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Une VAE pour bénéficier des aides à l'installation

Plutôt que de retourner sur les bancs de l'école, Christelle Saout espère décrocher son BPREA par la voie de la VAE, la validation des acquis de l'expérience. Un diplôme qui lui permettra de devenir chef d'exploitation et de bénéficier des aides à l'installation.

Catherine Auffret-Laurent aide les candidats à la VAE à rédiger leur dossier.
Catherine Auffret-Laurent aide les candidats à la VAE à rédiger leur dossier.
© Chantal Pape

"Si j'ai entamé une VAE, c'est parce que j'ai lu un article dans Terra". C'est donc bien volontiers que la jeune femme se prête à son tour à l'exercice du témoignage, espérant du même coup inciter d'autres personnes à franchir le pas.

Eviter de retourner à l'école

Mais revenons un peu en arrière. "J'ai un BTS assistante de direction et j'ai travaillé en intérim puis chez Quéguiner", raconte Christelle Saout. A la naissance de sa fille, en 2003, elle décide d'arrêter de travailler. Et, deux ans plus tard, devient conjoint collaborateur sur l'exploitation de son époux. Un statut qu'elle conserve lors de l'arrivée de sa seconde fille, en 2007.

"Depuis longtemps, la comptable me disait de passer une VAE". C'est elle qui lui permettra d'acquérir la capacité professionnelle et, du même coup, lui donnera accès aux aides à l'installation, prévue au 1er avril prochain. "Pour moi, retourner à l'école n'était pas envisageable". Car, outre ses deux filles en bas âge, il lui faut s'occuper de la traite, de la comptabilité... "Je n'aurais pas eu le temps".

Mais la VAE, aussi, est gourmande en temps ! "Mais je remplis mon dossier quand j'en ai le temps". Souvent l'après-midi, 5 à 6 fois par mois, quand ses filles sont parties à l'école et que la maison est calme. "Et je ne perds pas de temps sur les routes". Un choix qu'elle a apprécié encore plus cet hiver, lorsque les routes sont devenues impraticables à cause de la neige ou du verglas...

Valoriser toutes ses compétences

Justifiant de plus de trois ans d'expérience sur l'exploitation, la jeune femme n'a eu aucun mal à valider son inscription. Et, depuis septembre, elle planche sur la rédaction de son dossier. "J'ai programmé un rendez-vous par mois avec Catherine Auffret-Laurent". Conseillère à la chambre d'agriculture, c'est elle qui va l'aider tout au long de son travail. "Quelques jours avant, je lui fais parvenir ce que j'ai déjà écrit. On va en parler ensemble et préparer la suite". Un exercice qui ne va pas toujours de soi. "Depuis la sortie de l'école, j'avais perdu l'habitude d'écrire. Des fois, ça sort tout seul. D'autres fois, c'est plus laborieux".

Il lui faut passer en revue l'ensemble de sa participation aux travaux de la ferme et la mettre en relation avec les compétences à acquérir pour obtenir son diplôme. "Je me suis cantonnée au lait et à la comptabilité : je ne m'occupe jamais des vaches allaitantes". Ses responsabilités au conseil d'école de ses filles ou au comité de développement de Morlaix lui ont également fait acquérir de nouvelles compétences, qu'elle valorisera également dans son dossier.

Une fois la rédaction terminée, restera à présenter son dossier à Rennes, devant un jury. "Il m'aura aussi servi à mieux comprendre le fonctionnement de l'exploitation, à interpréter nos chiffres, à les situer par rapport aux études de groupe".

Du CAP au BTS
Obtenir un diplôme agricole grâce à la VAE

La VAE, la validation des acquis de l'expérience, permet d'obtenir n'importe quel diplôme agricole, du CAP au BTS, sans retourner sur les bancs de l'école. "Pour s'inscrire, il faut pouvoir justifier de 3 années d'expérience sur le diplôme demandé", explique Catherine Auffret-Laurent, conseillère à la chambre d'agriculture. Le dossier d'inscription est à retirer auprès de la Draf, la direction régionale de l'agriculture et de la forêt, à Rennes. "C'est elle qui va juger de la recevabilité de chaque candidature". En examinant, notamment, la cohérence entre expérience et diplôme visé.

Une fois son inscription acceptée, le candidat va recevoir un dossier de validation, qu'il lui faudra compléter. "Il peut se faire aider", détaille Catherine Auffret-Laurent qui, tous les ans, accompagne une dizaine de personnes dans la rédaction de leur dossier. "Chaque rendez-vous pédagogique dure 2 heures, durant lesquelles nous allons corriger ce qui a déjà été écrit. Puis préparer la prochaine étape". Il faut compter 4 à 5 mois pour rédiger un dossier, en y consacrant une à deux soirées de travail par semaine.

Une fois terminé, le dossier est ensuite adressé à la Draf et chaque candidat sera appelé devant un jury. "Plus qu'un contrôle de connaissances, on va lui demander un éclairage, des explications complémentaires sur ce qui a été écrit". Avec, pour certains qui n'auront pas obtenu la totalité de leur diplôme, la nécessité d'une formation ou d'une expérience complémentaire.

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