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Porcs : Morgane Rannou à la tête du groupement des éleveurs Porélia

Lors de l'assemblée générale du groupement porcs Porélia, le 25 juin dernier, François Pot, après 12 ans de présidence, a annoncé son départ. À l'issue du conseil électif, c'est une éleveuse du Finistère, Morgane Rannou, qui devient présidente du groupement entourée d'une nouvelle équipe.

Au centre, Morgane Rannou, nouvelle présidente de Porélia, entourée par les vices présidents Olivier Billon (gauche au 1er plan) et Christophe Quettier. Rachèle Richard, la directrice et Jean-René Joliff, responsable commercial.

Une femme présidente d'un groupement de producteurs de porcs est une première à souligner dans une filière en Bretagne où à la tête des organisations, les responsables professionnels sont des hommes.
Morgane Rannou, éleveuse à Pleyben dans le Finistère, est associée avec sa sœur sur un élevage naisseur-engraisseur, après reprise de l'exploitation familiale. Elle a fait ses armes depuis trois ans au sein du bureau de Porélia et sera entourée des vices présidents : Olivier Billon (29) et Christophe Quettier (22). François Pot, membre du bureau, conserve son poste de président du Marché du porc breton.

 

Un groupement pour éleveurs indépendants

Le logo de l'OP, "Porélia, l'éleveur libre" annonce d'emblée la couleur. "Nous sommes indépendants des maillons amont-aval", campe Morgane Rannou. "Nos valeurs, ce sont l'indépendance financière et la liberté de choix. Ici, les éleveurs restent propriétaires de leur silo et de leur quai d'embarquement". Une enquête auprès des adhérents au cours des dernières réunions de secteur rapporte des opinions "d'indépendance", de "proximité" et de "taille humaine".
Cette indépendance se retrouve aussi dans une présence sans faille au Marché du porc breton avec le chiffre de 70 % des porcs du groupement commercialisés via le cadran ce qui fait de Porélia le premier apporteur au MPB. "Être acteur, c'est aussi participer à la fixation du prix du porc : cela permet une équité, une transparence entre les éleveurs". Et le vice-président Olivier Billon de renchérir : "C'est le MPB qui fixe le prix directeur en France !".
Marque de son indépendance, le groupement vend à tous les abattoirs et ne contracte pas de contrats avec ses clients pour fixer des prix garantis. "Le contrat-intégration, nous n'avons pas envie d'aller vers cela", considère Morgane Rannou.

Être acteur, c'est aussi participer à la fixation du prix du porc : cela permet une équité, une transparence entre les éleveurs.

 

L'installation au cœur des priorités

Après la défense du prix payé aux éleveurs et l'amélioration du prix de revient, le groupement fait de l'installation et du renouvellement des générations une priorité. Un groupe de jeunes s'est constitué cette année. Il faut dire qu'un tiers des adhérents s'est installé depuis 10 ans, 21 ces trois dernières années. Pour faciliter leur réussite, un appui technique particulier leur est accordé. "Nous avons un devoir d'accompagnement. Les jeunes ont accès à tous les étages de la coopérative car on est une petite structure et ils peuvent accéder facilement aux responsables", plaide Rachèle Richard, directrice du groupement. Ici, pas de contrat préférentiel qui tient, l'exposition au marché étant la meilleure des écoles, estiment les responsables.
Pour l'heure, les adhérents résistent à la flambée des matières premières, avec un "prix de vente qui n'arrive pas à combler toutes les charges".
La naissance officielle le 7 avril dernier de l'AOP Porc Grand Ouest, composée de dix organisations de producteurs (Agrial, Eureden, Elpor, Evel’Up, GRPPO, Porcineo, Porelia, Syproporcs, Porveo, Porc Armor Évolution) est une avancée avec, au bout, l'espoir d'un rapport de force plus équilibré avec les abattoirs et donc un meilleur prix. Enfin, autre gros chantier en cours : "L'AOP devra prendre aussi à bras le corps le dossier mâle entier pour garantir une transparence du prix via une cotation MPB et une équité par une grille définie à Uniporc", concluent les responsables de l'OP.
Côté chiffres, le 5e groupement de Bretagne, issu de la fusion de Porfimad et de la CEB, compte 180 adhérents naisseur-engraisseur de toute taille d'élevage et vend 925 874 porcs charcutiers (chiffres 2020). 20 % des producteurs ont des cheptels supérieurs à 500 truies et 20 % sont sous signe de qualité (excepté le label bio, non présent). À cheval sur deux sites, Pleyben et Guingamp, le groupement emploie 38 salariés.

 

En chiffres :

- 180 adhérents NE
- 925 874 porcs charcutiers commercialisés en 2020
- 2 sites : Pleyben (29),Guingamp (22)
- 80 % des éleveurs : cheptel < 500 truies
- 38 salariés
- Secteur : Bretagne
- Membre de l'UGPVB et de l'AOP Grand Ouest
- Conseil d'administration : 21 éleveurs de porcs dont 8 dans le bureau
- Services : commercialisation animaux, transport, technique/sanitaire, bâtiment, environnement et traitement du lisier, génétique (conseil), achats matières premières, matériel/matériaux.

 

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