Egalim : le prix de la confiance dans l'avenir

La fin du mois de février a sonné la fin des négociations commerciales entre les distributeurs et leurs fournisseurs mais pas la fin de la mobilisation du réseau Jeunes Agriculteurs.
Depuis le mois de décembre, les JA bretons ont été au rendez-vous pour dénoncer une injustice : la non application de la loi Egalim. Depuis deux ans, les agriculteurs, toutes filières confondues, attendent impatiemment les retombées des EGA qui devaient impliquer la prise en compte des indicateurs de coûts de production dans la construction du prix en marche avant. Le rehaussement du seuil de revente à perte devait mettre fin à la guerre des prix et générer un ruissellement jusque dans les exploitations. Evidemment, rien de tout cela ne s’est produit !
Avec les multiples rencontres organisées avec les directeurs de grandes et moyennes surfaces (GMS), les industriels, les préfectures et les parlementaires, ces derniers mois n’ont pas été de tout repos pour les Jeunes Agriculteurs.
Dans une volonté d’échanges et de construction ou parfois dans un esprit de ras le bol, toutes ces mobilisations ont permis aux agriculteurs de notre réseau d’exprimer leur mal-être.
Mais alors qui est responsable ? Le distributeur qui met la pression sur ses fournisseurs pour des prix toujours plus bas ? L’industriel qui ne prend pas en compte les coûts de production des agriculteurs ? Les acteurs de la restauration hors domicile qui exigent du plus vert sans payer plus cher ? Les maillons de la chaîne qui ne valorisent pas les produits français ? L’Etat qui n’applique pas la loi EGA ?
Nous sommes conscients que la réponse est plurielle. Les raisons qui empêchent cette loi de fonctionner sont multiples tout autant que les acteurs responsables. C’est pourquoi la mobilisation du réseau ne doit pas s’arrêter à la seule période des négociations commerciales. Le défi du renouvellement des générations en agriculture que nous connaissons tous ne pourra pas être résolu sans rentabilité dans les exploitations. Cela passera par des coopératives en mesure de valoriser nos produits à leur juste valeur. Il faut ramener de la transparence dans nos outils pour que les jeunes aient confiance, croient et s’investissent dans notre système coopératif.





