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La filière veau de boucherie bretonne évolue

Forte de ses 479 producteurs sur environ 2 300 au niveau national, la Bretagne est la première région française pour la production veaux de boucherie. Le lien est fort avec la filière laitière qui fournit les veaux de 14 jours et la poudre, mais également avec la filière viande rouge. La filière veau de boucherie bretonne a retrouvé du dynamisme avec des éleveurs qui ont investi dans des bâtiments. La baisse de la production, que l'on observe depuis plus dix ans, s'est ainsi nettement ralentie en 2018.

En 2018, la Bretagne compte 479 élevages de veau de boucherie et a produit environ 234 000 veaux. La baisse de production d’environ 2 % entre 2017 et 2018 est la moins importante depuis plus de dix ans 1 !

La filière bretonne a retrouvé du dynamisme avec des éleveurs qui ont investi dans des bâtiments grâce notamment au plan d’aides du PCAEA (Plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles). En termes de production, le premier département est l’Ille-et-Vilaine avec 46 % de la production régionale, suivi des Côtes d’Armor (30 %), du Finistère (13 %) et du Morbihan (11 %). Phénomène qui ne s’était jamais passé depuis plus de dix ans, un département voit sa production repartir à la hausse : les Côtes d’Armor retrouvent une croissance (modeste) : +1 %. Pour l’Ille-et-Vilaine, la baisse de la production entre 2017 et 2018 est identique à celle de 2017/2016 de l’ordre de - 2 %. Quant au Morbihan, après avoir connu une forte baisse de 11 % en 2017, il revient à un niveau de baisse de l’ordre de 4 %.

Des veaux de boucherie majoritairement de type laitier

Les veaux mis en place dans les ateliers veaux de boucherie bretons sont d’origine française à plus de 98 % et ainsi entrent dans la démarche "Viande de veau française" (veaux nés, élevés et abattus en France). Un veau sur deux est même né dans un élevage bovin breton. 62 % des veaux de boucherie bretons sont de races laitières, majoritairement Prim’Holstein 2.

Mais depuis quelques années, la part des veaux croisés augmente. En 2018, elle représente 35 % des veaux produits en Bretagne. Selon l’Idele, "la progression des naissances de veaux croisés lait-viande rencontre un marché limité. La cotation annuelle du veau gras R s’est stabilisée à un bas niveau après plusieurs années de baisse marquée (=/2017 ; -3 %/2016 ; -5 %/2015)" (1).

Une filière qui se modernise

En quatre ans, le PCAEA a accompagné les investissements de 88 producteurs de veaux de boucherie.

Parmi les projets, 40 concernent la construction de nouvelles places pour en moyenne 310 000 € d’investissements et une subvention moyenne de 50 000 €. 18 projets concernent une exploitation veau avec un JA. Le dispositif a aussi permis la modernisation des équipements pour distribuer le lait et l’aliment solide. Rappel du cahier des charges PCAEA : 35 % d’aides en veau de boucherie +10 % pour un JA, minimum de 15 000 € d’investissements éligibles et plafond de 120 000 € en individuel/EARL ou 170 000 € en Gaec.

Une activité díabattage de veaux importante en Bretagne

La région Bretagne détient le plus gros potentiel d’abattage de veaux en France (40 % des abattages nationaux). En 2018, 449 522 veaux ont été abattus en Bretagne pour un total de 63 053 tonnes (2).

Les abattages de veaux représentent 39 % des abattages de bovins en Bretagne en nombre et 20 % en volume. L’activité d’abattage de veaux de boucherie se concentre à 85 % sur le département d’Ille-et-Vilaine avec 4 abattoirs : Tendriade à Chateaubourg, SVA à Vitré, Socopa-Bigard à Montauban-de-Bretagne et Chapin à Rennes. La production bretonne pèse pour la moitié des abattages régionaux.

Les installations en 2018

En 2018, une douzaine de nouveaux éleveurs se sont installés sur toute la Bretagne (installations aidées ou non aidées) avec des projets de création ou de reprise d’atelier. L’enjeu pour la filière est que les intégrateurs ajustent le nombre de nouvelles places au marché du veau.

(1) Extrait du dossier annuel Bovins viande - Année 2018, Perspectives 2019 - Idele.

(2) Source Draaf Bretagne.

 

info

Pour retrouver la synthèse plus détaillée des chiffres clés 2018, consultez la page "Veaux
de boucherie" dans la rubrique "Élevage" du site de la chambre d’agriculture de Bretagne.

 

 

Témoignage

Laetitia Bouvier, éleveuse laitière et de veaux de boucherie à Argentré-du-Plessis (35), nouvelle élue à la chambre díagriculture 35

La filière veau évolue. Les élevages s’agrandissent voire se spécialisent en Bretagne car le nombre de veaux sortis baisse moins vite que le nombre d’éleveurs. La filière attire des jeunes car nous comptons en 2018 environ 12 installations pour 41 arrêts. Nous ne sommes pas à l’objectif d’une installation pour un départ mais est-ce la volonté de la filière veau ? Ces jeunes installés produisent plus de veaux que leurs cédants car ils ont profité de leur installation pour agrandir les bâtiments existants. Ce qui permet de réguler le marché car le veau n’échappe pas à la baisse de la consommation.

Pour attirer plus de jeunes vers cette filière, ouvrons nos fermes, nos ateliers, prenons des stagiaires et des apprentis. Ils pourront ainsi découvrir ou approfondir leurs connaissances de cette filière.

