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Le coût d’entreprendre

Didier Lucas, président de la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor.

Entreprendre, nécessite d’investir. Investir dans nos exploitations agricoles pour renouveler nos outils de production (anciens) quelques soient les filières, mais également pour répondre aux enjeux de demain : renouvellement des générations, conditions de travail, transition énergétique, biosécurité et bien être animal.
L’État ne s’y est pas trompé. Le plan de relance qu’il a engagé est fortement orienté vers des aides encourageant ces investissements. Seulement pour investir, il faut des entrepreneurs. Et pour encourager l’entreprenariat en agriculture, il y a deux conditions à prioriser, la rentabilité des investissements, et une volonté et un soutien politiques affichés.
Tout d’abord les investissements doivent être rémunérateurs, surtout en productions animales. Si nous voulons conserver de l’élevage, il ne faudrait pas que demain, investir dans du photovoltaïque au sol par exemple, devienne plus rentable que de moderniser son étable, sa porcherie ou son poulailler. Et malheureusement certaines évolutions nous amènent à nous interroger sur des tendances qui seraient dramatiques pour notre autonomie alimentaire et l’avenir de nos territoires !
D’autre part, il est indispensable que les investissements soient pris en compte dans le prix payé aux producteurs, d’autant plus, que leur valeur réelle n’est plus garantie lors de la transmission d’une exploitation.
Investir c’est bien plus que de mettre tout son argent sur la table ! Le coût d’entreprendre c’est aussi - aujourd’hui - soumettre un projet personnel et familial à l’appréciation des citoyens partageant le même territoire. Si chaque projet doit être expliqué et partagé avec les élus locaux de son territoire, entreprendre est trop souvent prétexte aux critiques systématiques de la partie bruyante de la population, dont la finalité n’est autre que de freiner voire annuler tout projet destiné à moderniser nos exploitations et les adapter aux transitions attendues.
L’entrepreneur a besoin de la compréhension et du soutien affichés des politiques à l’échelle locale, départementale, régionale et nationale.
Prenons l’exemple de la méthanisation. Evidemment, ces projets doivent respecter certains principes : être complémentaires des productions animales, respectueux de l’environnement, et intégrés dans leur territoire. Mais pour peu que l’on respecte ces principes un projet de méthanisation est une opportunité économique et environnementale pour l’exploitation et son territoire et contribue à relever l’enjeu de la transition énergétique.

Alors oui, en période électorale, il est souvent facile pour un candidat d’avoir un discours allant dans le sens de ceux qui s’opposent à tous les projets, qu’ils soient agricoles ou non d’ailleurs. Mais n’oubliez pas, Mesdames et Messieurs les politiques, que vous êtes également garants et responsables du maintien de la vitalité économique de nos territoires. C’est aussi ça le "coût d’entreprendre" !

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