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Semer aussitôt après récolte pour des couverts végétaux efficaces

Pour piéger efficacement l'azote, un couvert végétal doit être implanté tôt. La preuve sur la plateforme d'essais implantée à Ploudaniel par le bassin versant de Quillimadec-Alanan et la chambre d'agriculture.

"Deux dates de semis ont été testées : le 16 août, juste après la moisson, et le 7 septembre". En fin d'année dernière, la chambre d'agriculture et le bassin versant de Quillimadec-Alanan ont organisé une visite de la plateforme d'essais couverts végétaux, implantée à Ploudaniel. Et si la pousse était visuellement très différente, des mesures ont été réalisées mi-octobre pour conforter les observations. Une date qui ne doit rien au hasard ! "C'est une période cruciale pour la qualité de l'eau, détaille Odile Le Du, conseillère agronomie-cultures à la chambre d'agriculture. Les pluies recommencent, les sols sont gorgés d'eau, c'est le début du drainage et, éventuellement, du lessivage des nitrates".

De 1 à 10

A cette date, les couverts semés tôt totalisaient de 1,6 à 2 tonnes de matière sèche à l'hectare, contre 0,1 à 0,4 t/ha pour les semis tardifs. "Une différence de biomasse très significative", que l'on retrouve aussi dans la matière azotée des végétaux, en moyenne à 65 kg/ha pour les premiers couverts contre 8 pour les seconds. "Certes, c'est une photographie à un instant T, précise Odile Le Du. Mais, même si, depuis, les couverts ont continué à pousser, les semis tardifs n'ont pas rattrapé les semis précoces".

Le lessivage sous les couverts étant compliqué à quantifier, puisqu'il aurait fallu récupérer l'eau de drainage, l'essai a mesuré le reliquat azoté présent dans le sol. "Au 7 septembre, au moment du semis des derniers couverts végétaux, il était de 75 unités", indique Odile Le Du. Températures douces et humidité favorisent la minéralisation. Et, au 15 octobre, les reliquats atteignaient en moyenne 45 unités d'azote sous les couverts implantés tôt, 123 unités sous les semis tardifs. "A l'échelle du bassin versant, ces 78 unités d'écart représentent des quantités importantes". Et la conseillère de préconiser un semis le plus précoce possible des couverts végétaux, "afin qu'ils jouent pleinement leur rôle de piège à nitrates".

Des couverts à pâturer...

Chaque agriculteur ayant des objectifs différents, six types de couverts végétaux ont été implantés dans cet essai. "Le mélange RGI/trèfle incarnat est typiquement utilisé par l'éleveur laitier, qui cherche à valoriser ces couverts à l'automne puis au printemps et apprécie sa croissance rapide", détaille Odile Le Du. Mais cette biomasse importante peut être difficile à détruire si elle n'est pas pâturée ou fauchée pour être stockée. "Et ce couvert n'est pas le meilleur pour améliorer la structure du sol".

... ou pour améliorer la structure du sol

Semé à 20 kg/ha, le mélange avoine diploïde/phacélie allie la facilité d'implantation et de destruction de l'avoine à l'effet de la phacélie sur la structure du sol. Un mélange qu'apprécie Jacques Pengam, producteur de porcs, chez qui a été implanté l'essai. "Au printemps, la terre est souple, légère. Je pourrais pratiquer le semis direct, mais j'ai peur de la fusariose". Facilement détruit par le gel, ce couvert permet de couper la rotation mais est déconseillé sur les exploitations légumières, en raison du risque de sclérotinia. "Peu sensible aux maladies, l'avoine diploïde peut être valorisée par les animaux", rajoute Odile Le Du.

A ce mélange avoine-phacélie, on peut aussi rajouter une légumineuse, la vesce, et du radis. Avec sa racine pivotante, ce dernier va améliorer la structure du sol. Et gorgé d'eau, il va être sensible au gel et casser au moindre passage d'outil, facilitant d'autant sa destruction.

Une avoine d'hiver peut aussi être semée en couvert végétal. Facile à implanter et à détruire, elle peut être valorisée par les animaux mais la rouille la rendra moins appétente. "Et il y a risque de montaison au printemps". Y ajouter de la féverole permettra de fixer l'azote et d'améliorer la qualité du fourrage. "Mais du côté des inconvénients figurent la taille des graines et le coût".

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