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Le CRTE vanté au carrefour des gestions locales de l'eau

Les 5 et 6 mai 2021 s'est tenue la 22e édition du carrefour des gestions locales de l'eau. Quatre ateliers thématiques et une séance plénière de clôture en digital ont permis de faire l'état des lieux de la quantité et de la qualité de la ressource mais aussi des actions de cadrage permettant l'amélioration du milieu aquatique sur le territoire.

Sécheresse, qualité de l'eau, schéma de sécurisation de l'eau potable, économie d'eau, ressources pour l'usage agricole, si toutes ces notions sont importantes elles ne revêtent pas le même caractère d'urgence selon les territoires.

Le Premier ministre a souligné le rôle central des territoires pour mettre en œuvre le Plan de relance avec notamment la volonté de mettre en place des contrats de relance et de transition écologique (CRTE).
L'agence de l'eau Loire-Bretagne s'inscrit dans cette logique de mobilisation des acteurs locaux pour la reconquête de la qualité des eaux. Les CRTE semblent une porte d'entrée à la fois économique et technique pour y parvenir. S'exprimant aux élus et aux administratifs largement représentés lors de ce carrefour, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique l'assure : "vous êtes en première ligne pour la reconquête de la qualité de l'eau. Nous faisons face à des défis : la qualité de l'eau, la sobriété nécessaire de la consommation et la multiplication des usages alors que la ressource commence à manquer. Le plan France Relance met 300 millions d'euros sur la table pour les réseaux d'eaux. Le dialogue avec les territoires doit s'intensifier pour déployer les outils qui transformeront la qualité de l'eau".

La force d'une EPCI est de construire un projet global de transition écologique comprenant l'eau, mais aussi le logement, les transports... C'est un bassin de vie qui va au-delà de la métropole.

CRTE : une opportunité

Cette nouvelle génération de contrats territoriaux, que l’Etat propose aux collectivités communales et intercommunales, vise à accompagner ces collectivités dans leurs projets. Cette nouvelle méthode introduite par les CRTE doit faire évoluer en profondeur la relation Etat-collectivités en incarnant l'approche de la différenciation territoriale, avec l’Etat qui impulse, facilite et accompagne les collectivités dans leurs projets. Au delà de débloquer les fonds nécessaires à des changements structuraux, les CRTE doivent permettre de planifier les programmes d'actions, au plus près des besoins des territoires. "Nous menons depuis longtemps des actions territorialisées pour l'amélioration de la qualité de l'eau, mais le cadre du CRTE va plus loin car il donne de la transversalité aux projets", estime Martin Gutton, directeur général de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne. Et d'ajouter : "la force d'une EPCI est de construire un projet global de transition écologique comprenant l'eau, mais aussi le logement, les transports... C'est un bassin de vie qui va au-delà de la métropole". Dans la logique du plan de décentralisation, amorcé par Emmanuel Macron, l'échelon de l'EPCI et celui de la Région seraient très majoritairement les signataires des CRPE. Le directeur général poursuit : "nous sommes dans la logique de la transition écologique sous toutes ses facettes. C'est un peu la suite logique de ce qui a été mis en place avec les CTE. A la différence cette fois, que grâce à la puissance du plan de relance, accompagné par l'Union européenne, il y a de vrais leviers pour accompagner la transition dans les territoires".

gestions locales de l'eau

Des contrats à la carte

Les CRTE seront différents d'un territoire à l'autre car les urgences ne sont pas les mêmes. Sécheresse, qualité de l'eau, schéma de sécurisation de l'eau potable, économie d'eau, ressources pour l'usage agricole, si toutes ces notions sont importantes elles ne revêtent pas le même caractère d'urgence selon les territoires. Il n'y aura donc pas de contrat unique mais des contrats à la carte avec un programme où les actions seront planifiées sur plusieurs années. "Aujourd'hui, deux constats nous ont amenés au CRTE : la crise sanitaire qui a fait ressortir les enjeux sur la gestion quantitative de l'eau et une demande de plus de cohérence du territoire. Nous avons devant nous de grandes attentes d'efficacité et nous sommes en ordre de marche pour être au rendez-vous", affirme Martin Gutton.

 

La nature, alliée de la gestion de l’eau

De nombreuses Solutions Fondées sur la Nature (SFN) existent. Les appliquer permet d’améliorer la gestion de l’eau entre autres bénéfices pour la société et la biodiversité. Car disposer d’une eau, en qualité et en quantité, au sein de milieux en bon état, est fondamental en conciliant les usages, et le sera plus encore demain avec un climat qui change. La conférence dédiée l’a illustré au travers d’exemples, comme celui de Vichy-Communauté qui travaille à désimperméabiliser ses surfaces urbaines et "fait revenir un peu de nature en ville" misant sur une approche transversale entre tous ses services. Le conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne, l’un des 22 parcs naturels de France, qui, comme Mr Jourdain et la prose, appliquait sans le savoir des SFN au bénéfice du pastoralisme et de ses éleveurs. C’est aussi l’intérêt de l’arbre, de la haie et de l’agroforesterie, ces vraies "solutions techniques performantes pour les systèmes agricoles palliant les facteurs limitants" comme l’érosion : ralentir la force de l’eau pour la capter ou la stoker, ou ralentir le vent pour garantir abris aux animaux et rendements aux grandes cultures... / Claire Le Clève - Terra

 

Sdage : donnez votre avis avant le 1er septembre

La Directive cadre sur l’eau organise la gestion de la ressource en eau et des milieux aquatiques dans une logique de bassin versant. En concertation avec tous les acteurs, un Sdage, schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux, est élaboré à cette échelle tous les 6 ans. En préparation depuis mi-2017, le Sdage Loire-Bretagne 2022-2027 se fixe pour objectif d’atteindre 61 % des eaux de surface en bon état d’ici 2027. Un objectif ambitieux puisqu’à l’échelle du bassin, on n’en est, pour l’instant, qu’à 24 %. "Il va permettre d’engager un travail de fond sur les masses d’eau qui en sont le plus éloignées. Et d’agir rapidement sur celles qui s’en approchent", indique Éric Taufflieb, président de la commission planification au comité de bassin de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne.
"C’est un Sdage dans la continuité de ceux de 2009 et 2016", affirme Lucie Sedano, cheffe de projet Sdage et politique des Sage au sein de l’agence de l’eau Loire Bretagne. Parmi les évolutions, figurent un renforcement du suivi des micro-polluants et l’instauration de nappes réservées à l’alimentation en eau potable. "Et près d’une modification sur deux concerne une meilleure prise en compte du changement climatique".
Si les assemblées, dont les chambres d’agriculture, doivent donner leur avis sur le Sdage avant le 1er juillet, le public, lui, a jusqu’au 1er septembre pour s’exprimer sur le site sdage-sage.eau-loire-bretagne.fr. "Et toutes les contributions seront analysées, promet Lucie Sedano. Elles pourront amener à des propositions de modifications, que le comité de bassin examinera".
Pour aider les uns et les autres à se prononcer, une "boîte à outils" permet de s’approprier les enjeux. "Sur le site Internet, vous trouverez une aide à la lecture du projet de Sdage, mais aussi des questions/réponses, une synthèse de l’état des lieux du bassin Loire-Bretagne et un dossier sur le qualité des eaux".  / Chantal Pape - Terra

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