Aller au contenu principal

La bio au fil des saisons : Sabine Maguet, maraîchère à Plouguiel (22)

Sabine, non issue du milieu agricole, s’installe sur le tard et produit ses légumes depuis 2016 sur 1,2 ha. Elle vend l’essentiel de sa production en circuit court, sur les marchés ou dans son magasin à la ferme.

Sabine Maguet.

Auparavant, je travaillais dans l’agro-alimentaire. J’étais une passionnée de jardin et en 2014, j’ai souhaité faire une reconversion professionnelle. J’ai bénéficié d’un congé individuel de formation pour réaliser un BPREA maraîchage à Kernilien (22). J’ai suivi mon conjoint dans le Trégor. N'étant pas du coin, j’ai eu du mal à trouver des terres. Finalement, en 2016, on m’a prêté 3 000 m2 de terrain et j’ai pu démarrer mon activité. Ayant plus de 40 ans je n’ai pas eu droit aux aides, mais mes indemnités de licenciement m’ont aidé à passer le cap. J’ai commencé petit, avec un tunnel de 300 m2, un marché par semaine et une vente au potager. Je n’avais pas grand-chose au début, mais cela m’a permis de me faire connaître et d’apprendre le métier petit à petit. En 2017, j’ai racheté une exploitation de 8 000 m2 avec des tunnels et les ventes déjà en place, ce qui a été un gros avantage par rapport à mes débuts. Et l’année dernière, j’ai loué 2 ha supplémentaires qui m’ont permis d’être plus cohérente au niveau des rotations, d’augmenter ma surface de serre, de pouvoir faire du plein champ, et de développer mon offre. Maintenant, je teste le matériel et mes besoins et je m’équipe progressivement, pour gagner en confort de travail.

 

"Le bio : une évidence pour moi"

J’ai tout de suite converti le terrain, le bio était une évidence pour moi. Je le pratiquais déjà dans mon jardin. Pour moi, à chaque problème, il y a des solutions, généralement préventives, en bio. Il existe beaucoup de moyens à notre disposition, à condition de les connaître. En général, quand on rate une culture, c’est que l’on n’a pas mis en œuvre les bonnes pratiques. La difficulté en maraîchage, c’est qu’on travaille sur beaucoup de légumes différents, et ce n’est pas évident de tout maîtriser, surtout au début.

Un installation tardive et progressive

De l’importance de bien s’entourer : le collectif à tous les étages

Alors, pour apprendre plus vite et mieux, j’ai très vite cherché l’appui de conseillers, j’ai travaillé avec les autres maraîchers du coin avec qui j’ai de bonnes relations. Ensemble, on apprend beaucoup les uns des autres, on s’enrichit et on se sécurise. Et pour moi, ce sont plus des collègues de boulot que des concurrents. Depuis l’année dernière, avec l’appui de la chambre d’agriculture, on se réunit tous les mois avec un groupe d’une quinzaine de maraîchers du secteur. On visite les fermes de chacun-e, on s’inspire, on se donne des coups de main, on se tient au courant.
’ai bénéficié aussi de l’appui de mes voisins, notamment d’un producteur de légumes bio qui avait gardé du petit matériel et qui m’a bien aidé, surtout au départ. Et les résultats sont là, j’ai augmenté mes rendements, je rate moins de cultures, avec le temps je prends de bonnes habitudes. J’avais aussi envie de travailler avec d’autres producteurs du coin et j’ai assez vite monté un petit magasin à la ferme avec mes produits, de la crémerie, du fromage, du pain, des savons, et la communication s’est faite par le bouche-à-oreille.

 

Un métier de passionné

Le maraîchage, c’est un métier dur, physiquement et mentalement. A la pleine saison, entre les récoltes, les marchés, on a peu de temps pour soi et sa famille, surtout quand comme moi on travaille majoritairement seule. Et les plantes n’attendent pas. Mais j’adore la relation que j’ai avec les clients, c’est une vraie récompense, et puis, on travaille pour soi, et hors saison, on peut se permettre de prendre un peu plus le temps.

 

Trois conseils de Sabine

- Le métier est dur et occupe beaucoup l’esprit. Alors, il est important de se préserver, de prendre soin de son corps et de sa tête. Moi par exemple, je fais 2 h par semaine d’aquagym, de yoga.
- Pour se sécuriser, il est important de s’entourer, de prendre conseil auprès de ses pairs, de conseillers, de faire partie de groupes.
- Eviter de rentrer dans l’engrenage des emprunts, des investissements à tout va auxquels poussent souvent les banques, surtout si ça ne cadre pas avec son projet de départ. C’est important de ne pas s’agrandir trop vite, pour ne pas se perdre en route.

 

Catherine Le Bec / Kerbreiz Lacaune - Plonévez du Faou (29) éleveuse de brebis laitières

Catherine Le Bec.

