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Eureden fait face aux enjeux

Le groupe Eureden, avec pour fer de lance les marques Paysan Breton et d'aucy, fait le bilan de l'année écoulée : un chiffre d'affaires stable malgré une année d'activité compliquée. Le groupe coopératif entend franchir les 5 milliards de chiffre d'affaires d'ici 2027, avec pour moteur le développement externe et l'innovation, dans un cadre toujours plus durable et alternatif.

Le président Serge Le Bartz (à droite)avec Alain Perrin, directeur général. La coopérative investit 75 millions d'euros sur l'exercice en cours.

Réuni en assemblée générale la semaine dernière, le groupe Eureden annonce un chiffre d'affaires de 3,1 milliards d'euros sur la période du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021, réparti entre son activité amont (55 %) et son activité aval (45 %). Pour les dirigeants d'un groupe, né récemment en 2020 de la fusion entre d'aucy-Cécab et Triskalia, la performance est jugée stable, excepté dans le secteur des ovoproduits. "L'année 2020 a été compliquée avec la crise climatique, la crise Covid et la baisse des intrants qui protègent nos cultures", résume son président Serge Le Bartz, agriculteur à Lignol (56) et président du groupe d'Aucy-Cecab avant la fusion. Le directeur général Alain Perrin détaille un résultat(1) de 94,8 millions d'euros, "satisfaisant mais avec des disparités". Outre une météo qui a perturbé cet été les productions végétales, le dirigeant cite des facteurs extérieurs : le retrait de solutions phytosanitaires et la baisse de la consommation de viande en productions animales. "Nos outils de transformation de légumes n'ont pas eu accès à la matière première comme d'habitude", décrit le directeur général. Une caisse de péréquation a été mobilisée "comme jamais" pour compenser les pertes en haricot vert dues à la mouche des semis. En légumes, l’intégralité de la caisse de péréquation a été reversée aux producteurs soit 2,8 millions d’euros. Le retrait de matière active ne fait pas l'affaire des producteurs. "Nous ne serons pas capables tous les ans de compenser 50 % de pertes de rendement. Il faut trouver des solutions pour demain", avertissent-ils. Concrètement, la coopérative indique redistribuer 50 % du résultat aux adhérents, et mobiliser envers ses coopérateurs "plus de 25 millions d’euros en avances et prêts sur l'ensemble des métiers et des compléments de prix versés en lait, en pommes de terre, en céréales".

Une croissance externe qui concernera toutes les branches.

Poursuivre vers une agriculture alternative

Évolution oblige, le groupe qui se tient à l'écoute des consommateurs, veut construire "des filières durables et compétitives" avec pour credo "le bien-manger". Afin de répondre aux attentes des consommateurs et des agriculteurs-coopérateurs, le service agronomie du groupe planche sur des méthodes et des solutions alternatives aux produits phytosanitaires (solutions de biocontrôle, bio-stimulants, zéro-résidu...). Des démarches sont en place. La démarche "Cultivons Autrement" fait valoir 180 agriculteurs répartis dans 12 groupes de progrès ; 900 hectares désherbés mécaniquement ; 6,9 % de surfaces en "techniques alternatives" ; 31 exploitations légumières certifiées HVE (marque d'aucy, à terme 100 %). Côté production animale, "Élevés avec Passion" s'attache à l'amélioration des conditions de bien-être des animaux. Une démarche, initiée en septembre 2019, associant l’amont et l’aval (Cocotine, Aubret). Mais si Eureden table sur une agriculture plurielle et durable, la coopérative s'inquiète et alerte néanmoins sur "les modes de consommation éphèmères" face "aux changements qui prennent du temps", citant en exemple les productions bio aujourd'hui "déclassées".

 

Croissance externe et renouvellement des générations

Ambitieux malgré la compléxité des évolutions, le groupe se fixe un accroisssement de son chiffre d'affaires à 5 milliards d'euros à l'horizon 2027 avec "une croissance externe qui concernera toutes les branches". Dans son plan de marche, la coopérative projette l'acquisition de sociétés de taille moyenne porteuses de marque. Dernièrement, le rapprochement avec la société franc-comtoise André Bazin (spécialiste des produits de charcuterie) assoit la branche viande dans le secteur de la salaisonnerie en France. Autre domaine de développement, celui du digital avec l'apport de l'intelligence articifielle au service des techniques de production (gestion plus fine), du changement climatique ou encore des process industriels... Parallèlement, Eureden travaille au renouvellement des générations - installation, transmission, formation - pour compenser l'érosion, pas moins de 1 000 départs à la retraite par an jusqu'en 2030. La coopérative veut également féminiser la gouvernance pour atteindre 20 % de femmes au sein des instances à l’horizon 2025, en cohérence avec le pourcentage de femmes chefs d’exploitation (25 %).

(1) Ebitda : bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement.

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