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PORTRAIT
Albane et Sébastien ont ce "goût à traire"

"Que les jeunes n’aient pas peur de s’installer, c’est prenant mais il y a plein d’avantages !". Albane Le Gal et Sébastien Blandel, à 24 ans, sont aujourd’hui installés, associés à Surzur, en lait. Ces éleveurs dans l’âme, à la tête d’un cheptel laitier qui leur offre 1 million de litres, ont des projets plein la tête, portés par l’envie de progresser, engagés aussi avec les JA.

Albane Le Gal et Sébastien Blandel, installés, éleveurs laitiers, heureux !

"Tout est réfléchi pour quand on ne sera pas sur l’exploitation. On veut un système qui ne soit pas trop compliqué pour un remplaçant. On a l’expérience…", résume Albane dans un grand sourire. Elle vient tout juste de s’installer au 1 er janvier 2021, sur le Gaec de Toulcar, avec son père. Elle y rejoint son compagnon, Sébastien qui lui a franchi le pas en février 2019. Fin du salariat.
Éleveurs dans l’âme
Jeune âge mais déjà expérimenté. "On s’est rencontré en BTS, PA et ACSE, à Caulnes", commencent-ils à raconter, puisant l’un dans les yeux de l’autre les mots communs de leur récit. "Ma chance est d’avoir eu un oncle agriculteur. Enfant, j’y passais mes loisirs, mes week-ends, mes vacances", un attachement déterminant pour Sébastien, à la différence d’Albane, dont les parents sont agriculteurs. Une passion commune et leur projet à tous deux devient l’installation "sur un outil fonctionnel où on pouvait évoluer avec du terrain à proximité", cadrent-ils, peu pressés. La Bretagne ? "Oui, bien sûr mais on était ouvert, mon oncle m’a proposé, mon maître d’apprentissage aussi".
De bons patrons
"C’est un formateur du CFA qui en discutant a mis l’exploitation de mes parents sur la table. Il nous a montré qu’il y avait du potentiel, un bon outil de travail", réunissant les priorités que le jeune couple s’était fixé. Après un an de salariat au Sérémor, Sébastien Blandel, à 22 ans, décide de franchir le pas. "Mes parents n’étaient pas chauds du tout, effarés par le montant d’investissement", se souvient le jeune éleveur. "Aujourd’hui, quand mes beaux-parents parlent de leur fils, ils sont fiers : oui, il y a du boulot, oui, il a investi, oui il est heureux ! ", se réjouit Albane. Elle trace de son côté son chemin a Solutis puis est embauchée à Theix. "On a beaucoup appris de ces expériences, l’autonomie, faire face, s’adapter rapidement, prendre les bonnes idées", note Sébastien. Et toujours positifs : "on a eu la chance d’avoir des bon patrons".
1 million d’euros, 1 million de litres
Et si le papa d’Albane n’envisageait pas la suite de son exploitation de 65 laitières sur 120 ha, la savoir reprise par ses enfants ? "Ca l’a boosté" . En quelques mois après l’installation Sebastien, "bien accompagné, y compris côté technique", répond aux 325 000 l supplémentaires. "On est passé à 95 laitières, il fallait modifier l’installation de traite". Salle de traite neuve en 2 X 12 TPA (contre 2X5), sortie rapide, bol mélangeur pour les rations, prolongation de l’aire paillée et nouvelle table d’alimentation, constituent les principaux investissements du jeune éleveur. "Ca change la vie, passer de 3 h de traite à 1 heure. Pour nous et les vaches, c’est moins d’attente, moins de problème de pattes, moins de fatigue". Avec 60 ha supplémentaires qu’un tiers est venu leur proposer en location "pour développer au maximum le pâturage, il y a du potentiel, mon patron m’a donné ce goût", l’acquisition "d’un DAC et d’un pousse vaches", Albane vient de rejoindre son compagnon sur l’exploitation pour anticiper le départ de son père.

A deux, c’est 1 million d’euros investis pour 1 million de litres de lait produit.
 

S’investir et communiquer
"On veut être équipé pour. On a déjà pris nos repères, mes parents décrochent petit à petit", constatent Albane et Sébatien, dont l’exploitaiton est ferme de référence au Gouessant, estampillée "lait sans OGM et de pâturage" pour leur laiterie Saint Père. "On va dans le sens des attentes sociétales", notent-ils, des projets plein la tête, dont celui d’embaucher, conscients qu’il faut aussi communiquer. "Notre métier, est dans notre coeur. Ce n’est pas une contrainte. Quand on fait quelque chose, c’est toujours par rapport à l’exploitation, pour l’améliorer. Ca nous motive", raconte le couple qui s’organise aussi pour s’investir, notamment dans le syndicalisme JA. "C’est un lien avec d’autres pour moi qui ne suis pas de la région", pointe Sébastien, "une convivialité et une solidarité aussi". Ils ont pris des responsabilités cantonales et départementales, "on s’organise dans notre travail pour. Je m’occupe du dossier Manger Français", note Albane qui y voit l’opportunité "de prendre de la hauteur et de comprendre le contexte d’évolution de notre métier qui est passionnant. Que les jeunes n’aient pas peur de s’installer".

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