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Agriculteurs et apiculteurs : il y a des intérêts mutuels à mieux se connaître

Les résultats de suivi de ruches effectué en 2019-2020 vont se servir de base aux échanges entre agriculteurs et apiculteurs lors de quatre webinaires organisés par les chambres d'agriculture de Bretagne et l'Association de développement apicole (ADA). Philippe Lannuzel, conseiller en agronomie et animateur apicole, explique quels sont les intérêts communs des deux professions à mieux communiquer sur les besoins des abeilles.

Philippe Lannuzel, animateur en apiculture des chambres d'agriculture de Bretagne.

Il existe une certaine méconnaissance respective entre agriculteurs et apiculteurs. Avec quels impacts sur les abeilles ?

Philippe Lannuzel. L'ignorance de part de d'autre peut conduire à des catastrophes dans les ruches suite à des traitements sur des cultures. Le fait d'échanger permet d'anticiper les problèmes, notamment s'il n'y a pas d'autre solution que l'application d'un pesticide : il y a sans doute possibilité de trouver un produit moins nocif ou un moyen pour que les abeilles soient moins touchées.

Les quatre conférences en ligne que vous organisez ont justement pour objectif d'améliorer la connaissance mutuelle entre les deux métiers. Les observations effectuées dans le cadre du projet Survapi serviront alors de base aux échanges. Qu'y a-t-il derrière ce projet ?

P.L. L'objectif premier de l'étude est d'observer les molécules de produits phytos qui reviennent dans la ruche autour de la floraison du colza. Au départ, l'idée du projet était en effet de mieux comprendre le problème de mortalité des abeilles, en lien probablement avec des produits phytos mais aussi du fait des ressources alimentaires disponibles pour les abeilles ainsi que des pratiques apicoles qui peuvent être parfois défaillantes au niveau sanitaire. Puis d'identifier des pistes alternatives aux problèmes rencontrés.
Cette étude a été réalisée autour de Bignan, dans le Morbihan. Elle a par ailleurs été menée dans sept autres régions de France. Au niveau national, cette étude a abouti sur un partenariat entre l'APCA (chambres d'agriculture) et l'ADA qui permet de mieux structurer les actions menées en faveur des pollinisateurs.

Sur la question des ressources alimentaires disponibles pour les abeilles,
dont le premier webinaire traitera, que peuvent mettre en œuvre les agriculteurs ?

P.L. En analysant les pollens et nectar que les abeilles rapportaient à la ruche durant huit semaines, on s'est aperçu que la ruche accroit son activité au moment de la floraison du colza et alors qu'elle est en plein boom, la floraison du colza peut s'arrêter sans qu'il y ait forcément de plantes relais. Il y a également une autre période de disette en fin d'été. Or les agriculteurs peuvent allier obligations réglementaires et ressources intéressantes pour les abeilles. Par exemple des couverts végétaux après céréales qui fleurissent en octobre aideront les abeilles à mieux passer l'hiver. Pourquoi pas aussi mettre du trèfle dans les bandes enherbées le long des cours d'eau ? Ou laisser la luzerne fleurir en fin de cycle ? Si les métiers d'agriculteur et d'apiculteur se rejoignent sur de nombreux points - la génétique, le sanitaire... - la disponibilité des ressources alimentaires est en revanche un élément que l'apiculteur ne maîtrise pas.

Quels sont les bénéfices dont chacune des professions peut retirer à mieux se connaître et dialoguer ?

P.L. Les agriculteurs ne prennent pas forcément en compte les pollinisateurs dans leurs décisions de traitement. Ils ont tendance même à se dire que la protection des abeilles représente une contrainte supplémentaire. Or les pollinisateurs peuvent avoir des effets bénéfiques sur les cultures. Les abeilles ne vont certes pas aller sur du blé ou du maïs, mais pour le colza c'est clair que tous les pollinisateurs participent à l'élaboration du rendement. De plus, en protégeant les abeilles on favorise aussi les auxiliaires, ceux notamment qui protègent les cultures contre les pucerons.
Les apiculteurs, quant à eux, ont un intérêt à chercher les emplacements les plus favorables aux ruches en termes de ressources. N'ayant généralement pas de terrain en propre, ils sont obligés de s'adresser à des agriculteurs.

 

Les conférences en pratique

Abeilles

45 minutes de conférences en ligne chaque mardi d'octobre, sur Agriplay :
- Nourrir les abeilles : l’affaire de tous / le 5 octobre à 10h30
- L’apiculteur, un éleveur comme les autres / le 12 octobre à 10h30
- Apiculteurs : dans les bottes d’un agriculteur / le 19 octobre à 10h30- Produits de traitement : que trouve-t-on dans les ruches ? / le 26 octobre à 10h30

Gratuit sur inscription : anne-valerie.looten@bretagne.chambagri.fr ou 02 22 93 63 56

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