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Jean-Pierre Vallais - Président de Breizh Irrigation
L’irrigation : "l’assurance récolte de toute la filière"

Fin des six syndicats locaux qui contribuaient depuis 40 ans au développement de l’irrigation en Bretagne. Place à Breizh Irrigation, le syndicat régional des irrigants qui entend bien rappeler que cette pratique, d’appoint en Bretagne, y garantit en régularité et qualité, la production du légume. "L’assurance récolte" de toute une filière pour Jean-Pierre Vallais, son président, agriculteur à Carentoir en porc et 25 ha de légumes de conserve.

Où en est aujourd'hui l'irrigation en Bretagne ?
Jean-Pierre Vallais. L’irrigation en Bretagne n’est que d’appoint sur 11 000 ha. C’est moins de 1 % de la SAU bretonne ! Cela reste un très petit créneau. L’irrigation est faite à partir de retenues collinaires qui sont la principale ressource en eau. Elles sont remplies l’hiver, en période d’excès hydrique. Pour la restituer, nous utilisons un matériel performant, des sondes qui mesurent l’humidité des sols et nous permettent d’apporter l’eau au bon moment et des stations météo pour anticiper les arrosages et ne pas le faire inutilement. On compte ce que l’on met, au plus près des besoins de la plante. La capacité moyenne des réserves en Bretagne est de 17 000 m3, c’est tout petit. Ces 20 dernières années, on a créé une réserve par an. Un haricot contrairement à du blé ou du colza ne va passer que 60 jours en terre. S’il est victime de stress hydrique, c’est fichu, il devient filandreux, immangeable et in-récoltable. On ne peut pas jouer au poker. L’irrigation, c’est l’assurance récolte de ces cultures courtes, souvent d’été qui permet  une double culture et c’est une assurance pour toute la filière.

Pourquoi avoir créé Breizh irrigation ?
J-P.V. Nous avions six associations de syndicats libres, ASL, disséminées, pour conforter et développer l’irrigation d’appoint. Comme beaucoup de dossiers en agriculture, la gestion de l’eau est devenue régionale. Il était nécessaire de se calquer sur le même périmètre, pour être visible, en veille au niveau réglementaire, pour nous faire reconnaître de nos partenaires, pour promouvoir cette irrigation d’appoint. Oui la Bretagne est arrosée mais cette pluie n’est pas repartie tout au long de l’année. L’irrigation permet de palier cela car il y a nécessité à sécuriser nos productions de légumes et toute la filière qui en découle face aux aléas climatiques. Et c’est aussi accompagner les porteurs de projets pour que leur dossier tienne la route. Nous avons la volonté d’ouvrir les échanges, et les actions à l’ensemble des irrigants bretons, en cohérence avec les OPA qui sont membres associés.

La production de légumes a-t-elle un avenir en Bretagne sans l'irrigation ?
J-P.V.  Sans irrigation, ce sera très compliqué. Aujourd’hui, 40 % des surfaces légumières sont irriguées en Bretagne. Il ne s’agit pas de faire comme sans le Sud Ouest où 100 % le sont ou 70 % dans les Hauts de France ! Notre production de légumes est contingentée. On ne produit que ce qui est vendu par les organisations de producteurs. En irriguant, on sécurise le rendement. Cela évite les situations de sur ou de sous productions qui font entrer le loup de l’importation dans la bergerie. En irrigant, on stabilise la production, pour stabiliser les outils de transformation et stabiliser l’approvisionnement pour les consommateurs qui réclament une production hexagonale. Mais comme pour autre chose, on ne continuera à produire du légumes que si il y a une rentabilité à le faire.

Avec le réchauffement climatique à l'œuvre, vous préparez-vous à voir l'irrigation s'étendre à d'autres productions qui traditionnellement s'en passaient en Bretagne ?
J-P.V. C’est une pratique coûteuse qui est destinée à des cultures à forte valeur ajoutée comme les légumes. Elle est essentielle pour accompagner la demande du marché en agrobio et sécuriser les filières locales. Le développement sur d’autres cultures restera une exception. Le prix du fourrage ne le permet pas.

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