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Les grands oubliés des retraites

Jean-Jacques René, président de la section des anciens exploitants FRSEA Bretagne.

Après plus de vingt ans de mobilisation, la revalorisation des retraites agricoles a été obtenue il y a maintenant un an. Sa mise en œuvre va même être avancée à septembre 2021. Cette revalorisation concerne les anciens agriculteurs chefs d’exploitations à carrières complètes, ayant moins de 1 000 euros toutes pensions confondues (les revenus extérieurs, comme les fermages, n’entrent pas en ligne de compte). Beaucoup d’appelés et peu d’élus une fois encore. Peut-être moins de 20 % des pensionnés agricoles. Les grands oubliés de cette réforme sont les agricultrices et les aides familiaux. "Nous paysans", le très bon documentaire de France 2, a justement rappelé le rôle primordial joué par les femmes et conjointes dans l’histoire de notre agriculture française. La France leur doit beaucoup. Pourtant, elles ne bénéficieront pas de cette revalorisation et leurs pensions resteront très en dessous du seuil de pauvreté. C’est inacceptable et insupportable. Au vu des sommes considérables débloquées pendant la crise sanitaire, et ce n’est pas fini, il est possible de trouver des fonds pour corriger cette injustice. Et ce, sans taxer les actifs dont les revenus sont en berne depuis trop longtemps.
Notre pays a un devoir de reconnaissance et cette reconnaissance passe par une nouvelle loi pour intégrer au dispositif agricultrices et aides familiaux. Cette reconnaissance de notre travail se conjugue au passé mais aussi au présent. Depuis trop longtemps les agriculteurs sont méprisés. Méprisés par des prix toujours pas rémunérateurs, des charges financières ou de travail qui ne cessent d’augmenter. Pour reprendre un slogan qui a fleuri ces derniers temps et l’adapter : des mercis, c’est bien, mais des prix et des retraites dignes de ce nom, c’est mieux.
Dans les prochains mois, nous allons donc reprendre le chemin des permanences parlementaires pour expliquer et expliquer encore la situation des retraités agricoles. Nous voulons aussi faire entendre notre voix dans les débats sur la prise en charge de la dépendance. Faire entendre la spécificité des territoires ruraux, qui deviennent si on ne fait rien des déserts médicaux, manquant de médecins, infirmiers ou pharmacies. Des territoires exclus du numérique, reflet d’une France à deux vitesses, cette France périphérique qui se sent abandonnée, exclue, loin des cercles du pouvoir centralisé et parisien. La prise en charge de la dépendance, c’est aussi donner la possibilité de rester chez soi, le plus longtemps possible, les Ehpad étant souvent inaccessibles à beaucoup d’entre nous. Enfin, un an après le premier confinement, je sais que vous êtes nombreux à ressentir une grande lassitude induite par l’arrêt des activités dans nos sections des anciens, les groupes, associations qui nous permettent d’échanger, de nous rencontrer ou de sociabiliser. Mais nous savons par expérience, nous qui avons traversé tellement de crises au cours de nos carrières, que le ciel finit toujours par s’éclaircir.

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