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BV en contentieux
Attendre que nos efforts portent leurs fruits

Plutôt que de casser la production dans les bassins versants en contentieux, plus de 1 200 agriculteurs et salariés de l'amont et de l'aval, réunis à Plouvorn le 1er mars dernier, ont demandé un peu de temps.

"L'Etat nous regarde crever". A l'entrée de la salle polyvalente de Plouvorn, une banderole résume l'état d'esprit qui règne chez les agriculteurs des bassins versants de l'Horn et de l'Aber Wrac'h depuis que le Préfet de Région a annoncé les mesures draconiennes que l'Etat français entend mettre en place pour échapper aux amendes bruxelloises.

Prendre patience
"Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, les agriculteurs ne font pas n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment", s'insurge Jean-Denis Crenn, exaspéré de voir certains commentaires dans la presse. Et le président de Cap Horn, une association créée en 1997, de faire le point sur les actions mises en place pour reconquérir la qualité de l'eau : achat d'une désherbineuse mixte, plantation de haies et talus, mise en place de couverts végétaux, CTE, CAD ou EPA… "Les résultats sont là : les apports organiques ont diminué de 18 % et les achats d'engrais azotés de 19 %, 100 % des sols sont couverts en hiver, les mises aux normes sont en cours, la résorption atteint 108 %".
Parmi les mesures annoncées par les pouvoirs publics, figure aussi la fermeture des prises d'eau, une mesure que Jacques Moal, maire de Mespaul et président du syndicat d'eau de l'Horn conteste vigoureusement. "La dénitratation, mise en place depuis 1987, permet de distribuer une eau entre 10 et 29 mg de nitrates. Et, en été, lorsque la population passe de 40 000 à 60 000 habitants, l'interconnexion ne suffira pas : Landivisiau et Morlaix ne pourront, au mieux, fournir que 40 % de nos besoins". La solution ? "Prendre patience et attendre le retour des actions mises en place par les agriculteurs depuis des années. Les premiers résultats sont déjà là : à la fin des années 90, le pic de nitrates s'est situé à 92 mg. On est aujourd'hui descendu à 76 mg".

Objectif atteint
Sur le bassin versant de l'Aber Wrac'h, les choses évoluent également dans le bon sens. "Nous sommes en avance sur les objectifs que fixait le plan de gestion, signé en 2003, explique François Plougastel. Deux années, nous sommes descendus en dessous du seuil des 50 mg". Ici aussi, les efforts des agriculteurs sont importants, avec 52 % des exploitations et 60 % de la SAU engagée dans l'une ou l'autre des mesures agro-environnementales CTE, CAD, EPA ou EAE. "On est passé de 270 unités d'azote total à l'hectare en 2000 à 205 en 2005, de 182 unités d'origine organique à 140. Mais, sur nos sols granitiques, il faudra attendre 8 à 15 ans pour avoir un retour de la modification de nos pratiques ".

Un désastre humain
"Nos efforts vont porter leurs fruits". De la patience, c'est aussi ce que réclame le président de la chambre d'agriculture. "Le monde agricole est engagé à fond dans la bagarre de la qualité de l'eau et elle est pratiquement gagnée". Pour Jacques Jaouen, il n'y a pas d'autre alternative. "Il est impossible de mettre en place de telles mesures : ce serait un désastre humain". Un avis que partage Thierry Merret, président de la FDSEA. "Zac ou pas, Zes ou pas, c'est toute la Bretagne qui est concernée et qui, unie, arrivera à faire en sorte que Bruxelles oublie sa plainte. Nous demanderons à nos élus de nous appuyer et nous n'excluons pas de monter à Paris, pendant le salon, demander des comptes à Dominique Bussereau, ministre de l'agriculture, et Nelly Ollin, ministre de l'environnement". Un projet qui a mûri le temps du week-end puisque, mardi matin, aux aurores, plus de 1 000 agriculteurs bretons prenaient le chemin de la capitale, à bord d'un train spécial (lire aussi en pages 4 et 5).



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