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À la station d’Auray, les fraises de Pâques sont là

Finis les tracas du vandalisme, réparés les dégâts de la dernière tempête. À Kerplouz, c’est le printemps et il s’ouvre sur une nouvelle saison avec quinze essais à mener à la station expérimentale de Bretagne Sud d’Auray. Là, on a mis les bouchées doubles pour être prêts. Et les premières fraises ont été cueillies pour Pâques.

"C’est derrière nous", se rejouit Maët Le Lan, responsable de la station expérimentale et horticole des chambres d’agriculture de Bretagne, dans un grand sourire. La renaissance du printemps et un vent d’optimisme souffle à nouveau sur Kerplouz. Après les actes de vandalismes de Noël dernier, (lacération des tunnels dont l’auteur a été interpellé), et trois tunnels mis à mal par la tempête de la nuit du 3 au 4 mars, le travail a été conséquent pour remettre la station en état... "On venait de tout rebâcher. Quand elles sont neuves, les bâches résistent au vent et c’est la structure qui plie", poursuit l’ingénieure. Trois ont souffert. Chaque année un tunnel est mis au repos, "ce sera celui-là", désigne sans hésitation Maët Le Lan, pointant celui dont les arceaux ont plié. "Nous avons passé des moments difficiles. L‘équipe a beaucoup donné pour tout rebâcher, 150 jours consacrés uniquement à ça, mais c’est fait". Avec, cerise sur le gâteau, des marques et des témoignages de solidarité, "qui font chaud au cœur, de la part de collègues, des producteurs. Cet investissement, cette solidarité et le fait qu’aucun essai n’ait été abîmé, c’est très encourageant", estime-t-elle, déjà projetée avec l’équipe sur les 15 essais en cours. Car une nouvelle saison repart.

Le biodégradable explose

Outre le nouvel essai mené sur la fraise et ses ravageurs (lire encadré), novateur, celui sur les biomatériaux se poursuit, essentiel. "Le biodégradable explose en France. Face au problème de collecte que rencontre le film en polyéthylène, la filière va mal", situe la jeune femme. "Nous avons toujours continué à travailler sur les matériaux biodégradables". Ainsi ces films de paillage en géochanvre, testés sur des tomates : "c’est plutôt pas mal avec un coût plus important au m²". Depuis vingt ans, la station teste entre autres, ces paillages biodégradables. "Toutes les alternatives sont intéressantes. Certaines sont plus coûteuses, nous avons des résultats. C’est la diversité qui permettra de trouver des solutions", affirme Maët Le Lan. Autres essais qui se poursuivent, la conservation du potimarron. Et là, une évidence s'impose : "Plus on le ramasse tôt, plus longtemps il se conserve". Ces essais ont d'ailleurs été étendus aux différentes variétés de patate douce, légume de plus en plus plébiscité par les consommateurs. Testées également, les associations culturales en bio, pour "limiter et retarder les dégâts des pucerons et des acariens", ou encore le projet lié à l’autonomie face aux intrants de types fertilisants. Ainsi, "nous avons cultivé de la luzerne qui, enfouie, fertilise les légumes en apportant de l’azote. Pour le moment, les essais sont concluants".

Le 26 septembre prochain, ce sera l’occasion de les découvrir sur place.

 

La fraise de Pâques

"Oui, il y a eu des fraises à Pâques", note amusée, Maët Le Lan. Rien d’exceptionnel à voir les barquettes débordant de gariguette et ciflorette, précoces déjà récoltées. Installé sous une serre de 400 m2 à partir de 10 rangs de 230 plants de fraises, suspendues depuis leur substrat de coco alimentés en éléments nutritifs, l’essai novateur a démarré avec zéro traitement de synthèse. Au sol, un gazon et des bouquets de fleurs, dits patchs floraux. "Sur la fraise hors sol, les producteurs sont confrontés à trois ravageurs et pour les contrer, ils utilisent des auxiliaires de culture. Ils les achètent, ils les lâchent mais ils ne les voient plus". Et une question vient : "Ces auxiliaires ont-ils fait leur boulot ?" interroge Maët Le Lan. Un essai tend à y répondre. Sous cette serre, l’hygrométrie est augmentée pour gêner ces ravageurs qui adorent une ambiance sèche et chaude, tout en favorisant par les fleurs et l’herbe, l’installation d’auxiliaires. "C’est une prise de risque forte, on est là pour ça, en écoutant la demande des producteurs". Un essai en lien avec un projet national Ecophyto Fragasyst et dont le témoin sera les 20 ans d’histoire de cette culture à Kerplouz.

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