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Égalim : le cri d’alerte des exploitants

Après l’espoir suscité par les EGA et la loi Égalim, c’est la déception qui prend le pas sur le moral des Jeunes agriculteurs et de la FDSEA des Côtes-d’Armor. Les représentants syndicaux estiment avoir "fait leur part..., à l'État de faire appliquer la loi".

Le rendez-vous à la presse est donné devant le site de Stalaven à Yffiniac (22). Un lieu symbolique où, déjà en 2015, se tenaient des manifestations contre le manque de rémunération des éleveurs. Cinq ans plus tard, les élus de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs des Côtes d'Armor déplorent le manque d'amélioration de leurs revenus et le peu de reconnaissance qu'ils suscitent auprès de leurs concitoyens. En dépit de la mise en place des EGA et de la loi Égalim, ils estiment que "les directives de l’État ne sont pas correctement et strictement appliquées par les intermédiaires". Ils insistent pour une "application stricte de la loi", dont ils jugent le suivi "trop laxiste". "Sans aller jusqu'à des sanctions qui pourraient nous retomber dessus, nos partenaires doivent prendre conscience que l'application des Égalim est le seul moyen de conserver des outils de production en France", estime Nathalie Carmes, vice-présidente de la section lait de la FDSEA 22. Face aux nombreuses et nouvelles exigences (environnement, bien-être animal..), que la loi comprend, les élus se disent "prêts à y travailler". Et d'ajouter comme garde fou : " sans la rémunération nécessaire, et face à la baisse de nos revenus, nous ne pourons pas le faire", déplore et prévient Fabienne Garel, présidente de la FDSEA 22.

Des filières en berne
Les représentants syndicaux ont fait un sombre tour d'horizon des filières agricoles bretonnes. David Labbé président de la section volaille de la FDSEA affirme que la filière du canard "est en train de couler", alors que les éleveurs de volailles de chair implosent sous les normes imposées par l'État. "Aménagement des fenêtres, béton... sont des installations qui représentent un coût très élevé, or les prix de vente ne suivent pas". Une difficulté majeure à laquelle s'ajoute le taux d’importation de volaille étrangère qui s’élève à 50 % de la consommation française. "Une volaille importée où personne ne contrôle les normes et conditions d'élevages", explique l'éleveur de volailles, qui conclut : "on nous enterre de plus en plus". Même constat pour Nathalie Carmes, vice-présidente de la section lait de la FDSEA 22 qui voudrait voir les exploitants "vivre décemment. Dans le secteur laitier où beaucoup travaillent à perte, plus que jamais les éleveurs exigent plus de transparence ainsi que le respect des règles qui ont été promulguées". Pour le secrétaire général de la FDSEA 22, Philippe Cherdel, la filière de la viande bovine est une "filière à bas revenus". Alors que 48 % des éleveurs ont un revenu inférieur à 10 000 euros par an, il interpelle sur les accords d’importation de viande bovine que passe l’État français : "Ou l’on accepte des produits français, bons et de qualité ou l’on accepte de couler une filière". La filière porc est elle aussi touchée par cette crise et déplore une hausse des prix de vente en GMS et une diminution du prix d'achat aux éleveurs. Jérémy Labbé dépeint un sombre tableau : "on nous malmène".

"On est inquiet pour l’avenir", Jérémy Labbé, président des JA22

La relève difficile
Le nouveau président des JA soulève la délicate question du renouvelle- ment des générations en temps de crise. Alors que près de 60 % des éleveurs de porc ont plus de 55 ans, Jérémy Labbé se dit : "inquiet pour l’avenir. Il n’y aura pas de reprises pour tous". Même constat dans la filière laitière où le décrochage de production a atteint 2 % cette année en Bretagne. La sonnette d’alarme est tirée pour ces exploitants qui croulent sous les exigences toujours plus hautes pour des revenus tou- jours plus bas. L’inquiétude face à la situation économique des exploitations continue de grandir pour ces agriculteurs qui réclament l’application stricte des EGA ainsi qu’une reconnaissance morale et financière de leur travail. Cette application passe selon eux par une prise de conscience générale.

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