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Cette année, les moissons de céréales affichent de faibles  rendements

Avec le retour du soleil, les moissonneuses sont nombreuses dans les champs de la région ces derniers jours. En revanche, même si il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions, les rendements ne sont pas au rendez-vous cette année. A l'image des travaux réalisés par la Cuma La Romantique, à Combourg (35).

Samedi 11 juillet en début d'après midi à Broualan, petite commune en Ille-et-Vilaine, située au nord de Rennes. Le soleil est au rendez-vous et Cyrille Redouté, responsable de la Cuma La Romantique (53 adhérents), s'apprête à moissonner la dernière parcelle d'orge encore sur son planning. "On avait très peu d'orge cette année", explique le salarié. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les rendements ne sont pas au rendez-vous. "En moyenne, on doit être à 40 quintaux sur les surfaces que l'on a faite. Sur celle-ci, on va plutôt être à 25-30 quintaux !". Du jamais vu pour ce chauffeur qui exerce depuis une quinzaine d'années déjà. La raison ? Les intempéries avec beaucoup de pluie qui ont rendu les conditions de semis difficiles. "Certains ont même refait du maïs tellement les semis de céréales étaient mauvais", souligne Cyrille Redouté, qui estime que "ceux qui s'en sortent le mieux sont ceux qui ont implanté le plus tôt".
En début de semaine, il s'apprêtait à attaquer les parcelles de blé. Là encore, "on sera loin des 100 quintaux cette année !", avec aussi moins de surface, 160 ha cette année contre 200 ha d'habitude.

Cyrille Redouté

Moitié moins de paille
Conseillère en agronomie à la chambre d'agriculture, Stéphanie Montagne confirme ces résultats locaux. "Pour l'orge, les résultats sont mauvais partout, avec en moyenne 40-50 quintaux, contre 70 d'habitude, et pour le colza entre 20 et 30 quintaux". Et parfois même moins sur les terres séchantes. De manière générale, pour les céréales, les intempéries de l'automne ont eu un effet négatif sur la densité de levée et les apports tardifs d'azote ont eu pour conséquence une baisse du nombre d'épis. Et pour terminer, la période sèche de trois ou quatre semaines pendant le confinement, sur des sols tassés, a encore été néfaste.
L'autre conséquence, c'est la baisse du volume de la paille, avec des céréales moins hautes et moins denses. "On estime à moitié moins de paille cette année", ajoute Stéphanie Montagne.
Au rang des bonnes nouvelles par contre, si cette année ne sera pas une année à céréales, c'est une année à fourrage. "On tourne à plein de ce côté là", confirme Cyrille Redouté. Même satisfaction pour les maïs actuellement, pour lesquels on estime qu'ils sont en avance d'une dizaine de jours cette année.

 

Blé : 2e plus faible récolte depuis 2004

Le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) a annoncé le 7 juillet une moisson "en fort recul" pour les céréales à paille, notamment le blé tendre réduit à sa deuxième plus faible récolte depuis 2004. La production de blé tendre est estimée à 31,3 Mt au niveau national, soit nettement moins par rapport à l’an dernier (-20,8 %) et la moyenne quinquennale (-11,3 %), d’après une note Agreste qui souligne "de fortes hétérogénéités, en particulier entre les sols superficiels et les sols profonds". Le rendement s’affiche à 71,1q/ha, identique à la moyenne 2015-2019. À l’exception de l’Auvergne qui voit sa moisson augmenter après une année calamiteuse (+10,9 % sur un an ; -2,5 % par rapport à 2015-2019), les reculs de production sont généralisés. C’est particulièrement vrai en Aquitaine (-49 % et -34,8 %), en Poitou-Charentes (-43,2 % et -41 %) et en Pays de la Loire (-34,9 % et -28,1 %). En blé dur, le ministère table sur 1,33 Mt (-14,7 % sur un an), avec un rendement en baisse à 53,4q/ha. Les régions du sud se caractérisent par une baisse de la sole combinée à une nette baisse des rendements, comme en Midi-Pyrénées (surfaces à -1,1 %, rendement à -18,4q/ha soit une production à -30 % sur un an). Les régions du nord gagnent en superficies mais perdent en rendements, comme dans le Centre (surfaces à +15,9 % ; rendement à -8,4q/ha soit une production à +3,1 % sur un an). La récolte de protéagineux est estimée à 891000t (-0,5 % sur un an, +5 % par rapport à 2015-2019), avec des surfaces bien supérieures (+19,8 % comparé à 2019).
D’autres prévisions ressortent à la baisse, comparées au mois précédent. La récolte d’orges est prévue à 12,3 Mt (-10,3 % sur un an, +1,8 % par rapport à 2015-2019), avec une forte hausse des surfaces d’orges de printemps qui ne compense pas un net décrochage des rendements globaux dans toutes les régions. Le ministère pré-voit 63q/ha en orge d’hiver (contre 70,9q/ha l’an dernier), 57,9q/ha en orge de printemps (contre 70,4q/ha).  / Agra

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