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La bio au fil des saisons : Yann Pitois, éleveur de vaches allaitantes, à Mecé (35)

En agriculture biologique depuis son installation en 2009, Yann cherche à être le plus autonome possible sur son exploitation, en maîtrisant les aspects techniques et les différentes possibilités de commercialisation.

Yann Pitois, éleveur de vaches allaitantes, à Mecé (35).

Je dispose de 67 ha de SAU, répartis entre 58 ha de prairies, dont 23 ha de prairies naturelles, et 9 ha de méteil intra consommés et vendus. Le troupeau est composé de 50 vaches allaitantes (35 Limousines et 15 Angus). Je me suis installé avec un troupeau de Blonde d'Aquitaine, mais j’ai choisi de changer de race pour privilégier des races plus rustiques et adaptées à un système en production biologique. Les vêlages se font tous au printemps (30 veaux du 10 mars au 10 avril) pour caler la production laitière des vaches sur la pousse de l’herbe. Je garde 30 génisses par an. Avec des terres correctes mais humides et tardives, j’adapte mon chargement au potentiel fourrager. Depuis mon installation, ce critère évolue positivement (1,74 UGB/ha de SFP). Je pense que la productivité fourragère s’est améliorée par le renouvellement des prairies, la gestion du pâturage, la fertilisation organique et l’implantation de dérobée.

À la recherche de l’autonomie.

L'autonomie comme mot d'ordre

L’autonomie est essentielle pour moi, notamment sur l’aspect alimentaire, où elle est primordiale en agriculture biologique. Mais elle est tout aussi importante sur les prises de décisions, la comptabilité, la génétique ou bien encore sur la commercialisation. En système bovin viande bio, il est nécessaire d’être autonome et économe pour dégager une certaine rentabilité économique. Cela va aussi dans le sens de la préservation des ressources naturelles. Pour moi, être productif c’est produire avec les éléments présents sur la ferme en limitant mon impact sur l’environnement, sans priver les autres paysans dans le monde de leurs ressources.
J’achète malgré tout du maïs épi (6 t/an) pour complémenter les animaux en finition ou sur la période hivernale. Mais l’objectif premier est d’alimenter le troupeau par un fourrage à moindre coût : le pâturage. Je fonctionne en paddock de un à trois jours. C’est plus de travail mais je gagne en productivité et en pérennité des prairies. J’implante systématiquement des prairies multi espèces adaptées à mon contexte pédoclimatique, et j’apporte 6 à 7 tonnes de fumier/ha/an à l’automne.
Avant le semis d’un méteil, après méteil ou prairie, je sème dorénavant une dérobée composée essentiellement de colza fourrager, afin qu’elle soit pâturée sur la fin de l’été. Cela me permet de faire du stock sur pied en septembre dans les prairies. Cette herbe sera alors disponible à l’automne et sur l’hiver pour une partie du troupeau. Je cherche à favoriser un maximum de croissance avant la rentrée des animaux au bâtiment. À partir du 1er mars, les animaux retournent au pâturage progressivement à raison de deux à trois animaux/ha en fonction de la portance des parcelles. Pendant trois semaines, je fonctionne comme un éleveur laitier. Les vaches reviennent en bâtiment tous les soirs. Une saison de pâturage réussie passe avant tout par un bon déprimage.

 

Une commercialisation diversifiée

La finition des animaux adultes (vaches et génisses) s’effectue à partir de juillet sur trois à quatre mois en bâtiment avec de l’enrubannage à volonté et un peu de foin. Ils sont complémentés par 4 kg de méteil issus de l’exploitation et 1 kg de maïs épi. Les Angus demandent moins de temps de finition comparé aux Limousines. La moitié des 30 animaux adultes (440 kg de carcasse en moyenne) sont vendus en direct (par le magasin de producteurs Brin d’herbe et à la ferme) l’autre moitié en filière longue (BVB). 8 veaux par an sont vendus en caissette, 8 à 10 broutards dans le circuit classique conventionnel et 1 ou 2 en reproducteurs. Ma volonté est de diversifier les débouchés pour ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. Chaque filière a ses avantages/inconvénients. Je souhaite avant tout savoir où sont commercialisés mes produits. Produire de la viande bio consommée localement a du sens à mes yeux.

 

Trois conseils de Yann :

- S’installer et produire de la viande bio demande à être performant sur les aspects techniques.
- Un système autonome et économe est de rigueur pour garantir un résultat économique positif et satisfaisant.
- Sécuriser et diversifier ses débouchés est essentiel.

