Une marche pour crier le désarroi des familles d'agriculteurs

Une première "Marche de la ruralité" avait eu lieu courant 2016 à Brest. Mardi dernier, agricultrices et conjointes d'agriculteurs se sont retrouvées à Quimper pour rappeler qu'en ces temps de crise, c'est toute la famille qui pâtit de la situation.

"Nous voulions montrer que les familles sont toujours là". En ce bel après-midi ensoleillé, à l'appel de la FDSEA et des JA du Finistère, agricultrices et conjointes d'agriculteurs se sont donné rendez-vous sur le parking de la Résistance, à Quimper, pour une "Marche de la ruralité" dans les rues de la ville. Une marche pour rappeler l'importance de l'agriculture dans l'économie régionale. "Une exploitation génère sept emplois", affirme Agnès Kerbrat, vice-présidente de la FDSEA 29. Mais aussi pour affirmer haut et fort que quand l'agriculture souffre, c'est toute la famille qui trinque.

Ambulancière à Crozon, Anne-Marie a rencontré son époux, producteur de lait, voilà 12 ans. "J'ai 5 semaines de congés. Mais comment partir avec un tel prix du lait ? Un remplaçant, il faut le payer 140 €/jour !" Alors, pas de vacances, cette année, pour leur fils Mathieu. "Heureusement qu'il a l'exploitation comme terrain de jeux". Mais si lui n'est pas malheureux, la situation ne convient pas à sa mère. "On avait dit qu'on partirait tous les ans. La dernière fois ? C'était 3-4 jours à Disneyland, il y a 18 mois déjà".

Soutenir les agriculteurs

"J'en avais marre de rester à la maison sans rien faire". À l'initiative de la première marche de la ruralité, l'an passé à Brest, Inès, conjointe d'agriculteur, a d'abord voulu sortir de son isolement. "Ça fait du bien d'échanger avec des gens qui vivent la même situation que nous". Car, elle le constate au quotidien parmi ses relations, les gens connaissent très mal l'agriculture et les difficultés qu'elle traverse actuellement. "Et c'est aussi pour soutenir les agriculteurs que nous avons décidé d'agir".

Ce sont ces mêmes raisons qui ont poussé une poignée de femmes de la région de Caen à se regrouper, courant 2015. "Les agriculteurs manifestaient avec leurs tracteurs pour dénoncer le prix du lait. Nous avons décidé d'agir à notre manière". Et le mouvement des foulards noirs est né. "Les Bretons avaient déjà pris le bonnet, il nous restait le foulard, dont se coiffent les agricultrices avant d'aller traire, pour se protéger les cheveux. Et noir parce que l'agriculture est en deuil".

Très actives sur Facebook, ces jeunes femmes veulent crier leur "ras-le-bol" et, comme les Finistériennes, rappeler que "derrière un agriculteur en crise, il y a une famille en détresse". Et c'est via les réseaux sociaux que les deux groupes ont commencé à échanger, avant que les jeunes Normandes ne prennent le train pour se joindre, mardi dernier, à la marche de la ruralité. Une première action en commun qui devrait en appeler d'autres, tant les objectifs sont partagés.

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