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Un projet bas carbone en production laitière avec l'Angleterre

Le Finistère et les Cornouailles anglaises ont élaboré un projet commun visant à développer la démarche bas carbone dans les élevages laitiers. Ce projet mobilise la station expérimentale de Trévarez ainsi qu’un groupe de quarante éleveurs finistériens.

Le projet Agriculture Bas Carbone Dairy (ABCD) a été lancé au printemps dernier dans le cadre du programme Interreg France (Manche) Angleterre. Il est porté par le conseil départemental du Finistère, le Cornwall Council, son homologue en Cornouailles anglaises, et la chambre régionale d’agriculture de Bretagne. Il a pour objectif de développer la démarche des fermes laitières Bas carbone et de favoriser les échanges transmanches sur le sujet. Le projet se décline en deux grandes parties : des essais de rations hivernales, et un réseau transmanche réunissant 80 élevages

 

Des essais de rations hivernales

Ces essais sont programmés à la station expérimentale de Trévarez à Saint Goazec, et à Future Farm en Cornouailles anglaises (lire encadré).
À Trévarez, une ration très herbagère et à faible complémentation azotée sera testée sur le troupeau conventionnel. La ration du lot témoin est constituée de 5 kg de MS d’ensilage d’herbe et de l’ensilage de maïs à volonté. La ration du lot expérimental comporte 5 kg de MS d’ensilage de maïs épi et de l’ensilage d’herbe à volonté (1).
Dans les deux cas, le correcteur azoté utilisé est du tourteau de colza, dont la quantité sera calculée en fonction des résultats des analyses des fourrages récoltés afin d’obtenir une ration équilibrée à 95 g de PDI/UFL.
L’augmentation de la part d’herbe dans la ration a un double effet positif sur l’empreinte carbone, en réduisant les besoins en correcteurs azotés, et en permettant le stockage du carbone dans les sols, sans parler des autres effets positifs, notamment au niveau agronomique avec l’allongement des rotations. Cet essai a pour objectif de mesurer l’effet de ce changement de ration alimentaire sur les performances zootechniques, et donc d’en évaluer l’impact économique.
À Future Farm, l’essai portera sur un aliment du commerce sans tourteau de soja. Les ingénieurs de Trévarez se sont rendus sur place début octobre afin de comparer les systèmes expérimentaux et définir une méthodologie commune pour les essais à venir.

Un réseau transmanche de 80 élevages

40 élevages du Finistère et 40 élevages de Cornouailles anglaises seront accompagnés pour le calcul de leur empreinte carbone et dans leurs réflexions visant à réduire cette empreinte. Les Anglais ayant leurs propres méthodes de calcul, c’est l’outil CAP2ER (calcul automatisé des performances environnementales en élevages de ruminants) qui a été choisi pour servir de base de comparaison entre les deux pays. Les éleveurs se retrouveront en groupes d’échanges et au cours de formations pour estimer l’impact de certaines pratiques sur leur empreinte carbone, ainsi que sur l’équilibre économique et la charge de travail de leur exploitation. Des voyages sont également prévus entre les éleveurs des deux pays. Les laiteries Even et Sodiaal sont associées à ce projet.

 

La ferme école et expérimentale anglaise

Future Farm est la ferme du Duchy College servant de support à l’enseignement et la recherche. Afin qu’elle corresponde à la ferme moyenne en Cornouailles anglaises, le site a été agrandi en 2020 avec une nouvelle stabulation et une salle de traite 2x20 en simple équipement. Le troupeau est composé de 210 vaches laitières et de 160 génisses Prim’Holstein sur un parcellaire de 186 hectares. La production laitière est de 8 850 kg dont près de la moitié produite à partir des fourrages. Elle dispose d’environ 30 ares accessibles par vache au pâturage sur la période d’avril à septembre. Comme dans beaucoup d’élevages de la région, les contagions successives par la tuberculose bovine contraignent les éleveurs à garder davantage de génisses ainsi que les mâles à l’engraissement (croisements Hereford et Angus). Les risques de contaminations limitent aussi les zones dédiées au pâturage. La ration hivernale est basée sur de l’ensilage herbe, de l’ensilage de maïs et de l’ensilage d’orge et de pois, et elle est complétée avec du concentré du commerce. La quantité de concentré utilisée représente 290 g/litre de lait produit. L’aménagement de la stabulation permet la séparation du troupeau en trois lots distincts, ainsi que la séparation des effluents associés à chaque lot. Elle est équipée d’un robot d’alimentation permettant des pesées. Des portes sélectives et des colliers de surveillances permettent également de gérer les différents lots expérimentaux.

 

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