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Double intensité : notre défi commun pour l’agriculture bretonne

Loïc Guines, président du Groupe de travai Énergie-Climat des chambres d’agriculture de Bretagne.

Le dossier de ce numéro de Terra propose une photographie 2020 de l’emploi dans les filières agricoles et alimentaires bretonnes. Avec 142 000 emplois, les différents maillons de la chaine irriguent l’activité économique et sociale des territoires de nos quatre départements. Derrière ce chiffre, une diversité de situations de la structuration des emplois selon les filières, avec des emplois davantage dans le maillon production pour certaines, davantage dans l’aval pour d’autres.
Mais un point commun dans tous ces métiers : la nécessaire capacité à attirer, à recruter, à former et qualifier, à renouveler, à fidéliser, à rémunérer, qu’il s’agisse de futurs chef(e)s d’exploitations ou de futur(e)s salarié(e)s. Face à cet enjeu, dans nos entreprises agricoles comme dans les entreprises agroalimentaires, les chambres d’agriculture réaffirment comme premier axe de leur projet politique stratégique "nous sommes et voulons rester une région agricole à haute intensité humaine". Sans action volontariste pour donner envie à des jeunes et à des demandeurs d’emploi de venir vers nos métiers, avec des projets sans doute différents des nôtres, la relève pourrait ne pas être suffisamment au rendez-vous. Cela nous engage donc sur l’orientation des moyens de production qui se libèrent, sur l’ouverture à la diversité des projets et des profils, sur la recherche de solutions pour améliorer les conditions de travail, sur la gestion des ressources humaines, sur l’autonomie de décision, sur la recherche de valeur ajoutée pour dégager du revenu.
Ce serait faire fausse route de ne pas se pencher d’abord sur cet enjeu démographique, social et humain quand on aborde la question des transitions climatiques et environnementales. Car ce seront les femmes et les hommes qui embrasseront nos métiers de l’agriculture et de l’alimentation qui devront aussi intégrer dans leur parcours ces dimensions nouvelles. C’est la haute intensité humaine qui permettra de mobiliser des bras pour nos assiettes, des idées pour innover sur la façon de produire, pour capter le carbone, pour produire de l’énergie, des protéines, pour imaginer la logistique nécessaire à l’approvisionnement de proximité pour nos cantines. 
C’est bien avec les réalisateurs du quotidien, de la terre à la table, que les évolutions de notre société doivent se penser. Forte de son élevage, forte de sa polyculture, forte de sa zone légumière, la Bretagne agricole peut se construire un avenir en conjuguant intensité humaine et intensité écologique. Pour cela, notre région a besoin d’une prochaine PAC qui reconnaisse les actifs dans des entreprises à taille humaine et qui encourage la polyculture élevage telle qu’elle existe encore chez nous. Elle a aussi besoin que l’ensemble des maillons et des entreprises qui génèrent ces 142 000 emplois pensent et se projettent ensemble sur les mutations sociales qui sont à l’œuvre.

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