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Vols, actes de délinquance : signaler les faits

Face aux vols et aux intrusions en élevage, la question de la sécurisation des abords des exploitations se pose. Sans vouloir échafauder un bunker, il est toutefois possible d'adopter certains comportements et/ou matériels. Une réunion d'information "Sécurité Exploitations" conçue en partenariat entre la FDSEA et la Gendarmerie s'est déroulée à Louargat.

Intervention de l'adjudante Christelle Hejna, référente sûreté à la cellule de prévention de Saint-Brieuc, Arnaud Leforgeoux et de Cinthia Trihoreau de la brigade de Bourbriac.
© terra

La FDSEA organise quatre réunions avec la Gendarmerie nationale sur la sécurisation des exploitations, la première réunion de prévention s'est déroulée la semaine dernière sur l'exploitation de Véronique Grot à Louargat. Trois gendarmes spécialistes de la sûreté et de la prévention technique des actes malveillants ont informé et répondu aux questions d'une quarantaine d'agriculteurs présents. Et les anecdotes ne manquent pas. Vol de carburant, vol de batteries, disparition de chiens de garde, rôdeurs... Sources de convoitises, les exploitations agricoles sont la cible de délinquants, sans parler des actes criminels de groupes animalistes qui défrayent la chronique et créent la psychose.

Faire remonter les faits

"Dans notre coin, on clôture les champs de maïs. 4 à 5 batteries sont volées tous les ans. Nous ne prévenons plus la gendarmerie car ils ne font rien", reproche un agriculteur. Pour les gendarmes présents, c'est tout l'inverse, recueillir le maximum d'informations est le meilleur moyen d'être efficace. "Si tout le monde signale les faits, on oriente les patrouilles dans un secteur, on recroise les renseignements. C'est par le ruissellement de petits éléments", indique l'adjudante, Christelle Hejna, référente sûreté à la cellule technique de la malveillance de Saint-Brieuc. "Vous avez tous des smartphones et bien clichez les voitures. Au moins, signalez les faits. Plus tôt nous avons les informations, plus tôt nous croisons les renseignements. Les plus vigilants, c'est vous car vous connaissez les gens du coin", assure le maréchal des logis chef, Arnaud Leforgeoux de la brigade de Bourbriac. Déposer une main courante, c'est signaler des faits aux forces de l'ordre sans déposer plainte. "Nous pouvons vous l'envoyer par mail, c'est noté et c'est dans notre dossier". Et pour ceux qui ne souhaitent pas se rendre à la gendarmerie, un élu peut s'y déplacer à leur place.

Protéger son entreprise

Que l'on soit agriculteur, commerçant ou artisan, des mesures préventives peuvent être prises dans le but de dissuader le passage à l'acte et de retarder l'action.

gendarmes

Cela commence avec le marquage des limites de la propriété par des panneaux "propriété privée", "propriété surveillée" installés régulièrement ; des clôtures (plus difficile) ; un éclairage de bonne qualité ; le retrait si possible des clés du tracteur, du quad... ; le plein du réservoir non pas le soir mais plutôt le matin... "Les endroits sombres sont de supers cibles", rappellent les gendarmes. "Il existe des caméras qui alertent sur le smartphone, des caméras de chasse, qui même de nuit, prennent des photos et des vidéos. Là, vous avez de vraies preuves !".

Il est préconisé de ne pas aller au contact mais de confirmer les faits par une photo, une vidéo.

Autre conseil utile : photographier et garder dans un dossier le numéro de série et la facture d'un matériel acheté (tronçonneuse, par exemple). En cas de saisie par la police, le matériel pourra être restitué à son propriétaire, sinon il finira à la destruction. Avoir le bon comportement Quel comportement avoir, lorsque l'on subit un cambriolage, une intrusion... ? "En cas de problème, ne pas jouer au héros. C'est surtout ne rien faire pour vous mettre en danger. Et quand on trouve quelqu'un sur son exploitation, ne pas faire de geste malheureux car la justice sera contre vous".

 

Il est préconisé de ne pas aller au contact mais de confirmer les faits par une photo, une vidéo puis renseigner correctement la gendarmerie en appelant le 17. En cas de cambriolage, ne pas détruire les traces et les indices. Enfin, pour ceux qui le souhaitent, la gendarmerie propose des "consultations sûreté" gratuites, préventives afin d'évaluer au cas par cas les améliorations possibles dans l'enceinte de son exploitation. Trois référents sûreté officient dans les Côtes d'Armor et se déplacent dans les établissements (exploitation, commerce...). Il suffit de se renseigner auprès de la brigade de son lieu d'habitation. 

 

En Côtes d'Armor, les dates des prochaines formations "Sécurité Exploitations" en partenariat avec la Gendarmerie se dérouleront : le 12 novembre à Saint-Donan et le 3 décembre à Plouaret (lieu et horaire à repréciser). Renseignement : 02 96 79 22 32.

 

En résumé

➝ Avoir une exploitation hermétique (vigilance sur les ouvrants : portillons…) ;

➝ Utiliser des caméras (possibilité de réaliser des achats groupés de caméras) ;

➝ Après une intrusion, essayez de récupérer un maximum d’éléments et alerter la Gendarmerie le plus tôt possible ;

➝ Ne faire aucun geste qui pourrait nous porter préjudice ; ➝ Ne pas hésiter à prendre des photos des véhicules étrangers qui rôdent ;

➝ Déposer une pré-plainte (possibilité de le faire grâce à ce lien : https ://www.pre-plainteen-ligne.gouv.fr/ ) ; ➝ Renforcer la signalétique : cela peut dissuader les personnes malveillantes ("présence de caméras", "Propriété privée", "Interdit d’entrer",…) ;

➝ Faire attention aux contrats d’assurance : certaines prennent en charge, d’autres non. Il est donc nécessaire de vérifier les conditions ;

➝ Signaler à la Gendarmerie les absences prolongées : la Gendarmerie note l’adresse et effectue des patrouilles (l’opération tranquillité vacances…) ;

➝ Stationner les véhicules dans des lieux sécurisés ;

➝ Faire le plein des véhicules le matin plutôt que le soir pour lutter contre le vol de carburant ;

➝ Acheter un marquage codé pour les outils et prendre en photo le numéro de série.

 

En outre, pour avoir des conseils personnalisés afin d’améliorer la sécurité de l’exploitation, vous pouvez demander une "Consultation sûreté". Ce dispositif est assuré par la Gendarmerie. Lors de la consultation, tous les points de vigilance sont rappelés avec des préconisations pratiques adaptées au site. Les gendarmes expliquent les points positifs et les points d’amélioration. C’est gratuit. Pour cela, il suffit de faire la demande auprès de la brigade locale. Les gendarmes s’adaptent ensuite à vos horaires.

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