À ce jour, environ 20 % des ateliers veaux de boucherie ont bénéficié du plan de modernisation soit 88 élevages en 4 ans. Continuons à automatiser nos ateliers pour le bien-être des veaux mais aussi et surtout pour le bien-être de l’éleveur, continuons à investir dans les économies d’énergies. En tant que nouvelle élue à la chambre d’agriculture en charge du dossier veau, je vais continuer le travail entrepris par la mandature précédente, que ce soit avec les autres filières (lait et viande bovine), avec les acteurs de notre filière ou avec l’administration.

 

 

 

Baptiste Frogerais, éleveur de veaux de boucherie à Corps Nuds (35)

Il faut croire à son projet et être bien entouré

Baptiste Frogerais est un jeune Èleveur de veaux de boucherie. Il a choisi de síinstaller avec ses parents en 2018 en construisant un nouveau b‚timent de 336 places, mis en service en 2019, après huit mois de travaux. Il nous livre ici ses motivations et son parcours.

 

Pouvez-vous vous présenter et expliquer votre parcours professionnel ?

Baptiste Frogerais. J’ai 27 ans. J’ai suivi une formation agricole. Après mon BTS Acse, j’ai travaillé pendant un an dans une coopérative d'insémination porcine.

Pourquoi avez-vous choisi de vous installer ? Et pourquoi la production veau de boucherie ?

B.P. J’avais envie de m’installer pour être à mon compte et je connais bien la production de veau. Mes grands-parents ont commencé cette production en 1975 et mes parents ont continué. Cela fait trente ans qu’ils sont installés. Je serai la 3e génération à faire du veau.

Quelles ont été les étapes de votre parcours à l’installation ?

B.P. J’ai réalisé mon parcours professionnel personnalisé (PPP) à la chambre d’agriculture en 2017. Je me suis installé au 1er février 2018 avec mes parents sur l’exploitation familiale, qui comptait 464 places de veau de boucherie et 35 hectares. Nous travaillons depuis de nombreuses années avec l’intégrateur-abatteur SVA. À mon installation, nous avons déposé une demande pour la construction d’un nouveau bâtiment de 336 places afin de porter l’exploitation à 800 places. Les premiers veaux sont entrés dans le nouveau bâtiment au mois de janvier 2019.

Comment se sont déroulées les étapes de la construction du bâtiment ?

B.P. Avant mon installation, en décembre 2017, le permis de construire a été déposé en mairie ainsi que le dossier ICPE à la DDCSPP. Le dossier ICPE comprend beaucoup de documents : plan d’épandage, capacité de stockage et toutes les prescriptions ICPE (bruit, odeur, incendie, risques électriques…). Notre dossier ICPE relevant du régime de l’enregistrement, une consultation du public a eu lieu pendant un mois en mars 2018. Un agent de la DDCSPP est également venu sur notre exploitation. Nous avons reçu l’enregistrement en mai 2018. En parallèle, nous avons monté notre dossier de demande de subvention PCAEA au 1er AAP de 2018. Après toutes ces démarches administratives, la construction du bâtiment a commencé en mai et s’est terminée en décembre 2018, soit huit mois de travaux.

Pouvez-vous nous décrire votre nouveau bâtiment ?

B.P. C’est un bâtiment de 336 places en une seule salle. Pour les équipements, nous avons choisi des cases de 7 veaux, auge et barre au garrot. Nous sommes en distribution automatique du lait et nous avons un chariot automoteur distributeur pour l’aliment solide. Le bâtiment est équipé de ventilateurs économes et de néons LED. Nous avons choisi les mêmes équipements que dans l’ancien bâtiment car nous en étions satisfaits. Le coût du nouveau bâtiment est d’environ 1 100 €/place hors silos, fosse et préparation du lait (automate, bac, réserves d’eau et chaudière gaz existantes) et avec du travail réalisé par nous-mêmes (montage des cases, béton des allées et circuit de trempage). À ce montant, il faut ajouter les frais administratifs (hors installation) qui se sont élevés à 13 000 €, soit 40 €/place (dossier ICPE, permis de construire, plan d’épandage, PCAEA, actes, parutions journaux).

Quels conseils avez-vous à donner aux personnes qui voudraient s’installer en veau de boucherie ?

B.P. Il faut avoir de l’énergie pour mener à bien toutes les démarches administratives. Il faut aussi croire à son projet pour faire face aux critiques qui peuvent apparaître au moment de la consultation du public en mairie. Il faut se préparer à devoir expliquer son projet et apprendre à argumenter. Être bien entouré par les partenaires (SVA, Cerfrance et chambre d’agriculture) et par mes parents m’a bien aidé. Pour la construction du nouveau bâtiment, j’ai fait avec mon père beaucoup de visites pour voir des bâtiments, des systèmes d’élevage, des équipements différents. C’est important de prendre ce temps pour bien comparer et choisir. Enfin, j’ai l’avantage de connaître le veau car mes parents en font depuis de nombreuses années mais mon conseil pour de futurs éleveurs qui ne connaîtraient pas du tout cette production, c’est d’aller travailler chez des éleveurs pour se forger une expérience.

 

 



Le marché du veau en France en 2018

2e pays producteur avec 183 000 TEC,

1 268 000 veaux produits,

55 % type laitier, 28 % croisé et 17 % viande,

Record de l’export de petits veaux : 239 000 têtes (94 % vers l’Espagne),

Importation de petits veaux : moins de 25 000 têtes.

 

Source : Idele - Économie de l’élevage - Annuel Bovin viande - Édition 2019.

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