Aller au contenu principal

Lait
Viser une plus grande autonomie

Un prix volatil, un volume flexible... : en lait, l'avenir est incertain ! Pour y faire face le plus sereinement possible, l'éleveur doit rechercher une plus grande autonomie. Le point avec Cerfrance Finistère.

De gauche à droite : Anne-Yvonne Hénot, responsable conseil-gestion à Cerfrance Finistère, Michel Mingam, directeur, Stéphane Aupècle, président, et Marie-Claude Guiavarc'h, conseillère d'entreprise.
De gauche à droite : Anne-Yvonne Hénot, responsable conseil-gestion à Cerfrance Finistère, Michel Mingam, directeur, Stéphane Aupècle, président, et Marie-Claude Guiavarc'h, conseillère d'entreprise.
© Chantal Pape

"Nos producteurs sont parmi les meilleurs techniquement. Et pourtant, l'avenir s'annonce compliqué". Cette année encore, Cerfrance Finistère a proposé à l'ensemble de ses adhérents trois rendez-vous pour faire le point sur la conjoncture des différentes productions. Mais aussi, et surtout, les aider à se projeter et, dans un environnement incertain, à prendre les bonnes décisions. "Demain, il ne suffira plus de regarder les voisins pour savoir comment faire", avance Marie-Claude Guiavarc'h, conseillère d'entreprise. Car, d'un bout à l'autre de sa carrière, les priorités du chef d'exploitation évoluent. Et il lui revient de bâtir ses projets en en tenant compte.

 

Garder une marge de manoeuvre

 

Ainsi, la crise de 2009 a incité bon nombre de producteurs de lait à se remettre en question. "Ils n'aiment pas travailler avec une trésorerie négative et un endettement important. Et ont voulu se donner les moyens de ne plus jamais vivre ça". Pour faire face à la volatilité du prix du lait, leur projet devra s'articuler autour de la recherche d'une plus grande autonomie dans tous les domaines. Financier, d'abord, en épargnant pour se donner une marge de manœuvre. "Dans l'idéal, il faudrait mettre deux annuités de côté, indique Marie-Claude Guiavarc'h. Ou au moins 50 €/1 000 l, pour faire face à une mauvaise année".

L'indépendance est aussi à rechercher du côté du foncier, à sécuriser via un achat en GFA, SCI...,des baux cessibles au moment de la transmission... Avec la flambée du coût des matières premières, l'éleveur devra aussi réfléchir à produire autrement, en cherchant une alternative à la protéine. "Ce sera le challenge des jeunes générations", prédit Marie-Claude Guiavarc'h.

La réforme de la Pac va également être lourde d'incidences pour les élevages laitiers. "On ne sait pas encore de combien vont diminuer les DPU, indique Anne-Yvonne Hénot, responsable conseil-gestion à Cerfrance Finistère. Cela peut aller jusqu'à 10-20 000 €/an".

Les nouvelles normes environnementales vont aussi bousculer les élevages. Et, alors que s'annoncent la fin des quotas laitiers, 10 à 15% d'entre eux ne peuvent pas produire plus, 50% dans certaines zones du département ! "Pour s'adapter, l'exploitation devra se séparer d'un atelier viande bovine, d'une porcherie d'engraissement... Certains songent aussi à déléguer l'élevage des génisses". Une opportunité pour d'autres éleveurs, qui disposent de suffisamment de surfaces.

"Mais il ne faut jamais oublier la main d'oeuvre", rajoute Marie-Claude Guiavarc'h. Alors que dans le Finistère, les références ont progressé de 71 000 l/exploitation en deux ans seulement, pénibilité, stress et astreinte doivent être au cœur de la réflexion.

 

Produire plus ?

 

Si la recherche d'une plus grande autonomie sera, demain, facteur de réussite, les exploitations devront aussi être plus flexibles, pour s'adapter au marché. "Mais avant de produire plus, il faut se poser la question du coût de production de ces litrages supplémentaires", prévient Anne-Yvonne Hénot. En commençant par cibler ses marges de progrès. "Si le coût de production est élevé, il faut d'abord corriger ses défauts".

Le coût marginal des litres supplémentaires dépendra des moyens de production à engager. Si aucun investissement n'est à envisager, produire 5 ou 10% de plus sera financièrement intéressant et permettra d'améliorer le point d'équilibre. Par contre, si bâtiments, matériel ou salle de traite sont trop justes, le résultat peut être inverse !

Cerfrance Finistère en bref

 

- 7 900 clients,

- dont 4 200 agriculteurs,

- et 3 700 artisans, commerçants, services et professions libérales,

- 400 collaborateurs,

- 18 agences.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Jean-Elie Le Crom : "J’avais vraiment envie de m’installer"
Son truc ?  "Les vaches et le lait". Une passion ! Jean-Elie Le Crom l’a chevillée au corps. Alors, à 22 ans, il vient de…
Du maïs semé tous les 50 cm pour réduire l’usage des phytos
Si il est courant de semer son maïs avec un inter-rang de 75 cm, Alex Delamarre et Philippe Briand, entrepreneurs agricoles sur…
L’irrigation : "l’assurance récolte de toute la filière"
Fin des six syndicats locaux qui contribuaient depuis 40 ans au développement de l’irrigation en Bretagne. Place à Breizh…
Les éleveurs de volailles en colère contre certains distributeurs
La semaine passée la Confédération française de l’aviculture (CFA) dénonçait "l’indifférence des enseignes Carrefour, Casino et…
63% des abattages de porcs en Bretagne aux mains de trois groupes en 2020
En 2020, à partir des données Uniporc Ouest, le nombre de porcins abattus en Bretagne montre une diminution de l’activité. Dans…
PAC 2023 : les derniers arbitrages feront la différence dans les fermes
L'Europe a fixé de nouveaux objectifs à la PAC, et laissé plus de latitude aux États membres dans la déclinaison nationale des…
Publicité