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À Plurien, les salariés participent à la gestion de la Cuma

Des Cumistes de toute la France se sont rendus en Côtes d'Armor pour trois jours de forum dédiés à l'emploi et au travail en Cuma. Ils ont découvert le fonctionnement de la Cuma de Plurien, la plus grosse Cuma bretonne avec ses douze salariés. Depuis très longtemps, les salariés sont impliqués dans le fonctionnement de la coopérative créée en 1946. Présentation d'une Cuma atypique.

Visite de la Cuma de Plurien par les participants au forum de la Fédération nationale des Cuma.

À Plurien, Nicolas Béret est salarié mais aussi administrateur et trésorier de la Cuma depuis 2015 (sous le statut de "tiers associé non coopérateur"). Et il n'est pas le premier ! À la Cuma de Plurien, c'est ancré dans les moeurs, deux autres salariés ont déjà endossé cette mission. En effet, en 1966, Jean-Claude Méheust est le premier à porter les deux casquettes de salarié et de trésorier parmi les membres du conseil d'administration. "Ici le conseil d'administration délègue beaucoup", indique son président Philippe Boulard. "Ce n'est pas pour autant que le trésorier décide d'acheter tel tracteur. C'est le conseil d'administration qui fait le choix selon le produit, la marque et le prix", prévient-il.

Nous pouvons mettre jusqu'à 9 personnes sur un chantier.

Nicolas Béret, salarié depuis 2009 après deux ans d'apprentissage, est le 3e trésorier de la Cuma.

Une Cuma de douze salariés permanents

Parmi les douze salariés, trois salariés gèrent également la Cuma. En effet, si Nicolas Béret a en charge l'administratif et le planning (en partie), il est épaulé par Emmanuel Omnes pour le planning et Florian Le Mercier pour la répartition du travail dans l'atelier. Avec les difficultés de recrutement des saisonniers et des apprentis trop jeunes pour la conduite, la Cuma avec ses 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires s'est orientée vers l'emploi permanent. L'esprit de délégation et la diversification des activités des adhérents exploitants a fait croître les besoins en main d'œuvre à douze salariés en CDI depuis 2020. À la recherche de compétences en conduite, mécanique (surtout) et agronomie, la Cuma demande à son personnel d'être polyvalent et autonome car "les adhérents délèguent beaucoup". "Nous sommes capables de réaliser un chantier complet d'ensilage : nous pouvons mettre jusqu'à 9 personnes sur un chantier, nous couvrons les tas...", explique Philippe Boulard.
Les salariés se composent d'un cadre, d'un agent de maîtrise, d'un technicien et de neuf ouvriers. La formation pour les plus jeunes est inscrite dans le quotidien, en binôme jeune/ancien et chez les concessionnaires pour les automoteurs. La formation en agronomie est aussi requise pour venir en appui aux adhérents. Sur douze salariés, sept sont issus de l'apprentissage (niveau baccalauréat, BTS et CS). "Ici c'est 18 ans minimum, même l'été", indique Nicolas Béret. La dernière apprentie embauchée est Nolwenn Renault, seule femme dans ce milieu d'hommes. Décrite comme "une jeune femme de caractère, motivée par les tâches techniques", elle a su s'imposer. Dans un domaine où l'emploi est en tension, en plus de l'autonomie, le temps de travail est modulé en période plus creuse. "De la mi-novembre à fin février (mi-mars), le travail est de quatre jours par semaine", ajoute Nicolas Béret, qui parle "d'esprit de famille" avec trois repas par an entre les salariés et les administrateurs (et leur famille) ou encore l'accès au Cesa, le comité d'entreprise dédié aux salariés de l'agriculture.

 

1 000 salariés permanents dans les Cuma de l'Ouest

Organisé tous les deux ans par la Fédération nationale des Cuma, le Forum national "Emploi et travail en Cuma" réunit les administrateurs et les animateurs du réseau autour de l'organisation du travail et du développement de l'emploi. Pour la première fois en Bretagne, il s'est déroulé du 3 au 5 novembre à Erquy en Côtes d'Armor.
Les Cuma emploient 5 000 salariés sur le territoire national. "En Bretagne, sur 650 Cuma, 30 % sont employeurs de main d'œuvre, l'équivalent de 350 salariés permanents sans les saisonniers. À l'Ouest, on atteint le cap des 1 000", indique Laurent Guernion, président de la FRCuma Ouest.
Ici à Plurien, les agriculteurs (150 adhérents actifs dont la moitié en production porcine) sont demandeurs de main d'œuvre salariée en prestations complètes. Depuis 2016, la loi Travail permet aussi aux Cuma d'être groupement d'employeur à part entière. Quelle physionomie auront les Cuma demain ? Seront-elles tournées vers plus de main d'œuvre pour pallier le manque de temps des exploitants agricoles à la tête de structures plus grosses ? Quoi qu'il en soit, le modèle de la Cuma de Plurien ouvre des perspectives pour "attirer" les salariés.

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