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Liffré rachète les tonnes de CO2 économisées par ses éleveurs

En signant un contrat avec des éleveurs laitiers, rédigé par Bleu Blanc Cœur, la ville de Liffré est devenu la première mairie à soutenir économiquement les producteurs de lait qui s'engagent dans une démarche de réduction des gaz à effet de serre. Explications.

De gauche à droite : Rémi Desblés, éleveur, Loïg Chesnais Girard, maire de Liffré, Pierre Weill, co-président de Bleu Blanc Cœur, et Jean-Pierre Pasquet, co-président de Bleu Blanc Cœur et producteur de lait.
De gauche à droite : Rémi Desblés, éleveur, Loïg Chesnais Girard, maire de Liffré, Pierre Weill, co-président de Bleu Blanc Cœur, et Jean-Pierre Pasquet, co-président de Bleu Blanc Cœur et producteur de lait.
© A.M

Eleveur Prim'Holstein à Liffré, Rémi Desblés est installé sur la commune de Liffré depuis 1982. Son élevage compte aujourd'hui 30 vaches laitières  pour une production de 340 000 llitres de lait. En 2011, il adhère au cahier des charges envrionnemental de Bleu-Blanc-Cœur et met en place dans son exploitation la méthode Eco-méthane, qui mesure les émissions de méthane des vaches. Il décide aussi de modifier l'alimentation de son troupeau en privilégiant des aliments riches en oméga 3. "Au départ, cette solution était pour moi avant tout un moyen de gagner en productivité", avoue sans ambiguité l'éleveur, ce qui ne l'empêche pas de reconnaître aussi les bienfaits de sa démarche sur l'environnement.

885 euros en 2015

En 2015, grâce à ce nouveau contrat signé avec la municipalité, il devrait recevoir 885 euros de la ville de Liffré. Comment ? Sur un an, son exploitation a réduit de 59 tonnes son émission de CO2 et ces 59 tonnes non émises sont rachetées par la ville. "Certes, cela reste un complément de revenu très modeste, mais c'est symbolique et cela va aussi dans le sens du souhait de la commune de compenser ses propres émissions de CO2 ", a commenté Loïg Chesnais Girard, le maire de Liffré, à l'heure de signer ce contrat dans le tout nouveau restaurant municipal. Depuis une quinzaine d'années, le personnel du restaurant municipal a mis en place des actions intégrants des aliments de qualité issus des filières locales, biologiques... avec tout de même quelque 82 000 repas servis chaque année, entre les crèches, la maternelle et le portage a domicile pour les personnes âgées

"Le partenariat avec l'association Bleu Blanc Cœur se situe dans cette dynamique et vient également conforter une apporche globale de la relation qu'une collectivité se doit d'entretenir avec la préservation de la planète et du bien-être de ses habitants", a poursuivi le maire. A travers ce contrat, la ville de Liffré s'engage à acheter exclusivement du beurre Bleu Blanc Cœur pour sa restauration scolaire et offre donc aux éleveurs locaux (3 à ce jour) qui s'engagent dans la méthode Eco-méthane la possibilité de racheter leurs tonnes de CO2 économisées. "L'ambition de Bleu Blanc Cœur est bien sûr de fédérer les acteurs locaux de la ville pour accroître le cerle, mais aussi sensibiliser d'autres communes partout en France à signer ce contrat", a conclu Pierre Weil, co-président de Bleu Blanc Cœur.

Exemple de calcul

Un troupeau compte 50 vaches. Chaque vache produit 20 litres de lait par jour en moyenne avec un régime standard type "maïs soja". Pour chaque litre de lait, chaque vache émet 18 grammes de méthane. L'éleveur modifie la ration de ses vaches avec une alimentation riche en oméga 3 (herbe, lin, luzerne...) On mesure alors (selon la méthode validée par l'administration française et celle des Nations Unies) pour chaque vache une réduction des émissions de méthane de -20 %. Les émissions de méthane du troupeau baissent donc comme suit : 50 (vaches) x 20 (litres) x 365 (jours) x 18 (g/l) x 20 % = 1 314 000 grammes de méthane, soit 1 314 000 x 21 = 27 594 000 grammes équivalent CO2. c'est à dire une baisse de 27,59 tonnes de CO2 par an. A titre de comparaison, si une voiture produit en moyenne 127 grammes de CO2 par km, l'action de cet éleveur équivaut pour la planète à une économie de 217 275 km non parcourus par an ! Et pendant ce temps, ces vaches ont produit 1 5333 kg de graisses saturées en moins, qui ne rentreront jamais dans la chaîne alimentaire.

(Source Bleu Blanc Cœur).

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