 

 

Gilles et Ghislaine Gelansalut, Gaec du Plessis / Taulé (29), Producteurs de légumes et de céréales

"Dernière campagne de choux fleurs en conventionnel"

Gilles et Ghislaine Delansalut

Nous sommes en pleine récolte de choux fleurs. Il s’agit de notre dernière saison en production conventionnelle pour cette culture. En effet, nous avons choisi de faire notre conversion en trois fois, et en évitant de produire du chou-fleur sur des parcelles en conversion (pas de valorisation du chou-fleur en C1 ou C2). À partir de 2021, la moitié de l’exploitation sera en bio, un quart sera en C1 et cultivé en céréales de printemps, et le dernier quart qui sera en C2 est destiné à la production de légumes d’industrie. Les prochains choux plantés cet été seront donc en production biologique, sur une surface quasi-équivalente à notre production actuelle (9 ha au lieu de 10). Ils seront mis en place après un couvert avoine / seigle implanté derrière du pois et haricot d’industrie. Nous comptons réaliser une mesure de l’azote disponible avant plantation des choux pour ajuster notre fertilisation.  / Benoît Nézet  et Marine Salaun

 

Kristen Le Boedec / Mael-Carhaix (22), éleveur de poules pondeuses bio et de porcs en post-sevrage-engraissement

kristen le boedec

"L’hiver, une période plus calme pour souffler un peu"

Début novembre, j’ai fini de semer le seigle et le mélange blé-pois, et j’ai récolté mon dernier maïs grain en sans labour. Je suis content du résultat ; j’ai fait peu d’interventions au final, le champ était très propre, et le rendement de 110 Qx.
À partir de mi-novembre j’ai préparé le sol sur 7-8 cm et j’ai semé dans la foulée mon triticale pois. Les volailles sont toujours confinées depuis l’arrêté, c’est bien dommage. Côté porcs, je finis la mise en conformité de la biosécurité, la création de nouvelles trappes, et d’un parc pour les porcelets en post-sevrage. En décembre, Blédina est venu tourner un reportage sur la pomme de terre bio en conservation des sols. La période est plus calme, j’en profite pour nettoyer et entretenir mon matériel de culture, faire la paperasse, des tests bêche au champ, la taille des haies… Bref, je ne m’ennuie pas ! / Sarah Bascou

 

Christelle Martin et Mikaël Gergaud / Noyal-Muzillac (56), éleveurs vl - transformateurs

christelle martin et mikaël gergaud

"Maîtriser le renouvellement"

Le pâturage a duré jusqu’au 15 décembre. A la sortie de chaque paddock les refus étaient fauchés et nous faisions passer les taries pour bien nettoyer et éviter le développement de touffes de dactyle. Les vaches sont désormais en bâtiment avec 3 kg de maïs épi, 14 kg de foin séché (un mélange de foin de méteil, foin d’automne et de printemps) et 1,8 kg de concentrés. Les vaches produisent 21,4 litres par jour. Afin d’améliorer notre autonomie alimentaire nous avons revu notre stratégie de renouvellement. Nous avons un lot de 10 génisses de 1 an à vendre et on se fixe un objectif de 20 % de renouvellement avec des vêlages de septembre à décembre. / Romain Rétif

 

Yann Pitois / Mecé (35), éleveur de vaches allaitantes

yann Pithois

"Prendre du recul, et consacrer du temps à la famille"

La plupart des animaux sont en bâtiment. Une petite vingtaine de bêtes sont encore dehors au pâturage exclusif. À raison de 2 à 3 animaux/ha, je profite du pâturage hivernal pour maintenir une croissance à moindre coût. Les vaches taries sont actuellement alimentées seulement en foin. Les génisses de renouvellement sont rationnées à 70 % d’enrubannage et 30 % de foin avec un complément de méteil grain (1 kg) et maïs épis (0,5 kg). Cette période hivernale est pour moi l’occasion de réaliser ma comptabilité. Elle est aussi propice à la réflexion de projets professionnels ou privés. Je profite d’ailleurs de ce moment pour me libérer davantage et consacrer du temps à la famille. / Stéphane Boulent

 

Sarah Mell, ferme Grain de Méliss / Hédé-Bazouges (35), productrice de PPAM (plantes à parfum aromatiques et médicinales)

Sarah Mell

"Un temps pour le bilan et les derniers ajustements d'assolement 2021"

Sur le plan commercial, la mise en place d’une boutique en ligne, le maintien de plusieurs marchés à la ferme et l’amélioration de notre visibilité sur les réseaux sociaux, ont permis d’augmenter notre chiffre d’affaires de fin d’année malgré le confinement de novembre. L’activité commerciale prioritaire est maintenant le réassort des points de vente des partenaires. Une journée par semaine est consacrée aux derniers chantiers de taille (rosier, verveine citronnelle), à l’entretien du matériel et des tunnels. Je surveille les planches de menthes bâchées après un désherbage grossier à l’automne. L’occultation détruit les adventices mais il faut débâcher au redémarrage des menthes. Je réajuste aussi en ce moment l’assolement et les commandes des plants. À la ferme, les semis (aneth, fenouil, fleurs comestibles, mélisses) démarrent en février sur plaque de 80 micro-mottes, sous abri froid et sur nappe chauffante. Les plants sont ensuite acclimatés par étape jusqu’au plein champ.  /  Soazig Perche

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