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Vacances d’enfants à la ferme, et pourquoi pas vous ?

De cinq il y a peu, le nombre de fermes proposant d’accueillir en séjour des enfants, le temps des vacances, est aujourd’hui passé à deux en Morbihan. A la ferme du Bois Fourmi, la famille Rouault à Guillac trouve bien des avantages à cette formule, comme les enfants qui y viennent et reviennent tous les ans. Alors qu’une formation consacrée à cet accueil se prépare, le point avec Marie-France Rouault.

 

"Il y avait du travail pour deux ici et ma belle-mère venait de quitter le Gaec". Alors, en 2008, Marie-France Rouault a choisi de cesser son activité salariée dans une grande entreprise nationale de cosmétiques pour venir sur la ferme laitière du Bois Fourmi, aux côtés de Stéphane, son mari. "Je voulais bien à condition de créer mon activité", note-t-elle. Les portes ouvertes organisées par le réseau Bienvenue à la ferme sur des gîtes font germer en elle l’idée de l’accueil. "Nous avions une grande maison, des chambres disponibles, nous sommes dit pourquoi ne pas faire de l’accueil d’enfants", se remémore-t-elle avec Stéphane, à l’abri des murs de ce solide manoir qui a fêté ses 500 ans, l’an passé. "Il y avait peu d’investissements à faire, nos trois enfants commençaient à être grands, ils étaient d’accord, bien que le plus jeune soit aussi au départ le plus réticent", poursuit Marie-France. Au final, "cela a été une école pour notre fils. Ça l’a encouragé à passer son Bafa (diplôme d’animateur) et l’été, il s’occupe super bien des enfants", l’acceptation familiale était obligée pour exercer une telle activité. Et les enfants, pour bien les accueillir, encore faut-il savoir avant tout "aimer cela, sinon, ce n’est pas la peine".

 

Improviser sans improvisation

Un accueil qui reste très encadré, "même si l’accueil d’enfants en séjour vacances se situe dans un fonctionnement souple", rassure Nadine Leray, conseillère circuits courts, réseau Bienvenue à la ferme, à la chambre d’agriculture. "La législation exige de se déclarer auprès de jeunesse et sport et d’être agréé suite à une formation". Autre obligation : un casier judiciaire vierge et enfin un dossier médical indemne de certaines maladies contagieuses. La Bretagne fut la première région à s’être lancée il y a une vingtaine d’années dans l’aventure. "En particulier le Morbihan et le Finistère avec le réseau Bienvenue à la ferme, on a bâti les modalités avec Jeunesse et Sport avec des formations à la clé". "C’était très intéressant, découvrir les stades psychologiques de l’enfant, son évolution mais aussi échanger entre nous sur les activités que nous proposions", pointe Marie-France Rouault. "Beaucoup de femmes exprimait une inquiétude à l’idée d’occuper toute une semaine les enfants mais les potentialités de la ferme sont énormes". Ainsi, les occupations ne manquent pas, "entre les enfants qui demandent à rejoindre Stéphane dès le matin à la traite, ceux qui préfèrent être avec moi et les petits veaux, l’alimentation et les cabanes, les tours de vélo...". Une grande liberté très encadrée sur une ferme sécurisée au maximum. "On fixe les limites et les espaces à ne pas franchir, il y a des interdits sur la ferme". L’objectif de ces séjours ? "Faire découvrir notre métier, notre environnement, d’où vient le lait qu’ils boivent, les légumes… On prépare le repas ensemble. Les choses se font avec les enfants, on n’a pas de programme pré-établi".

Partager une qualité de vie

Des activités qui se font, "évidemment suivant l’âge des enfants. De 6 à 12 ans", au Gaec de Bois Fourmi. Marie-France et Stéphane, accueillent désormais jusqu’à 6 enfants durant les vacances scolaires, "plutôt en semaine pour avoir le temps de faire toute l’intendance le week-end et être de nouveau disponibles". Et des enfants qui en redemandent. "Certains reviennent régulièrement, jusqu’à 15-16 ans ! ". "Il y a cette qualité de vie que nous partageons et que nous transmettons aussi ainsi", renchérit Stéphane Rouault dont les activités de maire de Guillac lui laissent moins le temps pour construire des cabanes avec les enfants, bricoler à l’atelier ou les balades à vélo. Car beaucoup ne relèvent pas la proposition de visites à l’extérieur de la ferme, "ils ne veulent pas en partir ! ". "Les enfants que nous accueillons me disent souvent que nos enfants ont eu de la chance de vivre ainsi. C’est rééquilibrant pour certains d’entre eux, ils reviennent souvent", constate avec bonheur Marie-France. Elle précise cependant, "nous ne sommes pas des éducateurs, j’ai peu d’enfants venant des services sociaux ou des enfants qui ont des difficultés car ce peut être difficile". Une chose est sûre, "quand les enfants sont là, on travaille plus au ralenti". Alors nourrir six enfants ! "On fait des choses simples, qu’ils aiment", répond Marie-France.

Une formule qui ouvre sur 22 semaines potentielles de séjour pour six enfants maximum facturées entre 250 à 300 euros suivant les lieux d’accueil. "En commençant tout simplement avec deux enfants sur 10 semaines, ce n’est pas contraignant et il y a le confort de vie d’être à la maison. C’est un revenu complémentaire qui n’est pas négligeable et peut être complété par d’autres formules d’accueil, à la journée, en demi-journée, en ferme pédagogique...", encourage Nadine Leray.

Reste que "l’accueil a permis à beaucoup d’agricultrices de rebondir et trouver leur place et un revenu".

Claire Le Clève

 

 

 

Contact et inscription : Nadine Leray : 02 97 46 22 56 / 06 30 99 75 43

 

En pratique

Pour relancer et faire connaître l’activité, une formation "accueillir des enfants en séjour vacances" est programmée le 21 novembre par la Chambre d’agriculture et le réseau Bienvenue à la ferme chez Marie-France Rouault avec deux journées à suivre les mardis 5 décembre et 31 janvier.

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