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Avec les Breiz’ters, découvrez Roscoff autrement

Passionnés d’histoire locale et souhaitant la partager avec le plus grand nombre, les Breiz’ters proposent aux gens de passage de découvrir autrement leur ville. Retraitée de la chambre d’agriculture du Finistère, Maryse Ollivier a rejoint l’équipe de Roscoff il y a trois ans. Petite balade accompagnée dans la cité corsaire.

"Endroit idéal pour une première approche de Roscoff", la chapelle Sainte Barbe permet de découvrir une bonne partie de la ville, à l’abri derrière le quai et l’embarcadère pour l’île de Batz.

En cet après-midi ensoleillé, sac à dos solidement arrimé, chaussures confortables aux pieds, notre guide arrive d’un pas alerte à l’office de tourisme de Roscoff, notre point de rendez-vous. "Ah, mais je ne suis en aucun cas un guide touristique", corrige aussitôt Maryse Ollivier. Voilà quelques années que la station balnéaire finistérienne propose des balades en ville, sous la houlette de Breiz’ters. Un peu à l’image des Greeters anglosaxons, ces bénévoles partagent avec les gens de passage leur passion pour leur ville, dont ils dévoilent avec fierté l’histoire et "leurs" coins secrets.

Roscoff

Passionnée par l’histoire de la ville

Conseillère à la chambre d’agriculture durant toute sa carrière professionnelle, la jeune retraitée a mis le pied à l’étrier un peu par hasard. "L’Arma, l’association des retraités de la maison de l’agriculture, organise un voyage tous les ans". Et Laurent Blouet, ancien directeur de la station expérimentale du Caté et ancien responsable de l’antenne de la chambre d’agriculture de Saint-Pol-de-Léon la sollicite pour une visite guidée de Roscoff.
"À l’époque, j’étais adjointe au maire, en charge de l’urbanisme. Je connaissais bien la ville". Elle se prend au jeu, plongeant dans les ouvrages et sur Internet pour piocher de quoi agrémenter la visite d’1h30. "Mes anciens collègues ont trouvé ça intéressant. Et je me suis sentie à l’aise dans l’exercice". Aussi quand Lina Catois, l’une des Breiz’ters de Roscoff, la sollicite, elle n’hésite pas bien longtemps. Et "pour être à la hauteur", se replonge illico dans sa documentation. "L’histoire de Roscoff me passionne. Mais j’ai toujours peur de ne pas savoir répondre aux questions. C’est pour ça que je pars toujours avec mon sac à dos rempli d’ouvrages". Un "reste" de la chambre d’agriculture, où certains agriculteurs lui demandaient si elle se déplaçait avec sa science sur le dos. "Mais je l’ouvre rarement, juste pour vérifier certaines dates".

Roscoff

Une fois par semaine

Voilà trois ans que Maryse assure les visites, d’un bout à l’autre de l’année. Bénévole, elle limite sa participation à une fois par semaine, pour des couples, des familles, des groupes d’amis… "En retraite, un peu d’exercice, ça conserve, apprécie-t-elle. C’est intéressant de garder un sujet d’études. Ca m’oblige à rester vigilante sur ce qui se passe en ville. D’une visite à l’autre, j’approfondis certaines questions. Et quand je ne sais pas, je me renseigne et j’envoie la réponse par mail dès que je l’ai trouvée".

J’adore raconter la petite histoire dans la grande.

De la chapelle Sainte Barbe...

"Je commence toujours la visite par Sainte Barbe : c’est l’endroit idéal pour une première approche de Roscoff". À peine le temps de vérifier que ses hôtes d’un jour marchent sans difficulté, et voilà le groupe en route vers la chapelle, qui surplombe la ville. Chemin faisant, une première halte permet de découvrir le phare et son histoire. Puis, c’est au tour du Clos Marie, la maison de Liane de Pougy. Considérée comme la plus belle femme de son siècle, elle suscite de folles passions et se fait entretenir par quelques têtes couronnées. Fortune faite, à 41 ans, elle se marie avec un prince de la famille régnante de Roumanie avant d’entrer dans les ordres, à 74 ans. À Roscoff, qu’elle fréquentera une bonne vingtaine d’années, elle défraie aussi la

Roscoff

… à l’épopée des légumiers léonards

"J’adore raconter la petite histoire dans la grande", conclut Maryse Ollivier, qui ne manque pas d’évoquer les Johnnies, qui partaient vendre leurs oignons en Angleterre dès le XIXe siècle. Ou l’épopée des légumiers de la ceinture dorée léonarde qui, sous la houlette d’Alexis Gourvennec, se regroupèrent au sein de la Sica de Saint-Pol. Et qui, faute de parvenir à trouver un armateur et un bateau pour expédier leurs légumes en Angleterre, "aussi proche de Roscoff que ne l’est Paris", finirent par créer eux-mêmes une compagnie maritime, BAI, Bretagne Angleterre Irlande, rebaptisée depuis Brittany Ferries.
Cité corsaire, la ville abrite aussi de riches demeures d’armateurs. Et même un blockhaus d’abord transformé en boîte de nuit avant de se reconvertir en maison d’habitation. Autant de curiosités à découvrir lors de votre prochaine visite à Roscoff, guidé par un Breiz’ter !

Roscoff

 

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