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Eureden veut renforcer l'aval de sa branche viande porcine

Alors que la production porcine s'enfonce dans la crise, l'assemblée générale du groupement Porc de la coopérative Eureden (en Côtes d'Armor) est revenue sur la conjoncture difficile, tout en traçant à ses adhérents présents, les grands axes stratégiques retenus. Aperçu.

Michel Bloc'h (à droite), président du groupement Porc Eureden et son directeur, Stéphane Berthelot, en assemblée générale dans les Côtes d'Armor à Plédran. En présence des responsables du territoire Côtes d'Armor : Pierre-Yves Lariven (président) et Erwan Carel.

"La fusion n'a pas entraîné de couac majeur ! La coopérative est bien en marche et peut maintenant se consacrer à redonner de la compétitivité et être plus sur les économies", a déclaré Michel Bloc'h, le président du groupement porc de la coopérative Eureden. Après la fusion de Triskalia et Cecab au 1er janvier 2021, les adhérents, éleveurs de porcs, espèrent un retour des économies d'échelle ! Il faut dire que la situation est extrêmement difficile, outre l'effet ciseau entre le prix et le coût de production qui met à mal les élevages, s'ajoutent l'arrêt de la castration à vif ou encore la propagation de la FPA sans parler des dissensions du collectif dans la filière française.
L'AG du groupement porc des Côtes d'Armor, ce 10 octobre à Plédran, a permis d'éclairer la stratégie face aux difficultés rencontrées.

Après une année difficile, 2022 peut-être plus serein

"Tout subit une inflation record, l'aliment, les minéraux, les vitamines... À l'instant t, le prix de la tonne d'aliment est d'environ 300 €, il est de 274 € en moyenne à fin juin sur un an", détaille le président du groupement porc Eureden costarmoricain, Pierre-Yves Lariven. Alors que la filière allemande plonge durement dans la crise, que les Pays-Bas vont face à un plan environnemental drastique, l'Espagne inonde le marché européen quand la Chine limite ses importations. "Il faudrait 1,50-1,52 €/kg au cadran. En ce moment le ratio prix du porc sur prix de l'aliment est de 5,26. Sous 6, ce n'est pas bon !", explique le directeur du groupement, Stéphane Berthelot.
Une crise difficile est d'ores et déjà annoncée dans les prochains 4 à 5 mois. Pour passer le cap, il est conseillé aux éleveurs de ne pas alourdir les carcasses compte tenu du prix de l'aliment. Le pire à craindre pour les éleveurs dans les semaines à venir serait que "les cochons ne partent pas", reconnaît le président Michel Bloc'h, demandant aux abatteurs présents dans la salle de tenir leurs engagements.
Cependant, il n'est pas exclu que la Chine revienne aux achats début 2022, souligne le responsable. Si tel était le cas, la filière française pourrait bénéficier d'une situation favorable, étant donnée la moindre concurrence allemande victime d'une crise majeure.

 

Un plan stratégique tourné vers le renforcement de l'aval

Dans ce contexte, la coopérative a présenté son plan d'action. "Nous avons des projets importants d'acquisition d'outils pour densifier l'aval", annonce Michel Bloc'h. Dans les tuyaux, Eureden annonce des projets importants d'acquisition d'outils de salaisonnerie. Il existe déjà au sein de la branche viande du groupe, l'entreprise Aubret, spécialisée dans la transformation de viande de porc en Loire-Atlantique (lardons...). Pour passer la crise, le groupement mise sur l'origine française et le "civisme" de salaisonniers tels que Herta et Fleury Michon et leurs donneurs ordre, les distributeurs. Validé par Inaporc, le cahier des charges "Le Porc Français" va aussi se renforcer et rassembler Le Porc Français, les critères QT et 7 items (lumière, objets manipulables, abreuvement...). De plus, un travail en cours est réalisé pour sécuriser l'origine et la manière de produire vis à vis de l'aval (méthode culturale HVE, nourriture Idepi (part de protéine importée), index carbone...). Est visé également "un prix indexé filière équitable", "comme c'est le cas en porc Confiance et Label Rouge Opale en s'appuyant sur le prix de base au cadran", énumère le directeur du groupement.

 

Bigard opposé au mâle entier

Thierry Meyer, directeur de la filière porc du groupe Bigard, et nouveau président d'Inaporc (interprofession porcine) était présent à cette assemblée générale. Il a redit son opposition au mâle entier. "Ce sera des mâles castrés et des femelles. C'est purement qualitatif, nous exportons du porc au Japon et eux ne veulent pas de mâles entiers", a-t-il justifié. Quelle sera l'issue des discussions entamées, alors que l'Ifip annonce une différence de 10 € entre un porc castré sans douleurs et un mâle entier. Sans parler du travail contraignant que cela engendre. "Il faut une prise de conscience de l'aval et supprimer ce delta de compétitivité sur le terrain", a déclaré Michel Bloc'h.

 

 

Activité du groupement porc Eureden 2020-2021

- Porcs commercialisés : 1 577 812 (-1,3 %)
- 8,7 % des porcs vendus au cadran
- 8,3 % des abattages d'Uniporc
- Bigard-Socopa : 74 % des apports
- 597 sites adhérents au groupement (242 naisseur-engraisseurs ; 355 engraisseurs)
- 35 jeunes installés depuis 2019
- Chiffre d'affaires : 236 millions d'euros
- Marge brute : 6,8 millions d'euros
- Résultat : - 28 000 € (+ 100 000 € en 2020).

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