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[VIDEO] Un vent de moisson balaye la Bretagne

Les résultats en Bretagne sont à l’image de ceux rapportés sur l’ensemble de l’hexagone pour les céréales à paille. Rendements et qualité sont au rendez-vous en orge comme en blé, confirme le principal collecteur breton, Caliance. Le colza en revanche, après de très bons rendements en 2014, a déçu lors de cette campagne. Mais c’est du côté du maïs que la météo est la plus pénalisante et que se concentrent aujourd’hui toutes les inquiétudes.

© H.B

Une "avalanche de blé" a balayé la région le week-end dernier, date où "la moisson a débuté de manière significative sur tout le territoire breton", commente Michel Le Friant, responsable de la collecte Caliance*. Si jusqu’à présent la moisson concernait plutôt l’est de la Bretagne, le week-end dernier a marqué un tournant puisque lundi, la coopérative estimait la collecte déjà assurée à 35 %. Et avec les épisodes plutôt secs qui ont suivi, les récoltes devaient se poursuivre dans de bonnes conditions. La moisson, un moment tant attendu sur l’exploitation, véritable "bol d’air" dans ce moment de fortes tensions chez les éleveurs, qui s’avère d’autant plus appréciable cette année que les rendements sont au rendez-vous !

Près de 80 q/ha en blé

"Les rendements sont aussi bons que l’an dernier voire supérieurs", souligne le responsable Caliance qui avançait 77 à 80 q/ha en moyenne d’après les échos recueillis du terrain en début de semaine. "Les PS sont très bons, de plus de 80 kg/hl pour les récoltes réalisées avant le passage pluvieux. Après ils ont un peu baissé, autour de 75-78". Quant aux taux de protéines, les résultats varient par zone géographique : "on est plutôt à 10,5-10,9 en Ille-et-Vilaine, d’autres régions sont à 11,0-11,5, du côté de Ploërmel par exemple", la partie ouest étant encore trop récente pour y donner des chiffres. Des taux assez bons pour la Bretagne, estime donc Michel Le Friant. "La fertilisation a été améliorée par le fractionnement réalisé par les exploitants et la minéralisation s’est bien déroulée en fin de cycle", analyse-t-il pour expliquer les 0,3 à 0,4 point gagnés par rapport à l’an dernier. Il y a aussi le stress hydrique qui a pu stopper le remplissage en fin de culture et évité une dilution de la protéine dans le grain comme lors de la précédente campagne. "Malgré de bons PS, on voit des grains plutôt petits. Ils ont été coupés dans leur remplissage". C’est le cas en particulier en zone séchante car sur des terres profondes, le blé a mieux exprimé son potentiel de rendement et les taux de protéines sont un peu plus faibles.

Progression de la collecte d’orges

Même niveau de satisfaction en orges, dont la moisson en Bretagne était achevée à 98% en ce début de semaine du côté de Caliance. "Il y avait un retard significatif en orge d’hiver qui a pu être battu le week-end dernier, observe Michel Le Friant. Les rendements sont bons, autour de 75-80 q/ha. Mais avec une grande hétérogénéité, allant de 60 q/ha jusqu’à 110 pour les meilleurs". Avec des surfaces en progression d’environ 10%, la collecte devrait elle aussi être supérieure de 10% au minimum à celle de l’an dernier.

Un maïs peu poussant

C’est sur les cultures de fin d’été que se focalisent désormais toutes les inquiétudes. Les conditions d’implantation du maïs ont été très hétérogènes sur la Bretagne. Les semis en conditions de sol froid ont pu pénaliser la culture qui pourrait en outre être fortement pénalisée par le manque d’eau en cette période de floraison. Du fait d’un maïs peu poussant et d’une production d’herbe qui s’est fortement réduite en fin de saison, les besoins de couverture sont importants pour les laitiers selon Michel Le Friant. On s’attend donc à une migration assez forte des surfaces de maïs grain vers l’ensilage.

Déceptions en colza

Le colza est en net retrait cette année par rapport à 2014. Si de bons résultats ont été obtenus sur les bassins bretons les plus tardifs, en moyenne les rendements sont assez décevants dans la région à 30 à 32 q/ha, observe-t-on chez Caliance. Même constat sur tout le territoire français : après les forts rendements de 2014, le colza se montre décevant, sauf au nord de la France, sur des zones tardives qui tirent leur épingle du jeu. Conséquence de conditions météo défavorables, de maladies sur les silices, le grain n’a pas pu se remplir correctement. À la coopérative Agrial, implantée sur sept départements de Normandie, Pays de la Loire et Ille-et-Vilaine, les rendements à mi-parcours étaient de 30 q/ha. "C’est la déception, vu le très bel aspect de la plaine, déclarait Philippe Vincent, d’Agrial. Le nombre de pieds au m2 était bon, pas la taille des graines". En Vendée, la Cavac chute à 25 q/ha seulement, soit 12 quintaux perdus d’une récolte à l’autre.

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