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Le Finistère à l’honneur des Trophées de l’agro-écologie

Le ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation, avec le soutien du Crédit Agricole, organise chaque année les Trophées de l’agro-écologie. Ceux-ci récompensent des démarches innovantes, individuelles ou collectives, exemplaires d’une agriculture à la fois productive et respectueuse de l’environnement et des femmes et des hommes qui la font vivre. Cette année, Hélène Le Roux, la présidente de Res’Agri 29, a reçu le grand prix de la démarche collective pour le travail du groupe* GIEE "Explorons la diversité".

Échanger et partager les expériences sont les moteurs du groupe lauréat des Trophées de l’agro-écologie, constitué désormais de 35 membres dont la moitié de jeunes installés depuis moins de cinq ans. Leurs objectifs sont de valoriser au maximum le pâturage et de produire du lait à faible coût tout en réduisant l’impact environnemental.

Res’Agri 29 fédère une cinquantaine de groupes travaillant sur des sujets importants et innovants, par exemple la communication sur l’agriculture, la place des femmes, les techniques culturales simplifiées, la triple performance économique, environnementale et sociale des exploitations… Le ministère, en décernant le grand prix de la démarche collective des Trophées de l’agro-écologie à l’association, met en lumière l’un d’entre eux. Ce groupe "explore la diversité" des solutions et poursuit un triple objectif : valoriser au maximum le pâturage, produire du lait à faible coût et réduire l’impact environnemental.

 

De multiples bénéfices à partager en groupe

En regardant dans le rétroviseur, Philippe Bouard, membre de longue date, témoigne : "Le groupe est né lors de la crise du lait autour de la volonté de construire des fermes laitières économes, autonomes et rentables. Nous avons eu la chance de réaliser deux voyages d’étude en Angleterre et en Nouvelle-Zélande et de réfléchir à la mise en place de fermes laitières valorisant au maximum le pâturage. Cela nous a permis de tester de nouvelles techniques : par exemple, implantation de plantain et de chicorée dans les pâtures, groupage des vêlages, croisement de races, vaches nourrices… Au fil du temps, notre collectif s’est renforcé. Nous sommes désormais 35 membres avec la moitié de jeunes installés depuis moins de cinq ans".
Chantal Cabon insiste sur tout le bénéfice apporté par la mutualisation des expériences : "Pendant la durée de ce projet, il a été intéressant de partager avec les membres du groupe, d’évaluer les points forts mais aussi les inconvénients des stratégies des uns et des autres. Nous suivons chaque année la progression d’indicateurs techniques et économiques. Nous savons que nos exploitations sont capables de dégager une bonne valeur ajoutée pour 1 000 litres, mais comme nous produisons des volumes plus faibles, cela pénalise parfois la rentabilité. C’est très intéressant de pouvoir en toute transparence suivre les trajectoires des uns et des autres lors de nos rencontres quatre à six fois par an".
Isabelle Pailler insiste quant à elle sur les liens forts et la solidarité qui se tissent entre les participants. Son rôle en tant qu’animatrice est d’être le ciment de ce groupe. Comme le souligne Lucie Winckler, "elle connait bien les différentes situations individuelles, elle est en mesure de mettre en lumière les initiatives intéressantes. Elle fait la synthèse des résultats et les diffuse au plus grand nombre".

Nous étions le seul groupe en France à disposer de tels résultats sur le croisement de races.

Une montagne de connaissances empiriques

Pendant les trois ans et demi du projet, les actions ont été nombreuses et sont difficiles à résumer en quelques mots. Ce groupe s’est constitué une boîte à outils autour de l’organisation du travail. Les membres y piochent à l’envi pour adapter leurs conduites d’élevage et valoriser au mieux le pâturage avec des pratiques très économes. Ils ont capitalisé tous ces tests et expériences. Par exemple, sur le croisement de races, ils n’avaient pas de références. Alors, avec l’aide de leur stagiaire, Sandy Cloet, ils ont scruté les performances techniques et économiques des vaches croisées dans les différents élevages sur une période de quatre ans. Lors de la mise en commun, ils ont identifié les croisements les plus productifs et les mieux adaptés à leurs systèmes tout herbe. "Comme nous étions le seul groupe en France à disposer de résultats de cette nature, nos travaux ont intéressé des chercheurs de l’Inrae et de l’Institut de l’élevage. Nous nous sommes rapprochés de fermes expérimentales. Et maintenant, nous avons des échanges avec des chercheurs et des éleveurs partout en France. C’est super riche !", commente Alain Normant.

Ce grand prix de la démarche collective récompense le groupe de Res’Agri 29 et sa démarche originale pour améliorer la triple performance économique, sociale et environnementale.

750 personnes accueillies sur leurs exploitations

Ce groupe est une très bonne illustration de ce que le travail collectif peut apporter de meilleur pour l’évolution des exploitations. Jean-Hervé Caugant souligne combien chaque expérience compte. "À partir de ce travail collectif, chacun peut enrichir son propre projet. Le groupe est ainsi une source de connaissances empiriques et d’innovations. Il permet aussi de se rassurer et d’oser tester". Lors des trois ans et demi de projet, les éleveurs ont témoigné sur leurs pratiques et leurs résultats. Ils ont accueilli 70 groupes, soit plus de 750 personnes, sur leurs exploitations et ainsi participé à faire germer dans d’autres têtes que des changements sont possibles.
En conclusion de la remise des prix, Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation a déclaré : "L'agro-écologie est au cœur de nos exploitations et de notre modèle agricole. Elle est portée par des femmes et des hommes qui innovent, se mobilisent et mettent tout leur savoir-faire au service de cette transition. C'est là toute l'ambition de ces Trophées de l'agro-écologie ; saluer ceux qui portent des projets novateurs et inspirants".

* Groupement d'intérêt économique et environnemental

 

 

Prix de l’innovation : mention pour le Gaec de Trévarn à Saint Urbain (29)

Les prairies permanentes assurent 100% de l’alimentation du troupeau.
© jf-glinec

Face à la difficulté de départager les exploitations en lice, le jury des Trophées de l’agroécologie a souhaité attribuer une mention à Jean-François et Olivier Glinec, associés du Gaec de Trévarn depuis plus de vingt-cinq ans. Ils exploitent 72 hectares de prairies permanentes multi-espèces et 70 vaches laitières, issues de croisements 5 voies et conduites en vêlages groupés de printemps, dans un système biologique 100 % herbager. Ils ont conduit sur une vingtaine d’années une transition d’un système plutôt intensif peu performant économiquement à un système avec très peu d’intrants. Les associés peuvent se dégager un revenu très correct et disposent de temps pour s’investir dans la connaissance de la biodiversité et la participation à des travaux d’enseignement, de recherche et de diffusion. Le jury a été séduit par la belle dynamique territoriale favorisée par ces éleveurs sur leur hameau qui désormais revit. Ils ont permis l'installation de nouvelles activités. Tout d’abord, Estelle, la maraichère, a repris un hectare au Gaec pour créer la ferme de la Mignonne (du nom de la rivière qui passe à Saint Urbain) et vend localement des légumes biologiques variés. Un bâtiment agricole est rénové pour devenir la brasserie de Trévarn où Gwenaël produit sa gamme de bières Mignonne. Plus récemment, Craig, le fromager arrivé de Brooklyn, a monté la fromagerie de Trévarn et y transforme une partie du lait. D’autres projets pourraient dans les prochaines années voir le jour et contribuer aux nombreux échanges qui ont déjà lieu sur place.

 

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