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"La contractualisation doit participer à la juste rémunération"

Jean-François Guihard vient d'être élu à la présidence d'Interbev, l’interprofession bétail et viandes. Cet artisan-boucher de Malestroit (56), issu du collège des distributeurs, est aussi à la tête de la confédération française des boucheries, charcuteries, traiteurs. Comment entend-il poursuivre le travail de Dominique Langlois, alors que les éleveurs de viande bovine peinent à dégager un revenu, en plein débat sur la contractualisation, et tandis que les habitudes de consommations évoluent.

Jean-François Guihard, président d'Interbev.

Quelles sont les principales missions de la filière Interbev que vous présidez ?

Jean-François Guihard. Interbev est une association interprofessionnelle fédérant l’ensemble des métiers du secteur économique de l’élevage et de la viande. Elle représente 22 organisations nationales unies sous une même bannière. Son rôle est de défendre et de valoriser les intérêts communs de l’élevage et des activités artisanales, industrielles et commerciales de la filière viande. Ces missions sont mises en œuvre au sein de l’Interprofession via cinq sections spécialisées par espèce qui assurent le développement et la promotion de chaque secteur concerné : bovins, veaux, ovins, équins et caprins.

 

Vous êtes artisan boucher, représentant l’un des maillons de cette filière, comment garantir des positions ambitieuses pour toutes les organisations présentes ?

J-F.G. C’est en effet une belle preuve de confiance de l’ensemble de la filière Elevage et Viande à notre métier. J’ai désormais la responsabilité de représenter tous les maillons de notre filière. Nous sommes tous mobilisés collectivement pour porter haut et fort nos messages, montrer que nous sommes soudés, de l’élevage à la distribution, en passant par le milieu de la filière. Je suis certes artisan boucher mais également fils et frère d’agriculteurs. C’est au nom de l’intérêt général de notre filière que j’ai accepté cette mission.

 

Moins de viande dans l’assiette des Français, plus de haché, les comportements évoluent, comment y répondre ?

J-F.G. Il est important de préciser que la baisse de la consommation de viande apparente s’explique avant tout par la forte baisse des importations en 2020. Elle est due à la fermeture de la restauration hors domicile une grande partie de l’année, principal débouché des viandes importées. Toutefois, la consommation de viande française a progressé et les ventes de haché restent très dynamiques. Les achats à domicile ont aussi fortement augmenté, notamment en boucherie traditionnelle, ce qui peut se traduire comme une demande de qualité et de conseil de la part des consommateurs pour des viandes françaises, locales et tracées. Par ailleurs, les Français ont redécouvert le plaisir de cuisiner chez eux lors des précédents confinements et aspirent à une alimentation plus durable et responsable. Nous nous y engageons d’ailleurs collectivement, via notre démarche de responsabilité sociétale et avons souhaité développer fortement les viandes sous signes officiels de qualité telles que le Bio et les viandes de boeuf Label Rouge. Côté restauration hors domicile, nous continuons aussi à encourager l’achat de viande française afin d’augmenter la part de viande bovine française à 80 % d’ici 2028. Enfin, nos portes ouvertes Made in Viande sont l’occasion chaque année d’inviter les scolaires et le public à venir à la rencontre de nos éleveurs, bouchers, abatteurs... tous investis en faveur du "Manger mieux".

 

Le premier maillon, celui de l’élevage bovin-viande, vit une crise profonde. Quels sont les leviers sur lesquels Interbev peut agir ?

J-F.G. L’Interprofession insiste sur l’importance de la contractualisation qui doit participer à la juste rémunération de tous les acteurs de la filière. Plus largement, nous devons aussi préserver notre modèle de production menacé par des accords de libre-échange qui laissent libre court à l’importation d’aliments qui ne respectent pas les mêmes normes de production que dans l’Union européenne. Nous attendons donc de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE) des avancées concrètes en matière de réciprocité des normes de productions agricoles. Cela passe notamment par l’application de "clauses miroir" aux produits agricoles importés dans la législation européenne. Le Président de la République en a fait d’ailleurs l’une des grandes causes de la PFUE.

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