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Les actifs sont notre actif commun

© Pixabay

La prise en compte des actifs dans les orientations de la prochaine PAC doit rester au coeur des préoccupations politiques. Certes, il s’est passé plus de 60 ans depuis le traité de Rome. Certes, au fur et à mesure des programmations, des élargissements, des réformes, d’autres préoccupations, notamment environnementales, ont changé le visage de la PAC. La rupture de 1992, introduisant une dérégulation progressive des marchés, des aides versées directement aux producteurs, conditionnées, rattachées aux hectares, a été un tournant décisif. Depuis, chaque réforme a renforcé ces orientions.
En Bretagne, nous avons toujours défendu nos fondamentaux et notre vision de l’agriculture : développement et modernisation par des femmes et des hommes à la tête d’exploitations pilotées majoritairement par ceux qui en détiennent le capital. Et ce sont ces exploitations, souvent familiales, qui constituent le premier maillon d’un tissu agroalimentaire créateur d’emplois dans nos territoires, présent sur tous les marchés alimentaires.
Nos exploitations ont aujourd’hui majoritairement une forme sociétaire, elles sont employeuses de salarié-e-s. Elles font ainsi vivre de nombreux actifs, sur des surfaces foncières qui restent maîtrisées, au regard de ce que l’on observe dans d’autres régions.
Devrions-nous nous excuser de ce volontarisme qui se traduit chez nous toujours par une bonne dynamique d’installations ? Chaque année, près de 500 jeunes entrent dans le métier, pour vivre de leur activité de production agricole et de son prolongement (transformation, vente directe, agritourisme, énergie …), seuls, en couples, en société, avec des salariés…
Le renouvellement des générations n’est jamais gagné. Il n’aurait pas été possible sans politique des structures volontariste et assumée, sans politique d’installation et de modernisation co-construites avec la profession, sans enveloppe spécifique dans la PAC, confortées par des politiques régionales complémentaires adaptées au territoire.
De son côté, le paiement distributif versé en complément de l’aide de base de la PAC sur les 52 premiers hectares des exploitations constitue un marqueur fort d’une double ambition : encourager une agriculture créatrice de valeur ajoutée et d’emplois, éviter deux excès : d’un côté, une PAC de rente sur des hectares sans garde fous, de l’autre, une PAC sociale forfaitaire, sans véritable ambition de création de revenus pérennes et d’organisation de filières.
La prise en compte des actifs dans le débat agricole européen n’est pas simple au regard de la diversité des situations dans les 27 États membres. En Bretagne, nous demandons que le Plan stratégique national (PSN) affiche une volonté claire en faveur des projets agricoles qui confortent les actifs et encouragent durablement le renouvellement des générations. En travaillant sur la future PAC pour préparer sa mise en œuvre en 2023, le gouvernement ne doit pas baisser la garde sur les Egalim. Car le meilleur soutien aux actifs agricoles, c’est un prix à la hauteur du travail.

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