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Pensons la PAC comme un investissement d’avenir pour la Bretagne

Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture du Morbihan

La PAC ( 1er et 2nd pilier) représente chaque année un montant de près de 500 millions d’euros pour 23 500 bénéficiaires en Bretagne. La période 2023-2027 se négocie actuellement. Comme chaque état membre de l’Union, la France prépare son programme stratégique national (PSN). Les propositions du ministre de l’Agriculture traduiront donc ses arbitrages.
Pour les chambres d’agriculture, c’est clairement notre projet politique et stratégique de mandature qui guide les priorités que nous défendons. L’encouragement à une agriculture qui crée des emplois, renouvelle ses actifs en constitue l’axe central. Les chiffres régionaux de l’emploi et des installations dans nos filières montrent que la Bretagne est une région à haute intensité humaine. C’est le fruit de choix historiques favorables à la maîtrise du foncier et au développement de l’élevage. Pourtant, lorsque l’on parle du "modèle breton", le niveau d’aide moyen par actif est parmi les plus faibles de France. C’est pourquoi nous militons pour une PAC qui bénéficie à des actifs qui vivent principalement de l’activité agricole et un niveau de paiement distributif visant à majorer le niveau d’aide des premiers hectares ( 52 ha actuellement) à un niveau de 20 %.
S’agissant de la future aide verte de la PAC,
l’ "éco dispositif", dans notre région de polyculture-élevage, les agriculteurs s’engagent depuis 30 ans dans la reconquête de la qualité de l’eau (couverture des sols, gestion des flux d’azote, linéaires de haies...). Ces pratiques très engageantes doivent faire partie des critères d’accès à l’éco dispositif. Dans le deuxième pilier, cofinancé par l’Europe, l’Etat et la Région, et qui a vocation à constituer un effet de levier pour les projets des agriculteurs, le renouvellement des générations d’agriculteurs doit rester une priorité. Notre projet vise aussi ce que nous avons appelé des "transitions compétitives", pour permettre aux agriculteurs d’inscrire l’agro écologie, le bien-être animal dans le pilotage de leur exploitation, à la condition que ce soit techniquement possible, économiquement rentable, et acceptable en termes de conditions de travail. C’est pourquoi nous sommes également attachés aux aides à l’investissement dans le 2nd pilier. L’expérience de l’actuelle programmation, au cours de laquelle 5 000 agriculteurs bretons ont contractualisé des mesures agroenvironnementales montre aussi qu’avec des cahiers des charges adaptées aux exploitations, elles accompagnent avec pertinence des trajectoires d’évolution.
Nous rappelons donc à l’Etat et à la Région notre attachement à une co-construction de ces dispositifs avec la profession agricole. Les orientations de l’Europe vers une économie décarbonée, la préservation de la vie des sols, le bien-être animal n’auront de sens que si elles sont compatibles avec l’enjeu stratégique majeur de la PAC : la souveraineté et la sécurité alimentaire pour tous les consommateurs. Enfin, à l’heure où se terminent les négociations commerciales, l’organisation des producteurs pour peser dans leurs filières et dans les relations commerciales est incontournable. La défense du revenu par le prix des produits est essentielle. La mise en œuvre de programmes opérationnels étendue à de nouveaux secteurs constitue clairement une voie d’avenir.

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