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Arnaud Lécuyer - Vice-président à l’Agriculture de la région Bretagne
"Dès la rentrée, je lancerai les États généraux de l’installation en Bretagne"

Tout juste élu vice-président en charge de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de l’alimentation au conseil régional de Bretagne au sein de la liste portée par son président Loïg Chesnais-Girard (PS), Arnaud Lécuyer, jeune président de l’agglomération de Dinan dans les Côtes d’Armor, était vendredi dernier à l'assemblée générale de la FRSEA Bretagne. Il avait livré à Agra presse les priorités de son mandat.

Au sein du conseil régional de Bretagne, où vous prenez la relève d’Olivier Allain,votre portefeuille regroupe l’agriculture, l’agroalimentaire et l’alimentation. Quels sont vos liens avec ces secteurs ?
Arnaud Lecuyer. J’ai 35 ans et je suis maire de la commune de Saint Pôtain qui compte, pour 820 habitants, 18 sièges d’exploitation agricole ainsi qu’une entreprise de matériel agricole. À titre très personnel, du côté paternel, je suis la première génération à ne pas être agriculteur. Mon père était, jusqu’à il y a deux ans encore, éleveur laitier sur la commune. Mon grand-père maternel tenait une boucherie de gros et ma grand-mère était employée dans une laiterie. Les générations précédentes étaient également bouchers et marchands de bétail. De par cette histoire, sans être moi-même installé, j’ai la fibre agricole.

Quelle est la priorité de votre mandat ?
A.L. Ma priorité numéro un, c’est l’installation et le renouvellement des générations en agriculture. La Bretagne est la région de France où l’on installe le plus, mais ce n’est pas encore suffisant. Nous visons les 1 000 installations par an. Actuellement, selon les années, il y a entre 650 et 750 installations. Nous sommes particulièrement ambitieux pour assurer le renouvellement et maintenir une agriculture diversifiée et des emplois agricoles dans notre région. C’est pourquoi dès la rentrée je lancerai les États généraux de l’installation. Nous y définirons une feuille de route pour l’agriculture bretonne de sorte d’arriver à cet objectif de 1 000 installations par an.

Avec qui souhaitez-vous travailler et qui souhaitez-vous attirer ?
A.L. Il faut travailler avec toutes les bonnes volontés. Nous allons sonner la mobilisation et réunir tous les partenaires de l’écosystème de l’installation et de la transmission. Il y a un effort supplémentaire à réaliser. Dans le Morbihan et dans le centre ouest Bretagne il y a plus de difficultés à installer que dans le nord ou dans le Finistère. Et puis il faut aller chercher des agriculteurs qui ne sont pas forcément dans le schéma classique "je suis fils ou fille d’agriculteur et je m’installe en prenant la suite de mes parents", qu’ils soient hors cadre familial, non issus du monde agricole et des autres régions. Il nous faut faire un grand plan de recrutement des agriculteurs bretons hors de la Bretagne. Dire aux jeunes et aux moins jeunes, "venez en Bretagne vous installer".

Quels sont les autres projets que vous portez ?
A.L. Nous allons continuer ce qui avait été fait lors du précédent mandat de Loïg Chesnais-Girard. La transition écologique est un enjeu incontournable. C’est aussi un vecteur de compétitivité pour l’agriculture bretonne. Notre objectif est clairement de faire en sorte que les agriculteurs, d’où qu’ils partent, quel que soit leur système aujourd’hui et notamment en conventionnel, puissent accéder à l’agroécologie. Nous voulons également mieux connecter l’agriculture et les territoires. Nous serons vigilants à ce qu’il y ait pour l’ensemble des intercommunalités bretonnes des projets alimentaires territoriaux pour faire en sorte que dans les cantines et les Ehpad, les produits servis viennent de Bretagne. Il est très clair que si nous privilégions les produits bretons, bio, labellisés, nous rendons économiquement service aux agriculteurs et éleveurs bretons. C’est quelque chose de vertueux.

Lors du précédent mandat, la région Bretagne prônait la régionalisation des aides de la PAC. Maintenez-vous cette position ?
A.L. Nous croyons profondément que la régionalisation de la PAC est un outil qui nous permettrait d’accompagner notre ambition politique. Le gouvernement n’a pas fait ce choix et nous le regrettons. Peut-être pour la prochaine PAC en 2027 …. Toutefois, sur le plan national stratégique, tous les arbitrages n’ont pas encore été rendus. Nous espérons pouvoir conserver une capacité d’action pour que ce qui se passe en Bretagne soit décidé en Bretagne. Nous attendons de voir ce qui se décidera pour faire atterrir nos propres dispositifs. Nous nous battrons jusqu’au bout pour garder des moyens d’action en Bretagne.

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