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Emmanuel Macron ouvre la révision de la LME

En déplacement mardi dans une exploitation agricole à Etaules (Côte-d'Or), Emmanuel Macron a fait un point d'étape sur l'avancée de la loi Egalim. Il s'est dit "tout à fait ouvert" à étudier la "compatibilité entre certaines dispositions de la loi dite LME (Loi de modernisation de l'économie de 2008, NDLR) et la loi Egalim.

Alors que cette semaine de février est habituellement dédiée à l'ouverture du salon de l'agriculture (photo d'archive en 2019) et que les négociations commerciales arrivent à leur termes, les filières agricoles restent à l'agenda d'Emmanuel Macron.

Alors que cette semaine de février est habituellement dédiée à l'ouverture du salon de l'agriculture et que les négociations commerciales arrivent à leur termes, les filières agricoles restent à l'agenda d'Emmanuel Macron. En effet, à la demande de la présidence, Serge Papin, médiateur auprès du ministre de l'Agriculture, a tenu une table ronde pour évoquer les avancées de loi Egalim. Il a choisi de réunir les bons élèves pour marquer la capacité à respecter cette loi. Ainsi, l'OP Bel est valorisée, tout comme le contrat tri-partite de Lidl... des exemples de réussite qui n'empêchent pas Serge Papin de mesurer les limites de la loi. "Il est nécessaire de faire vivre les indicateurs de coûts de production comme éléments structurants du contrat. Leurs applications doivent être obligatoires, pour que ça ne passe pas par le ruissellement". Le médiateur explique : "le prix dans les cours de ferme doit figurer dans le contrat, avec en sus le système des primes actuelles". Et de compléter : "la prise en compte des indicateurs doit être associée à de la transparence pour connaître les enjeux du mix-produit et nous devons travailler sur la durée des contrats".

 

Vers une contractualisation longue

"Si nous voulons assurer une souveraineté alimentaire il faut des agriculteurs. Si nous voulons des agriculteurs il leur faut un revenu digne", le constat est sans appel pour Serge Papin qui précise que "cette question est au cœur des préoccupations" du Président. "Il faut développer la contractualisation pluriannuelle et tripartite. Ce sera une voie de progrès pour l'agriculture qui pourrait se projeter plus loin lors de ses investissements et facilitera la transmission des exploitations". Pour permettre aux filières de travailler avec l'ensemble des parties-prenantes et pour légitimer les indicateurs et les garanties à intégrer dans les contrats, Serge Papin prône : "l'intégration du 4e collège (distributeurs) dans les interprofessions comme c'est le cas pour la filière laitière".

 

Une révision de la LME en perspective

Promulguée en 2008, la loi LME a assoupli la négociation des prix et services entre les centrales d'achat des grandes surfaces et leurs fournisseurs. "On doit passer une étape supplémentaire. (…) Le ministre [de l'Agriculture] aura à proposer cela", a déclaré le chef de l'Etat. Selon Michel Biéro, directeur exécutif achats de Lidl France, "la loi Egalim, où l'on part des prix à la production, ne peut pas coexister avec la LME". "Il faudra peut-être aménager la LME pour rendre les indicateurs de coût de production incontournables", ajoute l'ancien patron de Système U Serge Papin. "Ce qu'a dit Serge Papin, on va le faire", a répondu Emmanuel Macron, indiquant que le ministre de l'Agriculture a "commencé à travailler dessus avec Bercy".

 

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