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Pour un soutien différencié à l’agriculture biologique

De plus en plus de jeunes entrent dans le métier avec un projet en agriculture biologique (30 % en 2020 en Bretagne). Ce pourcentage cache des disparités entre filières. Mais c’est loin d’être anecdotique pour la génération qui embrasse le métier. C’est une évolution qui doit éclairer la construction des politiques publiques.

Si l’on a évité le pire pour la prochaine programmation budgétaire de la PAC, on passe toujours beaucoup d’énergie à placer des curseurs qui ménagent filières et  territoires, et bien peu à repenser les fondamentaux d’une PAC à 27 états membres et 500 millions de consommateurs, une PAC conjuguant souveraineté alimentaire, transition climatique et environnementale.

La souveraineté alimentaire fait consensus. Mais y mettons-nous véritablement la même chose ? Que mettons-nous derrière l’enjeu des transitions, derrière une PAC économique qui permettrait à chaque maillon des filières alimentaires de dégager une rentabilité et aux consommateurs de bien manger en quantité et qualité avec le revenu dont il dispose ?

La PAC conçue par les pionniers du projet européen a réussi. Les européens avaient besoin de pain, de viande, de lait. Aujourd’hui, ils ont toujours ce besoin, mais ils y ajoutent des attentes sociétales nouvelles, une alimentation issue d’une économie agricole décarbonée.

Ces nouvelles attentes, souvent exprimées comme des injonctions, sont vécues comme une condamnation des choix précédents. Notre modèle de progrès est souvent condamné sans nuance, alors qu’il a fortement contribué au développement économique d’une région et à la sécurité alimentaire d’une nation.

L’agriculture biologique débat et se débat dans cette controverse exacerbée. Pour les uns, si l’agriculture biologique correspond aux attentes sociétales pour un nombre croissant de consommateurs, le marché doit rémunérer le producteur bio, après sa période de conversion. Pour d’autres, le secteur marchand ne peut pas payer toutes les aménités positives de l’agriculture biologique, il faut donc un soutien durable de la puissance publique.

En réalité, en bio ou en conventionnel, peu de productions et de filières pourraient se passer des soutiens de la PAC. La compétitivité prix et hors prix est un enjeu pour toutes les productions, le prix de l’alimentation à sa juste valeur reste la priorité. En témoignent les rapports ayant précédé la proposition de loi EGALIM 2. Le compte n’y est toujours pas pour les producteurs.

Perdure aussi la question d’une différenciation des aides publiques au nom d’engagements de pratiques visant un haut niveau environnemental. Si chaque engagement doit être accompagné, je ne pense pas qu’on puisse dire qu’une certification HVE et une certification AB recouvre la même chose en terme de cahiers des charges à respecter et d’aléas à piloter. Différencier par le haut, sans exclure d’autres démarches, me semble légitime et défendable. A travers les Eco régimes dans le premier pilier, ou dans une politique régionale volontariste, le soutien à l’agriculture biologique pourrait à nouveau faire de la Bretagne la région agricole et alimentaire pionnière de l’Europe verte de demain. La Région Bretagne doit pouvoir y donner impulsion supplémentaire, avec le soutien de l’Etat auprès de l’Europe.

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