Aller au contenu principal

Des enjeux qui évoluent et des pistes de travail encourageantes

Après 25 années d’investissement de l’ensemble des acteurs sur les bassins versants, avec les agriculteurs et les Comités Professionnels Agricoles locaux en première ligne, les résultats de la qualité de l’eau se sont nettement améliorés en Bretagne. Néanmoins des défis demeurent. Aussi pour aller plus loin, est-il nécessaire d’innover, d’actionner des leviers en lien avec l’évolution des pratiques et systèmes, en intégrant l’économie et le travail.

Les résultats de la qualité de l’eau se sont nettement améliorés en Bretagne, mais des défis demeurent.

Sur le plan des nitrates, les résultats sont très positifs dans l’eau brute pour approvisionner les populations en eau potable. Après 20 ans de baisse, le taux moyen des cours d’eau bretons est celui du milieu des années 80.
Concernant les algues vertes, les efforts se poursuivent. Les plans de lutte contre la prolifération des algues vertes sont en cours et mobilisent, mais du chemin reste à parcourir.
Concernant les phytos, très surveillées, des molécules focalisent l’attention sur grandes cultures, le S-Métholachlore (désherbage maïs surtout) et le Glyphosate et leurs molécules de dégradation retrouvées très souvent dans les analyses. À ce titre les alternatives au traitement chimique sont de plus en plus vulgarisées (variétés résistantes, désherbage mécanique, couverture maximale des sols…) et adoptées.
La préservation des sols entre dans les priorités d’un nombre croissants d’agriculteurs pour enrayer les fuites de sol liées à l’érosion structurelle (pente, type de sol) et conjoncturelle (phénomènes pluviométriques violents constatés ces dernières années), d’un point de vue agronomique les pistes les plus explorées sont la limitation du travail du sol et la couverture permanente des sols.
Les moyens en appui technique s’adaptent sur les bassins versants. À la demande des agriculteurs, sur les bassins versants on tente, on ose, pour pousser plus loin les investigations en terme de gestion des pointes de travail de l’agriculteur, trouver et vulgariser les meilleures techniques.

 

Bassin Versant de l’Arguenon : les agriculteurs dans la concertation

Michel Raffray, président du Syndicat Mixte Arguenon-Penthièvre (SMAP) et du Syndicat Départemental d’Alimentation en Eau Potable des Côtes d’Armor (SDAEP). Retour sur les actions menées sur le bassin versant de l’Arguenon (22), comptant plus de 700 exploitations agricoles.

Quelles sont les problématiques rencontrées sur le BV ?
Par le passé, nous avons constaté une dégradation de la qualité de l’eau brute (problématiques nitrate, phosphore puis phytos). En concertation, nous avons donc mis en place des actions pour la reconquérir, avec les acteurs locaux : élus et techniciens des collectivités, particuliers et agriculteurs. Aujourd’hui, nous sommes sous les seuils réglementaires. Nous restons bien sûr vigilants, mais c’est plus particulièrement l’enjeu de l'érosion des sols qui nous préoccupe dorénavant, avec 8 tonnes de terre extraites chaque jour dans les eaux pompées au niveau de la retenue d'eau de l'Arguenon.

En pratique sur le terrain ?
Nous (SMAP) finançons des actions de préservation de la qualité de l’eau. Nous nous appuyons sur les organismes agricoles connus et reconnus par les agriculteurs. Grâce à leur expertise et leur connaissance du terrain nous mettons actuellement en place des actions de lutte contre l'érosion hydrique des sols : optimisation de la couverture des sols, désherbage mécanique, agriculture de conservation…

Comment coordonnez-vous ces actions ?
Pour le SMAP, il est hors de question de proposer des actions qui nuisent à l’activité économique des agriculteurs, c’est pourquoi nous avons mis en place, dès le début, en 93, un groupe paritaire composé de moitié d’agriculteurs et d’élus du SMAP. Ce groupe de pilotage se réunit régulièrement, propose et coordonne les actions sur le BV. De plus, nous avons créé des commissions communales composées d’agriculteurs actifs ou en retraite, d’élus mais aussi d’acteurs du terrain, des pêcheurs, des chasseurs, des randonneurs, qui eux aussi connaissent bien le secteur, avec pour objectif de sensibiliser aux enjeux de la qualité de l’eau mais aussi de faire émerger des actions de manière non pas descendantes mais ascendantes. Il n’y a que les agriculteurs eux-mêmes qui connaissent aussi bien leurs terres.

Lise Marrec

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Arrêt de la castration à vif : le ministre présente son plan d'action
Vendredi 19 novembre, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, s'est rendu dans les Côtes-d’Armor, aux…
Le Finistère à l’honneur des Trophées de l’agro-écologie
Le ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation, avec le soutien du Crédit Agricole, organise chaque année les Trophées de l’…
Mettre à profit la biodiversité pour contrôler les ravageurs
La biodiversité est souvent considérée comme une notion abstraite à l’usage des naturalistes. Avec l’avancée des connaissances,…
Y aura-t-il encore de l’élevage demain en Bretagne ?
C’est la question que posent en substance les présidents des chambres d’agriculture de Bretagne, dans une lettre ouverte adressée…
Trop c’est trop

Alors que l’on nous parle de souveraineté alimentaire et de transmission-installation,force est de constater que la…

"Quand on plante, on a de multiples bénéfices"
Planter, gérer, valoriser l’arbre sur le territoire breton, tel est l’objet des premières rencontres bretonnes de l’arbre. Elles…
Publicité