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Diminuer son empreinte carbone en lait : c’est possible

Moins de génisses, moins de concentrés, de meilleurs fourrages, plus de pâturage, moins d’énergie consommée, plus de carbone stocké dans les haies ou les prairies… Autant de leviers actionnés à la ferme expérimentale de Trévarez (29) pour concilier la diminution de l’empreinte carbone tout en maintenant l’efficacité et la rentabilité de l’outil. Moins 20 %, c’est possible.

C’est sur le paramètre azote que le système bas carbone mis en place à Trévarez induit une réduction sensible.

Ce projet bas carbone a été mené par la chambre régionale d’agriculture de Bretagne sur sa ferme expérimentale de Trévarez, à partir de 2018*.

 

Efficace et rentable aussi

Là, sur 120 ha, 120 Prim’holsteins et la suite sont élevées pour 7 500 kg de lait produit par vache. "L’objectif était de diminuer de 20 % notre empreinte carbone en lait", situe de l’ambition Élodie Tranvoiz, en charge du projet de la chambre d’agriculture de Bretagne. Réduire ses émissions de GES pour arriver à une empreinte carbone nette comprise entre 0,8 et 0,9 kgeqCO2/litre de lait. "Il fallait aussi s’assurer de l’efficience du système et de sa rentabilité". Cinq leviers d’action ont été identifiés et évalués à chaque fois en termes d’impact sur la réduction d’émission de GES.

 

Réductions allant du cinquième au tiers

C’est en premier lieu la gestion de la reproduction en s’assurant de faire vieillir avec un taux de réforme inférieur à 30 %, de ne pas élever plus de génisses de renouvellement que nécessaire, 90 à 100 gestations et le reste en croisés, tout en limitant le nombre de jours improductifs, vêlage à 24 mois et en veillant à leur bonne santé. Impact dans la réduction globale d’émission des GES : 10 à 15 %, levier important. Vient ensuite l’alimentation, de 2 à 4 % suivant la qualité des fourrages, leur autoproduction, la réduction de concentré, le remplacement du soja par du colza, l’accès de 25 ares/VL au pâturage… L’opti-misation du rendement fourrager pèsera dans la balance entre 3 et 4 %, avec des fauches précoces, de l’ensilage d’herbe à hauteur de 40 %, de l’enrubannage,... Les économies sur la consommation d’énergie entre 1 et 2 % enfin, le stock de carbone renforcé par le type de prairies et leur renouvellement, l’implantation de haie et l’agroforesterie, encore entre 2 à 8 %…

 

Une baisse significative

Ainsi, les émissions brutes de GES sont passées du système prévalant avant 2018 de 0,95 à 0,92 kgeq/litre de lait pour une empreinte carbone nette passée de 0,84 à 0,82 kg eqCO2/litre de lait. C’est sur le paramètre azote que le système bas carbone mis en place induit une réduction sensible. Pas de quoi cependant créer une aubaine, tout juste une incitation pour les éleveurs qui ont une forte marge d’amélioration. Car en matière de rémunération le marché carbone volontaire démarre tout juste au prix de 35 euros la tonne.

*Essais présentés lors du Forum climat-énergie, le 12 février dernier.

 

Le dessous des cartes

climat-énergie

C’est sous forme d’humus que le sol stocke essentiellement le carbone dont la teneur dépend de la géologie, de la couverture des sols, de la matière organique résiduelle, du mode d’occupation et des pratiques culturales. La Normandie qui s’est penchée sur ses teneurs et leur lente évolution à partir de 30 000 résultats d’analyses, a pu cartographier celui en carbone des 2 millions d’hectares normands. Elles varient de 5 à 2 % pour une moyenne de 3 % a présenté Isabelle Diomard coordinatrice Agro-Environnement – Climat à la chambre d’agriculture de Normandie. Les taux sont plus élevés à l’ouest, région dévolue à l’élevage où les stocks varient de 50 à 80 t de carbone/ha tandis qu’à l’est et ses régions de grandes cultures et de maraîchage, les teneurs sont moindres, comprises entre 30 et 50 t/ha.
Plus de prairies, plus de cultures intermédiaires, développer l’agriculture de conservation des sols sont autant de pistes pour maintenir, voire augmenter, les teneurs dans les sols là où elles sont moindres.   

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