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Message à un ministre qui défend les agriculteurs... enfin !

Cédric Henry, président de la FDSEA 35.

Monsieur le Ministre, votre nomination fut une véritable surprise. Un ingénieur agronome à la tête du ministère de l’agriculture, il y a longtemps que l’on n’avait pas eu un tel casting. Peut-être allions nous avoir un ministre qui connaisse les sujets dont il a la charge ? Dès vos premières prises de paroles, nous avons senti un changement. Enfin un ministre qui défend vraiment les agriculteurs, tous les agriculteurs, et surtout toutes les agricultures. Sur les néonicotinoïdes, le RIP, sur la défense des animaux, la viande de synthèse, les idées et le discours sont clairs. 
Sur les États Généraux de l’Alimentation, qui fut le fer de lance du Président Macron pour redonner du revenu aux agriculteurs, vous avez posé le constat d’échec qui s’imposait. Pourtant ce dossier du revenu des agriculteurs doit être remis sur le dessus de la pile des dossiers urgents. Difficile sans revenu de répondre aux demandes souvent contradictoires des citoyens et des consommateurs : plus de bien-être, plus de traçabilité, plus de local, plus de bio Les incantations citoyennes ou politiques ne se traduisent que rarement dans l’acte d’achat du consommateur, qui va presque toujours vers le prix le plus bas. Pour qu’enfin les EGA ruissèlent dans les cours de ferme, il faut que vous usiez de votre pouvoir pour contraindre les GMS à prendre en compte les coûts de production dans leurs prix d’achat. La guerre des prix qui se profile ne fait, qu’une seule victime : l’agriculture française. Si un prix ne se décrète pas, il doit cependant être juste et équitable entre tous les maillons de la filière : de la fourche à la fourchette. Alors, à vous de jouer !
Autre dossier où nous attendons que vous retroussiez vos manches : la future PAC.
Pour nous elle doit être européenne, et non être l'addition de 26 PAC nationales, ou 200 PAC régionales, concurrentes les unes des autres. Une PAC ambitieuse qui soutient les véritables agriculteurs, les installation, l’agriculture dans sa vocation de production. Une PAC qui soutienne l’élevage en Bretagne, soutienne la vocation exportatrice de la France, et de l'Europe, dans le monde. L’agriculture reste une industrie lourde, les investissements sont faits pour une carrière, et il n’est pas possible de changer de cap tous les deux ans.  Nous avons besoin d’une politique agricole qui donne un cap, un avenir, un espoir. Nous ne pouvons accepter que notre balance commerciale se dégrade encore plus, sur un sujet aussi stratégique que l’autonomie alimentaire.
Nous avons besoin de retrouver l’esprit même de la PAC telle que voulu par ses pères.
Malgré notre optimisme et notre confiance, nous ne vous signons pas un chèque en blanc. Par expérience, nous savons que les discours ne sont pas toujours suivis d’actes. Nous resterons vigilants, combatifs, et surtout nous restons force de propositions. Nous devons ensemble retrouver un cap pour donner l’envie aux agriculteurs de continuer, et aux plus jeunes de nous rejoindre.

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