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Ferme Finistère
Une situation alarmante

Des revenus en berne, une rentabilité en baisse : quelles que soit les productions, le constat dressé par la Chambre d'agriculture est le même.

Pour la première session de la nouvelle mandature, Pierre Maille, président du Conseil général, a participé aux travaux de la Chambre d'agriculture aux côtés d'André Sergent, le nouveau président.
Pour la première session de la nouvelle mandature, Pierre Maille, président du Conseil général, a participé aux travaux de la Chambre d'agriculture aux côtés d'André Sergent, le nouveau président.
© Chantal Pape

"Nous n'avons pas connu une telle précarité économique depuis longtemps : près d'un tiers de nos exploitations sont sans la moindre rentabilité". Pour cette première session de la mandature, la Chambre d'agriculture a souhaité faire le point sur la situation économique des agriculteurs finistériens.

 

Simplifier

 

"Les revenus baissent", indique Anne-Yvonne Hénot, du bureau d'études Chambre d'agriculture-Cerfrance Finistère. Ainsi, sur les 5 dernières années, ils se situent à peine au niveau du revenu moyen des autres catégories socio-professionnelles en volailles, légumes de plein champ, lait ou viande bovine, et nettement en-dessous en porc. Une production dont la rentabilité ne cesse de chuter, ce qui menace la pérennité des élevages. "Certes, à 1,468 € sur un an, le prix du porc progresse. Mais moins que les coûts de production. La marge sur coût alimentaire est de 0,48 €, quand il faudrait 0,50 € pour faire face aux charges de structure, 0,60 € pour assurer l'entretien des bâtiments, la mise aux normes...".

"Il faut, certes, que les cours s'améliorent, rajoute André Sergent, le président de la Chambre d'agriculture. Mais il faut aussi harmoniser les seuils installations classées au niveau européen, réformer les Zes pour une meilleure gestion de l'azote organique, simplifier les procédures administratives de mise à jour des plans d'épandage".

 

Des reprises difficiles

 

En viande bovine comme en porc, la hausse des cours ne parvient pas à couvrir le coût de production. "Et l'équilibre est difficile à trouver, indique Anne-Yvonne Hénot. Dès que le prix de vente à la consommation augmente, les achats s'orientent vers des viandes moins coûteuses". La hausse du prix des céréales vient concurrencer la production de viande bovine et, dans les années à venir, la reprise des élevages s'annonce difficile.

 

Maintenir les restitutions

 

Alors que les marges progressaient en volailles depuis 5 ans, la baisse des restitutions européennes a conduit les industriels à revoir leurs contrats. "En poulet export, une diminution de la rémunération de 40 €/t, c'est 95% du revenu qui disparaît", calcule Anne-Yvonne Hénot. Sur les autres créneaux de production, les industriels leur ont emboîté le pas, sans doute pour faire face à des hausses de charges qu'ils n'arrivent pas à répercuter à leurs clients. "Là, la baisse de rémunération de 20 €/t, c'est 42% de revenu en moins".

"L'aviculture reste une filière d'avenir dans le Finistère", affirme André Sergent, qui demande une prolongation du système des restitutions jusque fin 2014, "le temps de nous adapter à l'export ou nous réorienter sur le marché intérieur". Si la Chambre d'agriculture souhaite que se mette en place un plan de restructuration des outils d'amont et d'aval, elle demande aussi un plan bâtiment, pour accompagner la construction neuve ou la rénovation d'un parc âgé, en moyenne, de 25 ans.

 

Intégrer le coût de production

 

"En un an, le coût de revient en lait a progressé de 27 €/1 000 l et le prix de vente a chuté de 15 €", détaille Anne-Yvonne Hénot. Et revoilà l'effet ciseau de 2009, le prix du lait ne couvrant plus les charges. "Il manque entre 30 et 35 €". "Il faut impérativement revoir la LME, pour y inscrire un indicateur prenant en compte les coûts de production et obligeant à des renégociations tarifaires", indique André Sergent, qui appelle aussi les producteurs à s'organiser en OP puis en AOP par bassin, "pour gérer les volumes et les prix".

 

Sdage 2016-2021

Afficher d'abord le résultats obtenus

 

 

"La concentration moyenne en nitrates dans les eaux a baissé de 25%". Alors que se prépare le Sdage, le Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux 2016-2021, la Chambre d'agriculture a demandé que les efforts déjà engagés par les agriculteurs soient reconnus. Elle réclame aussi une simplification des zonages et une meilleure évaluation de l'impact économique du Sdage, notamment des surcoûts pour l'agriculture.

 

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