Aller au contenu principal

10 heures d’astreinte en moins par semaine au printemps

Une enquête a été menée par la chambre d’agriculture de Bretagne afin d’évaluer le temps d’astreinte en élevage laitier. Les éleveurs des 32 exploitations du réseau Inosys lait en Bretagne ont enregistré leur temps d’astreinte pendant une semaine en hiver et au printemps (période de pâturage). L’objectif de ce travail est double, il est à la fois d’apporter des repères aux éleveurs ainsi qu’aux jeunes en projet d’installation et également de mettre en lumière des techniques et/ou systèmes efficients en termes de travail. Dominique Rébillard de Plancoët témoigne.

Dominique avec la console et le drone, prêt pour observer d’éventuelles génisses en chaleur.

Dominique exploite une ferme de 89 ha et produit 430 000 l avec
85 vaches normandes. Toute la surface est consacrée aux fourrages dont 75 % en herbe et 25 % en maïs. Un atelier de bœufs élevés avec les génisses s’ajuste aux ressources fourragères de l’exploitation.

 

29 h de travail d'astreinte pour la traite et les veaux en hiver

Au moment de l’étude, la salle de traite était équipée de 10 postes double équipement sur deux quais avec décrochage automatique. Le temps de traite s’élève à quatre heures par jour (soit 20 min/sem/VL vs 22 min pour la moyenne des éleveurs). Pré-trempage, serviettes papiers et désinfections des griffes entre chaque vache constituent les pratiques d’hygiène. Le temps gagné dans cet élevage est réalisé sur le nettoyage de la salle de traite et en particulier du parc d’attente avec une pompe de recyclage des eaux de lavage.
De plus, les jeunes veaux sont alimentés lors de la traite du dernier lot de vaches, avec du lait yaourt. L’élevage possède une cuve de transfert équipée d’une pompe, ce qui réduit la pénibilité.

 

15 h de travail díastreinte pour líalimentation hivernale

La ration complète des vaches est distribuée au godet désileur une fois par jour. Le lot des taries est rentré 2 h par jour pour bénéficier du maïs et de la table d’alimentation des vaches en lactation.
Une partie des animaux (génisses de + de 2 ans et les bœufs) hiverne à l’extérieur. Ils reçoivent de l’enrubannage et du foin. Malgré ces contraintes et grâce à des rations simplifiées, le temps d’alimentation est dans la moyenne du réseau (11 min/sem/VL vs 10 min pour la moyenne des éleveurs).

heures d’astreinte

7 h de travail pour le paillage et le raclage en hiver

Les vaches laitières logent sur une surface paillée et une aire d’exercice raclée au tracteur. Les génisses sont sur une aire paillée avec trottoir autonettoyant. Le paillage est réalisé à la pailleuse. Ce système de logement économe en temps a l’inconvénient d’être couteux en frais de paille.
En ajoutant, la surveillance et les urgences liées au troupeau le travail d’astreinte hivernal total est de 54 h par semaine (soit 38 min/vl/sem vs 44 min pour la moyenne des éleveurs).

Chien et drone sont les alliers de Dominique.

10 h de travail en moins au printemps

Avec 35 ares d’herbe pâturés par vaches, le silo de maïs est fermé deux à trois mois par an. Malgré le temps nécessaire pour conduire les laitières au pâturage, déplacer les lots d’animaux entre les parcelles et mesurer les hauteurs d’herbe hebdomadaires dans les paddocks, l’exploitation économise 9 min par vache et par jour par rapport au temps hivernal et 8 min par rapport à la moyenne des autres exploitations du réseau. "Chaque année, j’attends avec impatience cette période de l’année, où l’on n’a plus besoin de démarrer le tracteur tous les matins", insiste l’éleveur.
Le système plus herbager que la moyenne des exploitations explique ces écarts mais Dominique a aussi un partenaire pour réduire le temps de travail sur son exploitation. En effet, depuis son installation, le border collie est un allier de choix pour déplacer les troupeaux. Il permet les mouvements des lots de vaches ou génisses seul sans faire appel à une tierce personne. Pour le jeune chiot, la première année nécessite 5 à 10 min par jour d’apprentissage mais ensuite ce n’est que du bénéfice en temps et conditions de travail.

heures d’astreinte

Un drone pour surveiller les chaleurs

Avec toujours la même idée de simplifier le travail, Dominique était en recherche d’une solution pour surveiller les chaleurs des génisses au pâturage. Les outils proposés sur le marché ayant des portées réduites, il a d’abord essayé une caméra à poste fixe mais le résultat n’était pas satisfaisant. Il a eu alors l’idée d’utiliser un drone équipé d’une caméra. Pour un coût raisonnable (1 200 €HT batteries comprises), il peut surveiller de son jardin les génisses sans les déranger (les génisses se sont habituées en quelques jours au bruit des hélices). "Je peux aussi vérifier l’eau dans les cuves",  ajoute Dominique.
Ce drone a une portée de 7 km, ce qui est largement suffisant pour le parcellaire de l’exploitation, "attention cependant aux bosquets ou lignes électriques qui peuvent créer des interférences", met en garde le "pilote". Le vent peut aussi interdire certains jours la sortie de l’appareil. Après plus d’un an d’utilisation, Dominique est content de son utilisation.

 

heures d’astreinte

Travail d'astreinte : c'est quoi ?

Le travail d’astreinte est le travail quotidien que l’on ne peut pas différé.
En production laitière, il s’agit du temps consacré à la traite, l’alimentation, l’entretien du logement des animaux, le soin et la surveillance des animaux. Au printemps, il comprend également le temps de gestion du pâturage (déplacement des animaux, eau, fil avant, …).

 

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Elle installe son élevage de brebis laitières sur Ouessant
Elle rêvait de vivre et de travailler sur son île. Un voyage en Mongolie lui a donné l’idée de son métier. Un appel à candidature…
La bio à grande échelle : utopie ou réalité ?
Alors que s'est tenu cette semaine le Congrès mondial de la bio à Rennes, se pose la question de la faisabilité du changement d’…
Les 28 et 29 août, Agrifête vous donne rendez-vous à Saint-Vougay

Les bonhommes de paille ont fleuri un peu partout dans le département, annonçant qu’après une année d’interruption pour cause…

À quelques jours de l'ouverture, l'effervescence gagne le Space
A l'heure ou l'élevage devient une question de société, le retour du Space en présentiel, du 14 au 16 septembre, est d'autant…
Au Space, les élèves du Nivot s’occupent des Normandes

Cette année, le Space servira de cadre au concours national de la race Normande, pour lequel 85 animaux ont été sélectionnés.…

Julien Denormandie, un ministre de l’Agriculture en immersion au Space
Loin des visites officielles qui se font parfois au pas de course, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, a inauguré…
Publicité