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Restaurer la confiance pour réussir la relance

André Sergent, président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne.

Il aura fallu l’ampleur d’une crise sanitaire mondiale pour remettre en lumière les secteurs d’activité stratégique pour notre pays. L’agriculture et l’alimentation sont de ceux-là. De la terre à l’assiette, nous nous sommes clairement retrouvés au cœur des secteurs vitaux pour permettre à notre pays de faire face. Les consommateurs n’ont pas eu à rajouter à la peur d’être touchés par l’épidémie, la peur de de manquer d’une alimentation sure et sécurisée.
Bien que l’on reconnaisse enfin le caractère stratégique de notre activité sur l’enjeu de souveraineté et d’indépendance alimentaire, paradoxalement, cette capacité à faire face, à poursuivre la production, à assurer les livraisons, plébiscitée au plus fort de la crise, aurait pu nous laisser au bord du chemin au moment d’orienter les moyens du plan de relance. Mémoire courte de nos concitoyens et de nos décideurs politiques ?
Saluons le volontarisme du Ministre de l’agriculture pour avoir défendu une enveloppe pour l’agriculture à hauteur de 1,2 milliards d’euros sur les 100 milliards du plan national.
L’économie de nos territoires a en effet un grand besoin d’investissements de modernisation et d’innovation pour restaurer une capacité productive de valeur ajoutée et d’emplois. Une capacité productive orientée vers plusieurs marchés. La souveraineté alimentaire, ce n’est pas seulement pour la Bretagne l’autonomie alimentaire locale, ce n’est pas le repli sur soi. C’est aussi contribuer aux enjeux alimentaires mondiaux, mis à nouveau en lumière la semaine dernière avec le prix Nobel de la paix décerné au Plan alimentaire mondial (PAM) de la FAO. Nous sommes capables d’y contribuer à partir de nos entreprises familiales régionales.
Mais il n’y aura pas de relance sans confiance pour ceux d’entre nous qui ont des projets dans la tête, mais s’interrogent sur leur condition de réalisation et de réussite. On assiste aujourd’hui à une pression à la baisse sur les produits alimentaires dans la distribution. Le combat du retour de la valeur vers les producteurs avec les OP est donc plus que jamais prioritaire. On assiste aussi à des remises en cause et des oppositions quasi systématiques de projets de créations ou de développements ici ou là dans nos territoires. Il nous faut convaincre que ces projets, souvent portés avec des jeunes sont créateurs de valeur et d’emplois avant d’être des facteurs de nuisance pour leurs riverains.
Nos territoires ont besoin de ce plan de relance, car nos territoires ont besoin de réussir le renouvellement des générations de chefs d’entreprises et de salariés, avec des projets capables de s’inscrire dans les transitions sociales, climatiques, énergétiques qui constitueront une toile de fond des années à venir.
Ce plan de relance sera réussi, s’il accompagne des projets d’avenir, pensés dans une vision durable de l’organisation des filières et orienté sur notre capacité collective à renouveler les générations.

 

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