"Actuellement, nous sommes bien occupés par les agnelages"

Les agnelages ont démarré fin octobre et s’échelonnent tout le mois de novembre. C’est la période la plus chargée de l’année. Je me dois d’être présente pour assurer que tout se passe bien : il faut que les agneaux trouvent leur mère. C’est tout d’abord les brebis puis ce sera les agnelles en janvier février. Nous redémarrons ainsi les traites pour livrer la laiterie à partir de fin novembre. Les premiers agneaux vont bientôt partir. Je suis satisfaite de ce début de saison laitière avec un stock fourrager important surtout en enrubanné. L’orge récoltée sera apportée en bergerie pour brebis et agnelles. Le maïs grain va être récolté dès que possible. Il sera distribué aux brebis en lactation. Je serai plus disponible à la fin du mois.   / Paul Landrain

 

 

Maxime et Éric Botuha / EARL Kastell Deur - Pluvigner (56) producteur de cultures et de porcs bio

Maxime et Éric Botuha.

"Nous sommes globalement satisfaits des récoltes de cette année"

Nous sommes globalement satisfaits même si le grain a nécessité une ventilation en continu pendant une longue période. En effet, les conditions de récoltes ont été difficiles cette année, et le grain n’était pas suffisamment sec pour pouvoir le conserver en l’état. Nous venons d’arrêter la ventilation cette semaine, le grain semble stabilisé. Le maïs grain sera récolté la semaine prochaine, ensuite nous commencerons les semis de céréales d’hiver, ainsi que les semis de mélanges céréales / protéagineux. Ils seront récoltés en grains et utilisés comme l’ensemble de notre production pour l’alimentation des porcs. /  Caroline Cocoual

 

Aurore Donio / Le Tronchet (35) éleveuse caprine avec un atelier de transformation laitière

Aurore Donio.

"C’est la saison des amours ici !"

Les chaleurs des 41 chèvres ont démarré fin août. Pour les 25 chevrettes de renouvellement, les chaleurs sont plus tardives, elles ont démarré début octobre. On arrive en fin de lactation avec seulement 12 l de lait produit par jour. Cette année est exceptionnelle sur le plan de la quantité et de la qualité des fourrages, on a une belle qualité de lait, riche en matière grasse. A cette période, on ne fait plus que trois marchés par semaine. Je m’adapte à la demande des clients et, avec la production de lait qui se réduit, je me concentre sur les yaourts pour le lait de chèvre. On complète au labo avec le lait de vache bio de l’exploitation familiale voisine pour maintenir un étal diversifié avec des fromages blancs, de la faisselle et du riz au lait. Fin novembre, on fera une pause de deux mois pour la traite des chèvres. /  Soazig Perche

 

Sabine Maguet / Plouguiel (22) maraîchère

Sabine Maguet.

"Fin d’été : le grand nettoyage avant la saison nouvelle"

En ce moment, je prépare l’hiver et la saison nouvelle : il faut ranger la ferme, vider les serres, remettre les champs au propre. Actuellement je plante les épinards, les mâches, le mesclun pour les marchés de cet hiver, et je commence à mettre en place les futures cultures de printemps comme l’oignon blanc par exemple. Cette période est plus calme, j’en profite pour souffler un peu car à la fin de l’été, je suis souvent sur les rotules, j’ai accumulé beaucoup de fatigue. Comme j’ai plus de temps, je peux me poser pour faire un premier bilan de l’année écoulée et pour planifier les cultures de l’année suivante.  / Sarah Bascou

 

 

Matthias Tonneau / Plouguernevel (22)  éleveur de porcs biologiques

Mtthias Tonneau.

"La concrétisation de mon projet d'agrandissement de cheptel"

Dans quelques semaines, je m’apprête à réformer toutes les truies, neuf au total, de mon atelier naisseur-engraisseur en plein-air. L’année 2022, c’est l’année de concrétisation de mon projet d’agrandissement de cheptel (28 truies) et de conversion en bâtiment. C’est aussi celle de l’auto-construction de la maison familiale sur le site de l’élevage. Le projet d’une vie en quelque sorte… avec un œil sur l’avenir et l’autre sur l’indispensable suivi de chantier ! /  Aude Roué

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Arrêt de la castration à vif : le ministre présente son plan d'action
Vendredi 19 novembre, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, s'est rendu dans les Côtes-d’Armor, aux…
Le Finistère à l’honneur des Trophées de l’agro-écologie
Le ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation, avec le soutien du Crédit Agricole, organise chaque année les Trophées de l’…
Mettre à profit la biodiversité pour contrôler les ravageurs
La biodiversité est souvent considérée comme une notion abstraite à l’usage des naturalistes. Avec l’avancée des connaissances,…
Trop c’est trop

Alors que l’on nous parle de souveraineté alimentaire et de transmission-installation,force est de constater que la…

Égalité dans les territoires ruraux : mais où sont les femmes !
"Femmes et ruralité : en finir avec les zones blanches de l’égalité", tel est le titre du rapport d’information que vient de…
Prophylaxie bovine : quid de la nouvelle réglementation ?
La loi de santé animale (LSA) fixe les grands principes de prévention et d’éradication des maladies animales et impose pour la…
Publicité