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BV Chèze-Canut : Concertation locale pour une meilleure qualité de l’eau

Sur le bassin versant Chèze-Canut, un collectif d’un nouveau genre a vu le jour : un "cercle prospectif". Celui-ci est composé d’agriculteurs mais aussi de représentants d’associations environnementales et de la société civile, d’élus, d’administrations et de scientifiques. Ensemble, ils tentent de mettre en œuvre des solutions applicables et atteignables pour améliorer la qualité de l’eau. Quand les intérêts divergent : comment se coordonner et avancer ?

Cercle prospective réuni à Plélan-le-Grand.

La genèse de concertation locale

Fin d’année 2019, en période de campagne pour les municipales, trois associations environnementales font pression, auprès du syndicat d’eau CEBR(1) et des candidats aux municipales de Maxent, Treffendel, Saint-Thurial et Plélan-le-Grand, pour expérimenter le "Zéro phyto", sur le bassin versant Chèze-Canut. Frédéric Chevalier, élu chambre d’agriculture du secteur, met alors en garde les élus : "Si vous souhaitez créer un climat de défiance et alimenter les tensions sur votre territoire, vous ne pouvez pas mieux vous y prendre !". Pour lui, la concertation avec les principaux concernés, les agriculteurs eux-mêmes, est indispensable : "Rien ne vaut un paysan pour parler à un paysan", assure-t-il .
C’est dans cet esprit qu’une première réunion d’information à destination des agriculteurs est organisée fin novembre à Treffendel. Ils sont une quarantaine à se déplacer et exprimer un besoin de valoriser les démarches déjà mises en places ces dernières années et de clarifier les objectifs et les moyens à mettre en œuvre.

 

S'écouter pour se comprendre

Pour éviter les tensions et jeux de réponses par médias interposés, et à l’inverse fédérer les acteurs du territoire, la chambre d’agriculture saisit l’opportunité du programme de recherche européen FarMaine en partenariat avec l’Inrae, la Cebr et le Cnam. C’est ainsi que naît le "cercle prospectif".
Ce collectif d’une trentaine de personnes est composé d’élus, de maires, du syndicat du bassin versant du Meu, des représentants d’associations signataires du manifeste, membre du conseil de développement du Pays de Brocéliande, chercheurs et d’une dizaine d’agriculteurs. "Pour nous, il était important de représenter la diversité agricole du territoire, c’est pourquoi nous avons ciblé des agriculteurs de tous les âges, hommes et femmes, bio, conventionnel, circuits courts ou intégrés...", explique Frédéric.
L’objectif du collectif est de partager une vision des "transitions agricoles, à activer pour un développement durable sur le bassin versant", d’identifier les points de blocages et les moyens pour agir de façon efficiente. Deux réunions se sont tenues en septembre et octobre. "Le respect et l’écoute sont des notions clés pour ouvrir le dialogue entre des personnes avec des intérêts parfois opposés", explique l’élu qui souligne "le travail d’animation réalisé par Olivier Girma de la chambre d’agriculture".
Ainsi, au terme de cette réflexion, tous s’accordent sur une ligne directrice : "Améliorer la qualité de l’eau sans rajouter de charges aux agriculteurs, en termes de temps, de charges financières...".

Améliorer la qualité de l’eau sans rajouter de charges aux agriculteurs

Des actions concrètes mises en place par les agriculteurs

En parallèle, les agriculteurs poursuivent et renforcent leurs actions. "En 2020, huit agriculteurs ont testé le désherbage mécanique. De plus, un groupe "Émergence 30 000" est en train de se construire...", explique Aurélie Lajoye, animatrice territoriale. Malgré la covid, les conseillers Crab, dont Youna Girault, conseillère agronomie, poursuivent le travail de mobilisation des agriculteurs, sur le terrain et à distance (via des questionnaires en ligne) pour collecter leurs suggestions. "Plusieurs leviers sont imaginés : reserves foncières, échanges parcellaires, implantations de haies ou de cultures comme le chanvre ou le miscanthus, valorisation par les Paiements pour Services environnementaux de certaines actions…", énumère Frédéric. "L’objectif, c’est que chacun puisse trouver dans "cette boite à outils", les leviers qui lui correspondent, selon ses contraintes et ses envies", ajoute-t-il. "Nous sommes prêts à l’expérimentation, mais nous aurons besoin d’accompagnement, de financements et de soutien de la part des collectivités". Une prochaine rencontre du "cercle prospectif", permettant de passer à l’action et responsabiliser chacun des acteurs, devrait bientôt avoir lieu.

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