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Foodrest veut réduire le gaspillage des fruits et légumes par les ménages

À eux seuls, les ménages produisent 53 % des déchets alimentaires en Europe. Les fruits et légumes frais constituant les volumes les plus importants de ces déchets, le projet Foodrest va s’attacher à mieux comprendre les raisons de ce gaspillage, avant de diffuser des recommandations en matière d’hygiène et de conservation à domicile.

L’UBO, l’université de Bretagne occidentale lance une étude pour mieux cerner le gaspillage des fruits et légumes frais par les ménages.
© Claire Le Clève

Parmi le gaspillage alimentaire des ménages, les fruits et légumes frais figurent en première position. "Plusieurs facteurs influencent ce gaspillage", détaille Patrick Gabriel, professeur à l’UBO, l'université de Bretagne occidentale, et coordinateur du projet Foodrest. "Si leurs propres enzymes participent à l’altération des fruits et légumes frais, des micro-organismes, champignons ou bactéries, présents dans les réfrigérateurs familiaux et les lieux de stockage à l’air libre, entrent également en jeu".

 

Jeter ou consommer ?

Une fois le fruit ou le légume abîmé, comment va réagir le consommateur ? "Il est sensible à l’aspect et à l’odeur du produit", indique Jérôme Mounier, chercheur au Lubem, le laboratoire universitaire de biodiversité et d’écologie microbienne. "Nous voulons évaluer comment il juge de la maturité et du caractère consommable des fruits et légumes frais. Et comprendre comment il va gérer une carotte ou une salade un peu flétrie, une pomme présentant une altération... Couper le morceau abîmé et manger le reste ? Jeter le tout à la poubelle ?". Des pratiques différentes selon les individus, et sur lesquelles va se pencher le Lego, le laboratoire d’économie et de gestion de l’Ouest.

 

Nettoyer

"Pour réduire le gaspillage des fruits et légumes et le coût économique et environnemental qui y est associé, Foodrest va proposer des recommandations en matière d'hygiène, à la fois efficaces et acceptables par les ménages", détaille Patrick Gabriel. Grâce à une enquête terrain auprès d’une cinquantaine de ménages, le projet va d'abord mieux connaître les pratiques en termes de lieux et méthodes de conservation des fruits et légumes frais. Une étude des écosystèmes microbiens permettra ensuite aux chercheurs d’identifier les micro-organismes responsables de l’altération. Puis une enquête auprès de 1 000 foyers se penchera sur les pratiques de nettoyage des lieux de stockage. "Nous allons aussi évaluer l’efficacité des différentes méthodes, rajoute Jérôme Mounier. Si, pour le réfrigérateur, c’est l’eau de Javel qui est recommandée, des pratiques alternatives, comme le vinaigre blanc ou le bicarbonate de soude, sont aussi utilisées".

 

Changer de pratiques

Forts de toutes ces informations, les deux laboratoires de l'UBO vont ensuite rédiger des recommandations quant aux meilleures pratiques d’hygiène pour prévenir l’altération des fruits et légumes. Mais encore faut-il que le message passe ! "Nous allons créer différents outils de communication, sur des supports digitaux ou physiques, que nous allons tester auprès de 350 foyers, détaille Annick Tamaro, du laboratoire Lego. Et voir lesquels sont les plus efficaces pour que les ménages adoptent ces recommandations, en mesurant leurs pratiques 10 jours puis deux mois après les avoir reçues".

 

Un projet original

"Foodrest est un projet original, souligne Patrick Gabriel. C’est la première fois, à l’UBO, que deux unités de recherche, en sciences humaines et biologie, unissent leurs compétences et bossent ensemble". Mené en partenariat avec l’Anses et l’Ademe, il a été financé par l’ANR, l’agence nationale de la recherche, "ce qui est très rare puisque seuls 16 % des projets présentés sont retenus". Une première qui a donné des idées aux deux équipes. "Il a donné naissance à un autre projet, d’alimentation 3 D et un troisième est en cours de finalisation".

 

Pratique

Vous souhaitez participer à cette démarche de science participative ? Foodrest est à la recherche d’une cinquantaine de foyers sur l’agglomération brestoise et les communautés de communes des pays d’Iroise, des Abers et de Landerneau Daoulas, "pour limiter les déplacements des chercheurs". En effet, ceux-ci se rendront au domicile des volontaires à plusieurs reprises, au printemps et à l’automne, pour des entretiens, des prélèvements dans les frigos ou les panières à légumes, des mesures de quantités de fruits et légumes altérés...
Inscriptions jusqu’au 12 avril sur http ://bit.ly/380zsZr
Le sujet de la lutte contre le gaspillage des fruits et légumes frais vous intéresse ? Vous pourrez retrouver tous les résultats au fur et à mesure de l’avancement du projet sur la page Facebook de Foodrest ou le sites Internet des labos Lego et Lubem.

 

Le projet Foodrest en quelques chiffres

- 4 ans,
- 2 unités de recherche et 9 chercheurs,
- 2 partenaires, Ademe et Anses,
- Labellisé Valorial,
- 1 500 participants,
- 558 000 € de budget, accordé par l’ANR, l’agence nationale de la recherche.

 

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